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INTERVIEW. Saviez-vous que Frederic Zeitoun, le chroniqueur de France 2, chantait?

Mis à jour le 11/04/2019 à 14:04 Publié le 22/04/2019 à 18:45
Frederic Zeitoun.

Frederic Zeitoun. Photo Pierrick Bequet

INTERVIEW. Saviez-vous que Frederic Zeitoun, le chroniqueur de France 2, chantait?

Chroniqueur à "Télématin" et dans "C’est au programme" sur France 2, Frédéric Zeitoun est aussi un parolier majeur de la chanson française (Hugues Aufray, Louis Bertignac, Enrico Macias...). Interprétant depuis dix ans ses spectacles musicaux, cet entertainer né poursuit son épopée avec son album "Duos en solitaire", pépite iconoclaste.

D’Aznavour à Doc Gynéco, en passant par Marie-Paule Belle, Sanseverino, Michel Fugain, Oldelaf, Linda Lemay ou Enrico Macias, ils ont tous répondu présent à l’appel. à l’appel, ou au rendez-vous de l’amitié, plus exactement, puisque tous les artistes figurant sur cet opus font partie depuis longtemps de la vie de Frédéric Zeitoun.
Comme Enrico Macias, dont Frédéric a fait la première partie à l’Olympia en 2016, et qui a toujours incarné pour lui un oncle lointain, "dont on attendait chaque nouveau 45 tours avec impatience".
Entre évocation, toujours avec élégance et légèreté, de moments graves auquel tout un chacun est confronté, et séquences bourrées d’humour, cet opus nous entraîne dans un parcours en forme de montagnes russes. Dans un réjouissant track-listing, rythmé par d’harmonieux dialogues piano-accordéon, dans la grande tradition de la chanson française, pimenté de rythmes caribéens, de cha-cha-cha, saupoudré de reggae ou emporté par la fièvre rockabilly.
Avec toujours des textes ciselés, ceux qui ont fait la patte du "petit juif à roulettes", comme s’est lui-même qualifié Frédéric Zeitoun, en forme de clin d’œil à son handicap (il se déplace en fauteuil), dans l’un de ses spectacles. Un "en-chanteur", qui poursuit son histoire enchantée...

Le titre même de votre album, Duos en solitaire, revient à une curieuse équation. Quelle en est la clé?
J’ai toujours été très amusé, en tant que chroniqueur, de voir qu’il y avait une mode des duos ces dernières années.
Dès qu’on voulait faire revenir sur le devant de la scène des artistes qu’on n’avait pas vu depuis longtemps ou qui voulaient s’offrir une nouvelle jeunesse, on faisait un duo.
C’était systématique!
J’avais envie de faire un pied de nez à cela, tout en m’inscrivant dans une certaine auto-dérision par rapport au fait que moi qui suis un inconnu en tant que chanteur, je démarre par un album de duos! Mais je suis vraiment honoré et ravi que tous les gens qui y figurent soient venus y chanter.
Et dans cet opus, chaque duo n’est pas un face-à-face, mais un unisson. D’où ce titre de Duos en solitaire.

Quid justement, de la genèse de cet opus?
C’était en février 2018. J’étais comme tous les dimanches soirs à l’Alhambra, où je jouais mon spectacle En chanteur, composé de mes chansons guitare-voix, avec Bruno Bongarçon.
J’avais déjà fait un premier spectacle dix ans avant, dans lequel je ne chantais pas, j’écrivais pour les autres. Mais après avoir présenté la tournée âge tendre et tête de bois, j’avais remarqué à quel point j’éprouvais du plaisir à être sur scène.
Même avec un fauteuil roulant, ce n’était pas si compliqué!
J’ai renouvelé l’expérience en 2012 avec Toutes les chansons ont une histoire, spectacle coécrit avec Quentin Lamotta. Puis j’ai créé en 2013 L’histoire enchantée du petit juif à roulettes, qui traitait avec humour et tendresse du handicap sous forme de comédie musicale.
Ce soir de 2018 à l’Alhambra, donc, en présence de mon éditeur Gérard Davoust, qui avait envie de produire un album de mes chansons, Gérard Capaldi, un ami réalisateur et compositeur émerite, me lance: "Voilà cinq mois que tu joues, et la plupart des amis artistes dont tu as croisé un jour la route sont venus jouer avec toi. Pourquoi ne pas faire un album de duos ?"

"Chanter en duo avec Aznavour, je n'osais même pas en rêver!"

