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Dans l’atelier du maître verrier Jean-Pierre Bellion à Castillon

Mis à jour le 11/04/2021 à 23:44 Publié le 12/04/2021 à 08:00
Jean-Pierre Bellion et le vitrail en cours d’élaboration dans son atelier de Castillon.

Jean-Pierre Bellion et le vitrail en cours d’élaboration dans son atelier de Castillon. Photo A.R.

Monaco-matin, source d'infos de qualité

Dans l’atelier du maître verrier Jean-Pierre Bellion à Castillon

L’artiste, qui a son atelier dans le petit village du pays mentonnais, termine des vitraux qui intégreront le projet paysager dans les jardins Biovès à Menton. La cité des citrons participe au Festival des jardins de la Côte d’Azur, organisé par le Département. Explications.

Depuis son atelier de Castillon, le maître verrier Jean-Pierre Bellion pourrait presque distinguer Menton, et imaginer les jardins Biovès.

Là où des vitraux sur lesquels il travaille prendront place d’ici peu, au sein d’une création paysagère réalisée par les services de la Ville.

Plus précisément dans la serre (reconstituée) de la poétesse américaine Emily Dickinson, qui sera installée face à la bibliothèque.

Les 72 plaques de verre font en fait écho à Retirements, le recueil d’une poétesse contemporaine participant au projet de jardin, Maria Raluca Hanea, très marquée par sa visite de l’église du souvenir à Berlin.

L’idée étant de traduire le plus fidèlement possible ses impressions à la vue des vitraux de Gabriel Loire, célèbre peintre verrier de Chartres (1904-1996).

L’assemblage final du vitrail prévu samedi

"Quand le projet a pris forme, j’ai cherché une personne qui pourrait réaliser les vitraux que l’on voulait. Un collègue passionné m’a conseillé de me rapprocher de Jean-Pierre. On a pris contact et il a tout de suite été intéressé. Il a rapidement compris ce que Maria voulait", indique le responsable des Parcs et Jardins, Franck Roturier.

Précisant que l’auteure descendra de Paris, samedi prochain, pour faire l’assemblage des vitraux aux serres municipales. En tant que chef d’orchestre de cette partie du projet.

"J’ai fait une interprétation, comme avec une partition de musique", opine Jean-Pierre Bellion. Contraint par le temps et l’argent, le maître verrier a dû trouver des astuces pour parvenir au résultat attendu.

"On ne pouvait pas travailler avec des baguettes de plomb, comme on le fait traditionnellement", donne-t-il pour exemple. La solution se situe donc entre vitrail et mosaïque de verre, avec une illusion de séparation réalisée à la peinture noire.

"Nous avons utilisé des calibres en papier de forme précise, à partir de cinq dessins, avant le travail de découpe du verre. Pour être sûrs que tout tienne dans le verre de support sur lesquels on colle. Les formes sont désignées mais le dessin est aléatoire: il n’y a pas de figure géométrique préconçue."

Une plongée dans l’Histoire de l’art

En adéquation avec la demande de la poétesse, Jean-Pierre Bellion a opté principalement pour des verres sombres – bleus – d’une épaisseur de 3 mm.

"On s’est servi d’une partie de nos chutes. Il s’agit de verre antique (soufflé et présentant des ondulations) teinté dans la masse", glisse-t-il. Pour que la lumière qui traverse les vitraux donne l’effet escompté, le maître verrier ne peut se soustraire à une étape. La peinture à la grisaille.

"Cela permet de faire varier la valeur du verre. On l’utilise en addition ou en soustraction", poursuit le maître verrier.

Illustrant son propos par un enlevage au pinceau sur la couche de grisaille tout juste appliquée. "Ensuite, on cuit au four à 620°C. On atteint alors le point de ramollissement; la peinture adhère au support. Et la poudre humidifiée devient une matière vitreuse", explique-t-il.

Cette technique permet en partie de filtrer, de réduire l’effet coloré. "On diminue l’éclat, sans quoi le rendu est trop agité. Le bleu a une densité qu’on ne retrouve pas sur un tableau. Dans le travail du vitrail, on sait que le bleu pousse et le rouge se rétracte", résume Jean-Pierre Bellion.

Attaché à tracer des marges noires à la peinture pour structurer l’œuvre. "Sans cela, il y aurait un manque d’ancrage et le dessin ne serait pas reconstitué normalement. Viollet le Duc a beaucoup théorisé sur le sujet."

En plus de s’ouvrir à la poésie, les passants qui découvriront la création paysagère plongeront ainsi plus largement, sans même le savoir, dans l’Histoire de l’art.

Bientôt le Festival des jardins de la Côte d’Azur à Menton

La maison d’Emily Dickinson, en cours d’installation dans les jardins Biovès à Menton, et la serre dans laquelle les vitraux prendront place sortent de l’imagination du directeur des parcs et jardins de la cité des citrons – Franck Roturier – et de trois poètes: François Heusbourg, Flora Bonfanti et Maria Raluca Hanea.

La création est proposée (hors compétition) dans le cadre de la troisième édition du Festival des jardins de la Côte d’Azur – dont le thème n’est autre que "jardins d’artistes".

En raison du troisième confinement, le Département a pris le parti de reporter l’événement du 9 mai au 9 juin. Les jardins en compétition seront ainsi montés du lundi 3 mai au vendredi 7 mai.

Offre numérique MM+

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