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Après avoir défilé pour Gaultier, le Varois Alex Wetter crève l'écran dans "Miss"

Mis à jour le 22/10/2020 à 12:34 Publié le 22/10/2020 à 12:34
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Après avoir défilé pour Gaultier, le Varois Alex Wetter crève l'écran dans "Miss"

Originaire du Var, ce mannequin androgyne réussit ses premiers pas d’acteurs dans "Miss". L’histoire d’un jeune homme prêt à franchir tous les obstacles pour devenir Miss France.

Initialement prévue en mars dernier, la sortie de Miss, le second film de Ruben Alves, avait été reportée au 28 octobre... avant d’être avancée d’une semaine.

C’est donc le jour J pour ce long-métrage qui repose en grande partie sur les épaules d’Alexandre Wetter, toutefois bien entouré, avec une bande farfelue où l’on trouve Isabelle Nanty en mère de substitution fantasque, Thibault de Montalembert en travesti au grand cœur, Pascale Arbillot en patronne de caractère du concours Miss France ou encore Steffi Celma en peste/Miss Paca et l’Azuréen Jean Franco en spécialiste austère des réseaux sociaux.

Enfant du Centre-Var, ayant grandi du côté de La Roquebrussanne, Alexandre Wetter (ou Alex) a d’abord défilé pour Jean-Paul Gaultier, pour les collections hommes et femmes.

A 30 ans, après quelques apparitions à l’écran, il est entré de plain-pied dans le métier d’acteur. Sa prestation a déjà fait sensation aux Festival de Cabourg et d’Angoulême. Elle devrait également séduire le public.

Hymne à la tolérance, pétri de bienveillance, le long-métrage ne s’épargne pas quelques facilités, mais il mérite le coup d’œil. Joint hier par téléphone, son acteur principal s’est livré avec entrain et sincérité.

Qu’avez-vous ressenti quand vous avez vu le film terminé ?

Oh, je n’ai pas vraiment réussi à tout assimiler du premier coup ! (il rit) Je crois que j’étais très fier du travail accompli par toute l’équipe.

Vous avez dû bosser dur pour devenir comédien...

Je n’avais jamais vraiment joué avant ce film. Deux mois avant le tournage, je me suis lancé avec un coach en comédie. C’était un voyage extraordinaire. Physiquement, j’ai dû changer aussi. J’ai perdu une dizaine de kilos, je mangeais très peu, je faisais de la barre au sol... En amont, il y a eu tout une réflexion, un cheminement autour de ma féminité.

Etes-vous étonné d’avoir pu exposer ce thème dans un film destiné à faire de gros scores en salles ?

Cela va au-delà de ces potentiels gros scores. Je sais que Ruben [Alves, ndlr] est quelqu’un d’authentique, très humain et lucide sur beaucoup de choses. Avec Miss, on veut porter un message de tolérance, d’amour et d’espoir. Si le film peut aider à changer les regards, lever des réticences et aider certaines personnes à s’assumer, ce sera très bien. Je suis quelqu’un de relativement positif, vous savez.

Miss ne raconte pas votre histoire, mais vous avez largement inspiré Ruben Alves ?

Le film n’aurait jamais existé si on ne s’était pas rencontrés. Au départ, il m’avait contacté sur Instagram, pour un téléfilm. Je ne le connaissais pas, mais quand il m’a montré son premier film, La Cage dorée, j’ai adoré. J’y suis allé au culot : je lui ai dit que si on travaillait ensemble, ce serait pour le cinéma. On s’est assis à la terrasse d’un café et on a réfléchi : comment magnifier ma féminité ? Au départ, il m’a parlé de la figure de Marianne. Ouais, bof... Puis il a évoqué Miss France. On a éclaté de rire et je lui ai lancé : « Fais de moi une miss ».

Vous êtes fan de Miss France ?

Pas du tout. En fait, je ne regarde jamais l’émission. Comme ça tombe souvent près de mon anniversaire, soit je décuve, soit je fais le ménage après une grosse soirée !
évoquer l’acceptation de soi et l’envie de sortir des normes à travers ce concours, ce n’est pas paradoxal ?

Je ne sais pas, je n’ai jamais vraiment été pour ou contre le concours Miss France. Il existe, c’est tout. Il ne faut pas chercher à tout intellectualiser, tout politiser en permanence. Ces filles s’éclatent. Il faut revenir aux paillettes, au rêve. Après, d’autres concours moins normés existent. Il faut se sentir beau au-delà des codes qu’on nous propose. Les symboles, chacun leur fait dire ce qu’il veut. Dans le film, le personnage d’Isabelle Nanty trouve que le défilé en bikini dégrade les filles. Celui de Pascale Arbillot lui réplique que ce maillot a incarné l’émancipation à une époque.

La mère maquerelle incarnée par Amanda Lear, offre un autre point de vue...

Amanda représente tellement de choses... Elle a vécu mille vies, elle a aussi subi des rumeurs horribles, on disait qu’elle était un homme. À l’écran, elle prononce des mots qui me parlent : « Tu ne seras jamais une vraie femme. Mais sois authentique dans ta féminité. »

Sur les réseaux sociaux, vous échappez aux commentaires agressifs ?

Sur mes comptes personnels, je ne reçois rien de négatif. J’ai vu passer des commentaires de membres de la communauté LGBT qui n’ont pas vu le film et doutaient un peu de notre démarche. On a souhaité les inviter à des projections pour qu’ils se fassent une idée. C’était nettement plus dur quand je suis apparu dans une pub pour des chips. C’était à l’époque de la Manif pour tous, la parole s’est libérée de manière agressive. Mais beaucoup d’autres avaient pris ma défense. ça équilibrait.

Pas toujours simple d’affronter le regard et les sarcasmes des autres quand on grandit dans un village d’un peu plus de 2 000 habitants et qu’on affiche sa « différence ».

Fort heureusement pour lui, à l’inverse d’Alex, le personnage qu’il incarne dans Miss, Alexandre Wetter a toujours été choyé. Pierre-Yves, le papa ingénieur en pétrochimie, et Nathalie, la maman aide-soignante et conseillère municipale de La Roquebrussanne, partagent « un goût pour l’imaginaire et la fantaisie ».

« Mettez ma mère, juive séfarade, devant un spectacle de travestis et elle s’éclatera », glisse Alexandre Wetter. « Gamin, j’avais voulu me déguiser en fée pour le carnaval. Ma maman m’avait acheté la baguette magique et la tenue. Mon père, lui, m’avait maquillé avec des étoiles sur le visage. »
Déjà déterminé à « attirer l’attention » et « recevoir de l’amour », le petit Alexandre prenait un malin plaisir à imiter un personnage culte d’élie Kakou. « Je faisais Madame Sarfati et tout le monde se marrait. »


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