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HISTOIRE. L’hiver à Nice en 1880: entre carnaval et mondanités

Mis à jour le 03/03/2017 à 10:00 Publié le 05/03/2017 à 12:00

HISTOIRE. L’hiver à Nice en 1880: entre carnaval et mondanités

Au mois de mars 1880, Nice s'apprête à lancer ses régates d'hiver, placées sous la présidence du Prince de Galles. L'événement est d'importance.

Les journaux parisiens délèguent leurs envoyés spéciaux. C'est l'occasion, pour le journaliste du magazine parisien l'Illustration, de découvrir le bonheur des séjours d'hiver à Nice.

Il décrit ses impressions dans le numéro du 13 mars 1880.

"La ville de Nice est assise au bord de la mer, au fond d'une belle et large baie figurant à peu près un arc de cercle. Le lit d'un torrent que l'on voit dans notre premier dessin la partage en deux villes: la vieille et la neuve. Le lit de ce torrent si connu, le Paillon, a presque la largeur de la Seine et il est à peu près sec toute l'année. Au retour de la campagne d'Italie, nos soldats ont eu un très beau banquet dans le lit-même du Paillon. Cependant, à la fonte des neiges, après une pluie abondante sur les montagnes, ce lit de pierres s'emplit brusquement d'eaux torrentielles qui se précipitent dans la mer avec une fureur à laquelle celle-ci semble vouloir résister. On voit alors, en l'espace de quelques minutes, la mer se colorer sur une surface de plusieurs kilomètres d'une nuance jaunâtre qui contraste avec l'azur habituel de ses flots."

Sous la mitraille des confettis

Venons en aux distractions. En premier lieu le Carnaval, qui a été créé quelques années plus tôt, en 1873.

"C'est dans la vieille ville, située sur la rive gauche du Paillon, que se trouve la « Promenade du Cours » où, pendant le carnaval, se livrent avec le plus d'acharnement, les batailles à coups de confetti. Des chars garnis de banderoles et de feuillages s'avancent lourdement comme les éléphants de Pyrrhus. Ils s'arrêtent devant la Tour de Visconti, et une lutte acharnée s'engage. Les combattants ont abaissé leur visière, sorte de grillage en menus fils de fer qu'on vend pour la circonstance. De petits bouquets, des confetti, des faginoli (haricots secs), des papillotes, des pralines montent, descendent, se heurtent, crépitent comme la grêle sur les armures des chevaliers. Il pleut des épigrammes, il jaillit des sarcasmes. La mitraille jetée d'en haut, lancée d'en bas à pleines mains, à pleins sacs se répand dans l'air ainsi que des flèches chez les Parthes."

Mais Nice présente aussi des distractions moins "populaires" que le Carnaval. Pour cela, il faut se rendre du côté de la Promenade des Anglais.

"La ville moderne se développe le long de la rive droite du Paillon. Le jardin public qui date d'une trentaine d'années et est planté de magnifiques palmiers et arbres rares, est chaque jour le rendez-vous de la foule élégante, surtout quand la musique s'y fait entendre. Là commence la Promenade des Anglais, large de 26 mètres, longue de 2 kilomètres. Le coup de canon de midi vide la Promenade Durant la matinée, les oisifs, les délicats, les invalides de tous les mondes et de tous les âges viennent y demander au soleil la force et la chaleur. C'est l'heure des gens sérieux et des jolies frileuses. Mais au coup de canon de midi, chacun rentre chez soi et la promenade devient déserte. Administration, préfecture, poste, boutiques, tout se ferme. Vers 2 heures, le kiosque, à l'abri duquel les fanfares du 111ème de ligne et la musique municipale font entendre leurs morceaux choisis, est le rendez-vous préféré des étrangers, et c'est à ce moment que la physionomie de la Promenade se dessine. Les élégantes mondaines, sous prétexte d'écouter la musique, se laissent admirer volontiers par les jeunes gens qui viennent familièrement s'accouder aux portières des voitures. Les deux ou trois cents joyeux viveurs qui, durant la saison d'hiver, mènent à Nice une existence tout à fait en dehors, comme s'ils étaient piqués de la tarentule, s'agitent, cavalcadent, passent et repassent en victorias, ce qui donne un air de fête à toute cette partie de la ville. Des hôtels publics et privés, d'une architecture élégante, s'élèvent sur la Promenade des Anglais. Parmi ces hôtels, citons particulièrement le Cercle de la Méditerranée, que représente le dessin ci-dessus le jour des régates. Cet hôtel renferme une grande salle de bal et de concerts, des salles de conversation, de jeux, de lecture. "

Le Cercle de la Méditerranée a disparu aujourd'hui. Il se dressait au début de la Promenade, proche de l'actuel Palais de la Méditerranée. Il était l'un des centres de la vie mondaine hivernale niçoise que la presse parisienne découvre, semble-t-il, avec plaisir.


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