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C'est promis, il y aura bien une 72e édition du Festival de musique de Menton en 2021

Mis à jour le 11/08/2020 à 11:22 Publié le 11/08/2020 à 15:30
Bertrand Chamayou a donné un concert rapatrié à l’intérieur de l’église.

Bertrand Chamayou a donné un concert rapatrié à l’intérieur de l’église. Photo C.D. et D.M.

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C'est promis, il y aura bien une 72e édition du Festival de musique de Menton en 2021

Durant dix jours, les mélomanes ont profité d’une succession de concerts de rêve, retransmis dans le monde sur internet. Alors que d’autres festivals sont menacés, celui de Menton survivra

On n’y croyait plus! Quelques semaines avant le début du festival, on ne savait pas s’il aurait lieu. Tant d’autres avaient été annulés en France…

Et puis tout le monde, à Menton, s’est retroussé les manches: les services de la mairie, l’office du tourisme, le directeur Paul-Emmanuel Thomas et son équipe. Tous ont conjuré le mauvais sort, comme, là-haut, sur la façade de la basilique, saint Michel terrasse le dragon.

Pour cela, ils ont dû faire preuve d’anticipation et d’imagination: "Dès le mois de mars, quand les nuages ont commencé à s’accumuler, nous avons pris le parti de ne pas abandonner, explique Paul-Emmanuel Thomas. Nous avons agi, inventé des formules nouvelles, sollicité les nouvelles technologies (streaming, “silent system”, ndlr)."

Et ainsi, alors que tant d’organisateurs baissaient les bras, le "vieux" rendez-vous de Menton, doyen des festivals de musique de chambre de France, s’est mis à la pointe du progrès. Paradoxalement, la crise du Covid l’a projeté vers l’avenir.

Capuçon-Armstrong : un duo parfait.
Capuçon-Armstrong : un duo parfait. Photo C.D. et D.M.

L’effort des artistes et du public

"Un temps, nous avons pensé que les concerts auraient lieu à huis clos et seraient diffusés en streaming, poursuit Paul-Emmanuel Thomas. Et puis est arrivée l’autorisation de se regrouper…"

Bien sûr, la capacité d’accueil avait été divisée par deux : pas de grande tribune au haut du parvis, pas de tribune, non plus, en surplomb des rampes d’accès au parvis, et nécessité de laisser une place vide entre les groupes de personnes. Une rentrée d’argent divisée par deux.

Face à cette situation financière, les artistes ont accepté de diminuer leurs cachets. Question de solidarité et de survie de la manifestation.

Le public a été d’une docilité exemplaire. Arrivé tous les soirs à l’avance - ce qui contrastait avec les années précédentes où les concerts commençaient, comme partout, toujours en retard. Les auditeurs se frottaient les mains au gel hydroalcoolique, portaient des masques.

Ah, on s’en souviendra, de ce festival où nos oreilles auront eu un double usage : écouter les concerts et accrocher nos masques !

Marie-Ange Ngucci : la première à jouer en « silent system » au Parc du Pian.
Marie-Ange Ngucci : la première à jouer en « silent system » au Parc du Pian. Photo C.D. et D.M.

Qualité musicale exemplaire

Musicalement, ce 71e festival a été exemplaire. Du premier au dernier soir, on fut au sommet de la qualité - ce qui n’a pas été le cas d’autres festivals en Provence auxquels nous avons assisté.

Magnifique, la découverte de la violoniste russe Elena Ibragimova! Superbe, le pianiste Bertrand Chamayou, rapatrié dans l’église pour cause de mauvais temps ! Nous l’avons rarement entendu aussi bon. Parfait, le duo Capuçon-Armstrong! Impressionnante, la pianiste Marie-Ange Ngucci, entendue par casque, avec le procédé du système "Silent system", au milieu de l’oliveraie du parc du Pian ! Admirable, la délicatesse des Arts florissants, dans leur florilège d’airs baroques!

Une question se posait ce lund: le festival de Menton 2021 aurait-il lieu? On sait que d’autres vont s’arrêter. Nous avons posé la question à son directeur Paul-Emmanuel Thomas. Sa réponse n’a souffert aucune hésitation: "Il y aura l’an prochain un 72e festival."

Le bonheur!

Une dernière soirée toute en romantisme

Le quatuor Hermès a ouvert la soirée au son d’un des plus beaux quatuors de Schubert.
Le quatuor Hermès a ouvert la soirée au son d’un des plus beaux quatuors de Schubert. Photo C.D. et D.M.

Nous nous sommes donc trouvés hier soir sur le parvis Saint-Michel pour la dernière fois de l’été. On avait le cœur serré, comme à toutes les fins de festival. Mais cette année, peut-être plus encore, en raison des circonstances particulières de son déroulement.

Les artistes appartenaient à l’élite de la jeunesse musicale internationale : le quatuor Hermès, révélé il y a quelques années au grand concours international de Genève, et le pianiste Alexandre Kantorow, premier vainqueur français, l’an dernier, du concours international Tchaïkovsky de Moscou - concours qui passe pour être le plus grand au monde en matière de piano.

Toute la soirée, le souffle du romantisme est passé sur le parvis. D’abord avec la caresse du premier thème du Quatuor Rosamunde de Schubert. Le quatuor Hermès a interprété cette œuvre avec minutie, délicatesse, mais avec aussi quelque chose de jeune qui lui donnait une sorte de frémissement printanier.

Alexandre Kantorow, à son arrivée, a d’abord joué les Ballades de Brahms, avec une grandeur polyphonique qui faisait ressembler son piano à un orchestre. Il s’est répandu aussi de longues phrases rêveuses qui nous berçaient joliment. Ces Ballades ont été inspirées à Brahms par un conte racontant l’histoire d’un fils qui a tué son père. « Pourquoi ton épée est-elle rouge de sang, interroge la mère ? À défaut de cauchemar, cette histoire a inspiré à Brahms une bien belle musique !

Enfin, les cinq musiciens - les quatre du Quatuor plus le pianiste - se sont retrouvés dans l’apothéose du Quintette de Brahms. Ce fut le bouquet final de ce mémorable festival.


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