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INTERVIEW. Le Corou de Berra: "C’est un bien grand mot mais, on est un peu ambassadeurs d’une culture"

Mis à jour le 09/12/2019 à 12:26 Publié le 14/12/2019 à 11:00
Le Corou de Berra vient de sortir un nouvel album consacré au compositeur Pietro Raimondi.

Le Corou de Berra vient de sortir un nouvel album consacré au compositeur Pietro Raimondi. Photo Rémy Masseglia

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INTERVIEW. Le Corou de Berra: "C’est un bien grand mot mais, on est un peu ambassadeurs d’une culture"

Le groupe de polyphonies des Alpes du Sud, qui vient de sortir un nouvel album et poursuit les tournées de ses différents spectacles, chantera "A Cappella", sa promenade vocale entre Provence et Italie, le 15 décembre au Broc, puis le 19 au Cannet. Michel Bianco, le chef de choeur, nous a parlé du groupe dans les pages du magazine Week-End.

Depuis plus de trente ans, le Corou de Berra –qui doit son nom à la commune où est installé son studio de répétition, Berre-les-Alpes– fait vivre chez lui la culture des Alpes du Sud. Et surtout, fait entendre ailleurs une musique d’ici.
Invité aux quatre coins de l’Europe, le groupe, qui a connu plusieurs formes avant de se stabiliser en quatuor, est un formidable passeur. Donnant de l’identité de Nice et ses alentours une image qu’on aimerait voir relayée plus souvent. Ouverte, curieuse, multiple.
A travers des airs traditionnels, des créations contemporaines, des partitions sacrées ou profanes, Michel Bianco, le chef de chœur, et ses compagnons de scène, ont fait exister les polyphonies des Alpes du Sud aux côtés de Francis Cabrel, d’André Ceccarelli, de Patrice Leconte. Et partagent constamment leur temps entre des projets très différents.
Lors du festival C’est pas classique, fin novembre à Nice, le Corou de Berra présentait un nouveau disque consacré à un manuscrit conservé dans la bibliothèque niçoise Romain Gary, une partition méconnue signée Pietro Raimondi, datée de 1875. Le 15 décembre au Broc, et le 19 au Cannet, c’est son spectacle A Cappella que présentera le groupe, pour emmener le public entre Provence et Italie. Présentation avec Michel Bianco.

A Cappella, c’est quoi?
A la base, c’est un spectacle consacré au répertoire traditionnel des Alpes du Sud, du comté de Nice, de Provence et de la zone transfrontalière avec l’Italie. Mais il a évolué. C’est un patchwork, avec du Nissa la bella et du Se Canto, mais aussi beaucoup de choses récentes.
Des œuvres de musique traditionnelle, entre guillemets, parce que la tradition, c’est un fourre-tout!
On chante, par exemple, cinq chansons de Serge Dotti, un poète niçois décédé l’an passé, dont Avanti, écrite après “la nuit du camion”.
Des textes contemporains en niçois, une langue qui a des difficultés à survivre et qui a une grande musicalité.

Un spectacle, à l’image de tout ce que vous faites, très mouvant?
C’était le pari: ne surtout pas faire quelque chose de figé. En suivant nos envies musicales, nos rencontres. Chaque fois qu’on rencontre quelqu’un, notre musique s’en trouve modifiée.

"On veut lancer des passerelles vers toutes les musiques"

Croiser les genres, une de vos caractéristiques?
On veut lancer des passerelles vers toutes les musiques. Moi, par exemple, j’ai fait du classique, du jazz, du traditionnel parce que mon père chantait... L’important c’est que ce soit musical, que ça nous plaise et que ça plaise aux gens.

Faire vivre cette culture, c’est aussi la diffuser ailleurs que sur scène?
Sinon ça n’a pas de sens. On a, depuis plus de vingt ans, un atelier de musique trad’ au centre AnimaNice de Cimiez, avec soixante, soixante-dix élèves à l’année.
On organise des master class. Récemment on a eu un Suisse qui faisait des percussions corporelles... génial!

Vous jouez plus ailleurs que chez vous. Quelle image a la tradition des Alpes du Sud loin d’ici?
ça fait bien longtemps que nous avons décidé de nous expatrier, on avait beaucoup de demandes à l’extérieur, c’est très bien perçu et ça me semble toujours extraordinaire. On joue devant le même nombre de personnes au fin fond de l’Allemagne ou ici.
Je ne l’explique pas!
L’ancienneté peut-être, des projets qui font boule de neige. C’est un bien grand mot mais, on est un peu ambassadeurs d’une culture.

"Quand on reprend des chants de la Résistance, de maquisards, ça parle"

Pourquoi n’est-elle pas davantage suivie ici, justement, comme la musique celtique en terre bretonne?
Je ne sais pas, je ne suis pas un grand politique de l’Occitanie, du nissardisme, de tout ça. Je crois que c’est suivi malgré tout. Cet été, on s’est retrouvé dans des fins fonds de vallées et on a dû refuser du monde tous les soirs!
Je pense que le Corou de Berra est quelque chose qui a du sens, musicalement bien sûr, mais aussi au-delà. Quand on reprend des chants de la Résistance, de maquisards, ça parle.

La défense de la culture niçoise pâtit-elle de la récupération que voudraient en faire certains partis politiques?
Ce n’est pas neuf malheureusement... Certains se sentent très niçois quand ça les intéresse, moins ensuite. Mais j’espère qu’ils ont arrêté de faire ça. Tout ce qui est mouvement politique régionaliste, c’est rarement humaniste, c’est souvent un repli.
Notre discours à nous, c’est d’essayer d’amener quelque chose musicalement et j’espère que cela peut influencer les autres. J’ai du mal à dire aux gens ce qu’ils doivent faire, je préfère dire: "Regarder ce qu’on fait nous, ça a l’air sympa!"

Stabat Mater de Pietro Raimondi. Corou de Berra et Bordighera Symphony Orchestra. (Autoproduit)


  • Dimanche 15 décembre, à 17 h. Les Arts d’Azur, au Broc. Tarifs : 10€, réduit 7€. Rens. 04.92.08.27.30.
    Avant, stage de chant "Transmission de savoirs", ouvert à tous, vendredi 13 décembre (18 h - 21 h) et samedi 14 décembre (9 h - 12 h et 14 h - 18 h). Inscription au 04.92.08.27.30 et culture@lebroc.fr (gratuit mais places limitées).
  • Jeudi 19 décembre, à 20 h. Eglise Sainte-Philomène, au Cannet. Tarifs : 14€, 17€ et 22€, gratuit pour les moins de 12 ans. Rens. 07.69.55.90.20.
  • Exposition Mùsica d’aqui, jusqu’au 20 mars. Instruments de la collection du Corou de Berra et du palais. Palais Lascaris, à Nice. Tous les jours sauf mardi, de 10 h à 18 h. Tarifs : 10€ (pass 24h pour tous les musées municipaux niçois), gratuit pour les habitants de la Métropole sur justificatif et les moins de 18 ans. Rens. 04.93.62.72.40.

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