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A la recherche de Dali

Mis à jour le 06/07/2019 à 10:10 Publié le 06/07/2019 à 10:10
En 1938, Salvador Dali peint, à quelques encablures de Monaco, la toile Violettes impériales, l’un de ses chefs-d’œuvre dont l’atmosphère angoissante est vue comme une prémonition de la Seconde Guerre mondiale. 
En compagnie de sa muse, Gala, il séjourne alors dans la villa de Coco Chanel à Roquebrune.

A la recherche de Dali

Inaugurée hier soir par le souverain, l’exposition au Grimaldi Forum passe derrière le personnage médiatique pour raconter l’obsession de l’artiste, toute sa vie, pour la peinture

À six ans, je voulais être Napoléon, et je ne le fus pas. À quinze ans, je voulais être Dali et je le fus. À vingt-cinq ans, je voulais devenir le peintre le plus sensationnel du monde et j’y suis arrivé ». Du Dali dans le texte ! Exubérant, égocentrique, excentrique.

Salvador Dali est une figure de l’Histoire de l’Art. Un artiste qui a façonné son personnage médiatique aussi finement que ses œuvres. L’exposition estivale qui lui est consacrée tend, en une centaine de toiles, à montrer un autre Dali, moins dans le paraître et plus dans l’authenticité.

« C’est une rétrospective de l’artiste, pas du showman. Ce que nous souhaitions c’est expliquer Dali d’une manière différente et montrer à quel point il était obsédé par la peinture, qui était sa vraie raison de vivre », souligne Montse Aguer, commissaire de l’exposition. Elle est la spécialiste la plus pointue au monde sur l’artiste, puisqu’elle dirige les musées qu’il a laissés en héritage à son pays, en Catalogne.

Voyage hétéroclite

Après la civilisation égyptienne en 2018, le Grimaldi Forum renoue cet été avec un projet monographique, consacrant tout l’espace Ravel à Salvador Dali. « Trois années de préparation d’une exposition complexe », souligne la directrice générale, Sylvie Biancheri. Qui comptabilise des prêts de la fondation de l’artiste, du musée Reina Sofia à Madrid et du Salvador Dali Museum de St Petersburg en Floride.

Le scénographe William Chatelain s’est inspiré de la maison de Portlligat, véritable territoire intime de l’artiste pour articuler la visite et conduire le public dans ce dédale de toiles. Ponctué, forcément, de beaucoup de portraits, comme si le maître catalan observait ses visiteurs à chaque coin de salle. Lui qui considérait que le regard d’un spectateur achevait une œuvre.

Dans l’entreprise de montrer Dali avant tout comme un peintre assidu, ce qui est frappant dans son parcours, est que l’étudiant des Beaux-Arts s’est frotté à tous les styles - ou presque - qui jalonnent l’Histoire de l’Art du XXe siècle. Impressionnisme, Cubisme, un instant tourné vers l’Abstraction en 1928. Puis passionné par l’Hyperréalisme américain. Et poisson dans l’eau dans le Surréalisme. La somme donne un voyage pictural hétéroclite. Qui peut surprendre le visiteur. Voire le déboussoler. Ne cherchez pas les montres molles par exemple, elles n’y sont pas.

Inspiré par les grands maîtres

L’un des chefs-d’œuvre montré en Principauté, ce sont les Violettes Impériales. Une peinture exécutée en 1938, sombre et inquiétante, qui frappe de l’angoisse qui se dégage de ce paysage marin plongé dans le noir. Certains y voient une prémonition de la Seconde Guerre mondiale. L’œuvre est aussi liée à Monaco. Le titre vient à Dali lors d’une projection au cinéma de Monte-Carlo. Il peint ensuite la toile alors qu’il séjourne à la villa La Pausa, propriété de Coco Chanel à Roquebrune. Des photos illustrent d’ailleurs ces moments privés de création où sa muse et épouse, Gala, est première spectatrice.

Le souci de l’exposition est d’être toujours didactique, replaçant le travail dans son contexte pour comprendre aussi la progression de l’artiste sur la toile. « Ma peinture est une photographie en couleurs faite à la main », disait Dali.

Toute sa vie, il sera inspiré par des grands maîtres. Mi-cabot, mi-mégalo, il avait le culot de tenir une comptabilité en leur mettant des notes. La dernière salle en retient cinq (Vermeer, Raphaël, Velazquez, Leonard et Picasso, seul contemporain de la liste), les seuls à qui il avait mis 20/20. Pour un face-à-face de leurs toiles avec les créations de Dali. On y voit alors l’hommage d’un peintre passionné, qui aura passé sa vie un pinceau à la main.

Iconoclaste et figure surréaliste, Salvador Dali est la star de l’été au Grimaldi Forum. