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Festival du cirque : 40 ans de piste aux étoiles

Mis à jour le 14/01/2016 à 11:28 Publié le 14/01/2016 à 11:21
Bello Nock, Clown d’or de la 35e édition; le maître écuyer Alexis Gruss

Bello Nock, Clown d’or de la 35e édition; le maître écuyer Alexis Gruss Photos archives F. C., M. A. et E. D.

Festival du cirque : 40 ans de piste aux étoiles

Jusqu’au 24 janvier, c’est la 40e édition du Festival international du cirque de Monte-Carlo sous le chapiteau de Fontvieille. Un événement témoin de l’évolution de cet art

Jusqu’au 24 janvier, c’est la 40e édition du Festival international du cirque de Monte-Carlo sous le chapiteau de Fontvieille. Un événement témoin de l’évolution de cet art

La quarantième édition. Du coup d’essai lancé par le prince Rainer en 1974, la simple manifestation pour soutenir les artistes dans une mauvaise passe est devenue le Festival international du cirque de Monte-Carlo.

L’un des plus prestigieux événements consacrés à la piste aux étoiles, décernant chaque année des récompenses ultra-convoitées par les troupes. Chaque année, sauf les années d’anniversaire, comme celle-ci d’ailleurs, où un best of des meilleurs numéros déjà primés est proposé à la place de la traditionnelle remise de récompenses.
Pour cette édition 2016, qui se tient sous le chapiteau de Fontvieille dès ce soir et jusqu’au 24 janvier, il n’y a que le prix du public qui sera maintenu. Et les spectateurs n’auront que l’embarras du choix puisque la trentaine de numéros prévus réunit ce qui se fait de mieux.

Les plus grands

Depuis 1974 donc, le festival a vu défiler les plus grands artistes de la discipline, en a lancé certains aussi. A réuni des dizaines de styles et de nationalités. A vu évoluer le cirque à mesure que lui-même s’est développé. Pourtant, la manifestation aux 40000 spectateurs et plusieurs millions de téléspectateurs n’a pas changé. « Fidèle aux valeurs de son créateur, le prince Rainier III. Sa fille, la princesse Stéphanie, a repris le flambeau. Les trois piliers restent l’acrobatie, la comédie et les animaux. Dans le respect du cirque traditionnel », résume Urs Pilz, le directeur artistique du festival.
C’est la quarantième édition. Puisqu’en 1983 et 1991 le festival n’a pas eu lieu. En 1983, le rideau ne s’est pas levé après le décès de la princesse Grace, en septembre 1982. En 1991, la décision est prise de ne pas maintenir le festival à cause de la Guerre du Golfe.

Des dizaines de nationalités

Cette année, malgré un contexte international tendu, le festival est au rendez-vous avec, simplement, des contrôles de sécurité renforcés à l’entrée du chapiteau.
Avec, également, des dizaines de nationalités rassemblées sur la piste.

« C’est ce que j’aime dans le cirque. La rigueur, la discipline, le fait que les artistes donnent leur vie à leur passion. Le live aussi, le fait que rien ne soit truqué. Mais c’est surtout l’internationalité. Dans le festival, ça parle toutes les langues, une seule chose réunit tout le monde : le spectacle, insiste Urs Pilz. Le message de paix, il est là à chaque fois, entre tous ces artistes. C’est ce que nous représentons sur la piste. »

Le 26 décembre 1974, la première

La famille princière aux premières loges lors de la première édition en 1974. On reconnaît la princesse Grace et le prince Rainier, ainsi que les toutes jeunes princesses Caroline et Stéphanie.
La famille princière aux premières loges lors de la première édition en 1974. On reconnaît la princesse Grace et le prince Rainier, ainsi que les toutes jeunes princesses Caroline et Stéphanie. Photos DR - collection Alain Frère

C’était il y a quarante-deux ans. La première édition du Festival international du cirque de Monte-Carlo.Le 26 décembre 1974.
«L’un de mes plus beaux souvenirs, c’est cette première. Quand le tout premier numéro a commencé. La lumière s’est baissée, deux écuyers sont entrés en piste, le prince Rainier s’est retourné, m’a fait un clin d’œil. C’était parti…»

La 40e du festival, pour Alain Frère, le maire de Tourrette-Levens qui est aussi conseiller artistique du festival depuis le début (1), « c’est un grand moment d’émotion ». Et des souvenirs comme celui-là, il en a des dizaines. Minutieusement consignés dans les archives de son musée personnel, chez lui, dans le moyen pays niçois. «Qui aurait pu imaginer que ce festival deviendrait un événement pareil? C’était un point d’interrogation. Aujourd’hui, il a été souvent imité mais jamais égalé», estime cet immense passionné.

