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"ça ne m'intéresse pas de mimer, de devenir Dylan"

Sébastien Pouderoux campe l'auteur de Hurricane, le 16 mars sur les planches du Théâtre Princesse-Grace. Dans une pièce où il est question de la création artistique plus que du rockeur

recueilli par nicolas hasson-fauré Publié le 02/03/2017 à 05:16, mis à jour le 02/03/2017 à 11:33
Comme une pierre qui… n'est pas « un biopic à l'américaine », insiste Sébastien Pouderoux. Photo Simon Gosselin, coll. Comédie-Française

Tout est là. Les cheveux frisés, les lunettes de soleil, la guitare, l'harmonica… Dans Comme une pierre qui…, sur les planches du Théâtre Princesse-Grace le 16 mars prochain, Sébastien Pouderoux, pensionnaire de la Comédie-Française, joue le rôle de Bob Dylan. Avec Marie Rémond, il a mis en scène cette pièce qui tourne autour de l'enregistrement de la chanson Like A Rolling Stone. Mais le comédien précise : il n'est pas Bob Dylan. "ça ne m'intéresse pas de mimer, de devenir Dylan, dit-il. Et je n'y arriverais pas." Surtout, la pièce n'est pas un "biopic à l'américaine", précise Sébastien Pouderoux.

Le sujet de Comme une pierre qui…, c’est Bob Dylan, la chanson Like A Rolling Stone, ou son enregistrement?
La création. Le sujet pourrait être la chanson, mais c’est surtout de quoi est faite la création. C’est un spectacle sur le tâtonnement. La somme de travail, de hasards, de tâtonnement… C’est de ça dont on a voulu parler.

Des petites choses qui font une grande chanson…
C’est un art de capter ces petites choses et de les investir dans la création. L’organiste est un jeune guitariste de 21 ans qui est là par hasard et se retrouve derrière l’orgue Hammond. Et c’est ça qui fait toute la chanson. Le travail en studio, la création, c’est un moment qui, par définition, reste loin des regards.

 

Comment fait-on pour montrer quelque chose qui a vocation à rester caché?
On montre l’envers du décor.On donne au spectateur une place privilégiée… On lui fait sentir qu’il assiste à quelque chose auquel il ne pensait jamais assister.

Dans cette pièce, restituez-vous ce qu’il s’est passé dans le studio, ou vous en inspirez-vous?
On n’assiste pas vraiment à ce qu’il s’est passé. Greil Marcus (NDLR: l’auteur de Like a Rolling Stone, Bob Dylan à la croisée des chemins, adapté par la pièce) a eu une remarque quand il a vu le spectacle: “Vous avez tout inventé mais tout est vrai.” C’est très représentatif de la démarche. On s’est énormément documentés sur ce qu’il s’est passé dans le studio, sur les gens qui étaient là. Après, la réalité de ce qu’il s’est passé… On a pris la liberté d’inventer sans trahir la vérité de ce qu’on pense qu’étaient ces personnes à ce moment-là.

Diriez-vous que c’est une œuvre de fiction?
Ce n’est pas complètement une œuvre de fiction.Je pense que le genre est hybride.Que chacun des personnages représentés se reconnaîtrait.Je ne suis pas Bob Dylan, mais je pense qu’il reconnaîtrait quelque chose de la réalité. On n’est pas dans une démarche de biopic parce qu’à nouveau, ce n’est pas un spectacle sur Bob Dylan, c’est un spectacle sur la création.

Bob Dylan, justement. Même s’il n’est pas au centre de cette pièce, comment fait-on pour se glisser dans sa peau?
Je suis très, très fan, depuis longtemps. C’est un personnage multiple, tellement changeant… Un jour il est loquace; un jour il ne dit rien. Il y a mille facettes. C’est presque rassurant parce qu’on ne sait pas par quel bout le prendre.

Même si c’est une pièce sur la création et pas sur Bob Dylan, qu’est-ce que son personnage apporte?
C’est un créateur unique en son genre. Évidemment, si on avait pris presque n’importe quel autre chansonnier de cette époque, on n’aurait pas eu cette richesse-là.Il arrivait dans le studio avec vingt pages de texte et il n’avait pas fini d’écrire la chanson.ça ne pouvait pas être n’importe qui non plus. C’est ça qu’on raconte aussi.On est entrés dans la tête de Bob Dylan à un moment, une certaine époque de sa vie. C’est un robinet ouvert, ça sort de lui.

En tant que comédien, comment appréhendez-vous ce spectacle? ça sort de votre zone de confort?
Je ne suis pas du tout dans ma zone de confort. Je ne suis jamais tranquille quand je joue ce spectacle. Dans tous les autres spectacles, je peux facilement rentrer dans des petits souliers. Ici, il y a une dimension technique qui est tellement importante qu’on ne peut pas se reposer du tout. Je ne suis pas du tout tranquille, mais c’est complètement grisant. C’est très exigeant: je chante, je joue de la guitare, de l’harmonica… Il faut à la fois une grande détente et une énorme concentration.

 

On sait que vous êtes fan de Bob Dylan. Mais Like A Rolling Stone, vous arrivez encore à l’écouter?
Non seulement j’y arrive encore mais je ne m’en laisse pas. Alors que je me lasse très facilement d’autres morceaux d’autres chanteurs.On verra à la fin de la tournée et à la fin de la Comédie-Française…


Savoir +
Comme une pierre qui… Jeudi 16 mars, 20h30 au Théâtre Princesse-Grace. Avec la troupe de la Comédie-Française.
Rens. 00377.93 .25.32.27ou spectateurs@tpgmonaco.mc

Offre numérique MM+

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