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Chorégies d'Orange, concours Operalia à Prague, Opéra de Paris... le directeur artistique de l'Opéra de Monte-Carlo se confie

Mis à jour le 29/07/2019 à 08:46 Publié le 29/07/2019 à 08:30

Chorégies d'Orange, concours Operalia à Prague, Opéra de Paris... le directeur artistique de l'Opéra de Monte-Carlo se confie

Le directeur artistique de l’Opéra de Monte-Carlo dirige, pour la troisième année, les Chorégies d’Orange. Lui qui n’a pas été retenu pour l’Opéra de Paris a nombreux projets en cours.

Aux Chorégies d’Orange dont il célèbre la 150e édition, Jean-Louis Grinda n’a pas de trêve estivale. Un directeur artistique qui veut mettre en avant la création monégasque puisqu’il a présenté sa mise en scène de Guillaume Tell et vient de programmer Roméo et Juliette de Jean-Christophe Maillot au théâtre antique. Tout ceci alors, qu’en même temps, nous apprenions qu’il n’était pas retenu par Emmanuel Macron pour prendre la tête de l’Opéra de Paris finalement confiée à l’Allemand Alexander Neef. Pas de quoi freiner l’énergie de Jean-Louis Grinda toutefois... Alors, entre deux répétitions, il s’est échappé à Prague, au concours Operalia, pour découvrir les plus grands talents lyriques.

Votre été n’est pas de tout repos… Êtes-vous dorénavant parfaitement rodé au rythme d’Orange?
Je suis bien rodé au rythme effréné du festival. La plus grande difficulté est sans nul doute d’y réaliser une mise en scène : Guillaume Tell. Vu l’immensité du lieu, c’est un défi aussi physique qu’artistique ; mais j’adore ça !

Pour les 150e Chorégies, l’exigence artistique est-elle plus élevée encore?
J’ai fait une programmation extrêmement diversifiée et même audacieuse. Il fallait réveiller la belle endormie ! Alors, j’ai présenté Guillaume Tell, jamais joué au festival, fait un grand concert avec Jeff Mills et surtout nous présenterons lundi (ce soir, ndlr), l’immense Symphonie des Mille de Gustav Mahler avec, pour la première fois depuis plus de 40 ans, les deux orchestres de Radio France réunis, les deux chœurs, les chœurs de Munich…

Vous avez également programmé les Ballets de Monte-Carlo. Une façon de contribuer à la promotion de la culture monégasque?
J’avais décidé de faire revenir la danse à Orange dès l’année dernière en invitant le Béjart Ballet Lausanne. Le succès fut immense. Cette année, il était important de valider ce retour de la danse avec une autre grande compagnie internationale. Le choix des Ballets de Monte-Carlo était pour moi une évidence et le succès a définitivement validé ce choix artistique de pluridisciplinarité des Chorégies.

Vous êtes à Orange, mais aussi à Prague. Que faites-vous dans le cadre du concours Operalia 2019?
Je suis brièvement à Prague, quatre jours, entre nos répétitions de Don Giovanni qui se passent à merveille. Entre les demi-finales et la finale, j’ai eu le temps de faire un saut au Théâtre Antique pour contrôler que tout se passait bien. À Prague, et comme chaque année depuis quatorze ans, je suis membre du jury du concours Operalia, créé et présidé par Placido Domingo. C’est le plus grand concours du monde et il est très important pour moi d’y participer. On peut y découvrir de jeunes chanteurs qui seront, parfois, les stars de demain. On y partage également beaucoup entre collègues (Metropolitan New York, Paris, Covent Garden, Vienne, Chicago, etc.).

Vous étiez sélectionné dans une "short list" de onze candidats pour le poste de directeur de l’Opéra de Paris. Le 18 juillet, on a appris que le successeur de Stéphane Lissner sera finalement Alexander Neef. Êtes-vous déçu ?
Je n’ai jamais été sélectionné dans une short liste de onze candidats. En mars 2018, un conseiller du Président Macron m’a téléphoné pour me demander si je serais d’accord d’être dans une liste de trois noms au sein desquels le Président choisirait le successeur de l’actuel directeur. Après réflexion, j’ai donné mon accord et je ne suis plus sorti de ce schéma-là. Tout ce qui a été dit ou écrit depuis septembre dernier relève d’un jeu de pouvoir très parisien auquel je ne me suis jamais prêté. Je ne crois d’ailleurs pas qu’Alexander Neef, directeur désigné, s’y soit lui non plus impliqué d’une quelconque façon. C’est un très bon choix car c’est un homme jeune (45 ans) et très compétent. Je ne suis en aucun cas déçu car je n’avais rien demandé. Par contre, j’estime que l’on m’a fait un très grand honneur en m’incluant au départ dans une short list de trois noms. Cet honneur suffit à mon bonheur, car il démontre que je n’ai pas travaillé pour rien durant 38 ans. Mon père serait content !

Avez-vous ou allez-vous postuler ailleurs?
Je n’ai pas postulé à Paris, vous l’aurez compris, et donc je ne postulerai pas ailleurs. À bientôt 60 ans, il faut savoir laisser la place aux jeunes !

Est-ce difficile de garder la même motivation quand on est ainsi prêt à quitter Monte-Carlo?
Ceux qui me connaissent savent que mon moteur est la passion. Celle-ci est intacte mais viendra le temps où il sera sain de passer à autre chose. J’y pense depuis très longtemps car j’ai la hantise du « combat de trop »…

On n’en est pas là! D’abord peut-être des vacances?
Début août, juste après Orange, je pars mettre en scène Roméo et Juliette pour l’ouverture de la saison de l’Opéra de San Francisco puis, fin septembre, je mettrai en scène La Bohème à Oman où j’emmène tout l’Opera ainsi que l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Parallèlement, les Musiciens du prince sont à Salzbourg pour tout le mois d’août… Comme l’écrivit avec esprit le regretté Bernard Spindler, “le rideau ne se baisse jamais sur mon théâtre…”


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