Grâce aux grandes familles de cirque

« Le prince Rainier a eu cette idée car, dans les années 70, le monde du cirque connaissait des difficultés. Comme il aimait les artistes, les familles de cirque, il a voulu créer un événement pour les soutenir. À l’époque, le cirque Amar était en faillite, le prince ne le supportait pas. Il a lancé le festival en 1974, pour sa 25e année de règne. Mais il ne faut pas croire que ça a été facile! C’était même plutôt mal parti », plaisante l’élu.

« Nous n’avions pas de chapiteau! Tous les directeurs contactés hésitaient ». C’est finalement la famille Bouglione qui va débloquer la situation. Elle va prêter son chapiteau d’environ 1500 places. « J’étais le médecin de Joseph Bouglione, ça s’est fait comme ça. Et dès la première, c’était plein », se souvient Alain Frère.

L’année suivante, c’est le cirque de Liane Orfei qui prête son chapiteau. Puis la famille d’Enis Togni pendant une dizaine d’années.Avant que la Principauté n’installe son propre chapiteau. « Sans ces grandes familles de cirque, le festival ne se serait jamais lancé », aime rappeler celui qui collectionne les objets et tenues de ces grands artistes de la piste aux étoiles.
Le gala de clôture de cette première édition se déroulera le 30 décembre 1974. De cette première édition, Alain Frère garde aussi en mémoire le premier jury. En exhibant une photo en noir et blanc d’un de ses nombreux classeurs numérotés, il commente : « Pour une première, nous avions réussi à attirer du monde. L’aura de la famille princière n’y était pas pour rien. Nous avions eule journaliste Louis Merlin, l’écrivain Guy des Cars, Yves Mourousi, Jean Marais… »

Cette année-là, le premier Clown d’or est attribué à un célèbre comique de l’époque, l’Espagnol Charlie Rivel. Là encore, Alain Frère dégaine la photo… et le costume d’époque.

(1) Alain Frère a également participé à la réalisation d’un livre sur le festival édité pour la quarantième édition.

Des instants qu’ils n’oublieront pas

En 40 ans, la piste du festival de Monte-Carlo a vu s’accomplir des exploits. Des moments d’émotions artistiques. Certains y ont lancé leur carrière. Un instant tragique aussi.
Quand on pose la question à ceux qui ont suivi l’aventure depuis le début, les mêmes événements reviennent.La première, évidemment (lire ci-dessus). Mais il y en a eu d’autres.Parmi les numéros qui ont marqué, deux semblent au-dessus.

« Le premier quadruple saut périlleux au trapèze volant, accompli pour la première fois en Europe, ici, à Monaco », note Urs Pilz, le directeur artistique du festival. « C’était une troupe mexicaine, l’acrobate s’appelait Miguel Vazquez, c’était en 1990 », ajoute Alain Frère.« Une communauté d’une cinquantaine de Mexicains était là, ils ont sorti un drapeau et fait le tour du cirque, c’était très beau », se souvient Urs Pilz.

« Le fameux pas de deux réalisé en 2002 par la troupe acrobatique de l’armée de canton, indique encore Patrick Hourdequin, président de l’Association monégasque des amis du cirque. L’acrobate réalise une pirouette en pointe sur la tête de son partenaire, quelle émotion! Quelle prouesse! » Le numéro fait d’ailleurs partie du best of de cette quarantième édition.
« Le seul accident »

Patrick Hourdequin se souvient aussi de cette visite… « Ce devait être début 1980, un type avec une boucle d’oreille et une queue-de-cheval vient nous voir et nous demande, avec un accent canadien : “Vous n’auriez pas une tente seconde main? Je voudrais monter un cirque…” Il voulait dire un chapiteau d’occasion. On lui en a trouvé un à Bordeaux. Ce type, c’était Guy Laliberté, le fondateur du Cirque du Soleil! » Celui qui fait partie du comité d’organisation se rappelle aussi ce jour où un comique a fait faux bond : « Par un heureux hasard, j’ai eu un coup de fil d’un clown qui voulait venir. On a dit “allez!”, il est venu, il a eu un succès fou. C’était David Larible, l’un des plus grands clowns aujourd’hui! »

Dans la mémoire collective, peu de moments tristes. Un seul est dans la tête de tous : la mort d’un acrobate à moto pendant les répétitions l’année dernière. « Après tant de travail, de préparation minutieuse. C’était terrible, terrible, souffle Urs Pilz. C’est le seul accident dont je me souvienne fort heureusement. Les artistes sont de grands professionnels, très prudents, l’équipe technique également. »


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