Tout est allé alors très vite?
Oui, mon "frérot" Thierry Communal a mis à ma disposition son studio d’enregistrement, et tous les artistes que j’aimais ont réagi favorablement, à commencer par Monsieur Charles Aznavour.
Il m’avait par deux fois fait l’honneur de mettre mes textes en musique, mais de là à imaginer qu’un jour il accepterait de chanter en duo la chanson Bien au contraire...
Je n’osais même pas en rêver! Je lui ai envoyé mon texte, il lui a plu, et c’est ainsi qu’il m’a invité chez lui pour enregistrer, en mai dernier.
Il avait même composé trois musiques différentes, de crainte de me décevoir! J’ai dû me pincer pour m’assurer que je ne rêvais pas.
On s’est revus au mois de septembre, quelque temps avant qu’il ne nous quitte, et il a accepté de faire un petit clip, où il dit tout le bien qu’il pense de cette chanson. Cette manière d’être, la vraie gentillesse, c’est l’apanage des grands.
Quand vous voyez des gens qui ont traversé soixante ans de carrière et qui vous respectent, qui sont bienveillants, polis, c’est la marque des grands, de ceux qui n’ont pas oublié d’où ils viennent.
Je garde les moments passés en sa compagnie comme parmi les plus beaux cadeaux que la vie m’ait fait à ce jour.

Cette chanson avait initialement été écrite pour évoquer le départ de votre père, mais lorsqu’on écoute les paroles, comme L’absence ne meurt jamais, elle revêt un caractère prémonitoire, pour Aznavour?
C’est vrai que je l’avais faite au départ pour mon père. Mais quand Charles Aznavour l’a composée, il pensait avoir signé un contrat avec l’au-delà, il parlait régulièrement de l’anniversaire de ses 100 ans ! Il n’y avait aucun côté douloureux quand on a chanté ça, ce qu’il avait apprécié justement dans ce texte, il me l’avait dit, c’est qu’il ne ciblait personne, il parlait de l’absence en général. Et ce qui amène cette légèreté, c’est sa musique, c’est son génie à lui.

On retrouve aussi à vos côtés Marie-Paule Belle dans Le Mr de la TV. Un clin d’œil hilarant à ce que vous vivez quotidiennement?
C’est exactement cela. Les gens dans la rue vous interpellent en vous disant: "Ah vous êtes le Monsieur de la télé", alors qu’ils n’en ont rien à faire, de votre pomme, c’est une sacrée leçon d’humilité!
Et c’est toujours assorti de questions comme: "Leymergie, il est sympa? Et Sophie Davant, et Michel Drucker?" En écrivant ce texte, j’avais envie de faire une chanson à la Marie-Paule Belle, mais Gérard Davoust m’a corrigé: "Pourquoi à la Marie-Paule Belle"?
On appelé l’intéressée séance tenante, et trois jours après elle nous envoyait sa maquette. On y a été à fond dans le côté caricature "offenbachienne" et Marie-Paule dans son interprétation est une fabuleuse comédienne. Elle a apporté quelque chose d’énorme!

 "J’aime vivre, vraiment. Et je serai sur mes deux jambes je vous dirai la même chose"

Dans Les vacances chez Franco, vous retrouvez votre vieux complice Enrico Macias?
Pour toute famille juive rapatriée, Enrico Macias était un must! Il parlait à tous les gens de la génération de mes parents car il chantait ce qu’ils vivaient, c’était la bande-son de leur vie.
J’ai grandi avec lui, on avait ses 45 tours qui tournaient sur la platine du matin au soir, et quand on partait en vacances, justement chez Franco en Espagne, les cassettes qui tournaient dans l’autoradio de la 404 familiale, c’étaient ses chansons.
A cette époque on vivait les pires années du franquisme, mais pour nous qui quittions notre modeste HLM de banlieue parisienne, la Costa del sol était un paradis!
Il y avait la mer, le coût de la vie était moins élevé, on s’y sentait paradoxalement plus libres.
J’aime profondément Enrico aussi car il a été un des premiers à me prendre une chanson qui s’appelait Jérusalem j’ai froid pour moi, ça a été un sésame!
Et pour son dernier Olympia on a fait une chanson ensemble. Pour cet album il est venu tout de suite, et il l’a fait avec la plus grande gentillesse du monde.

Quel message essentiel recèlent en filigrane toutes vos chansons?
L’amour de la vie. J’aime vivre, vraiment.
Et je serai sur mes deux jambes je vous dirai la même chose. Aznavour avait ça aussi en lui, quand on lui demandait comment allez vous il répondait: "Je suis vivant, c’est déjà énorme".
Qui que l’on soit et quelles que soient les cartes que l’on ait dans son jeu de poker au départ, tout est possible, je le crois profondément.
Et en y croyant, ça rend justement les choses possibles, même s’il y a de gros chagrins, même si c’est du boulot, même s’il faut lutter contre un discours démobilisateur où on vous dit que tout est joué d’avance. Pour ma part, je croque la vie!


Duos en solitaire. Frédéric Zeitoun. (Roy Music)


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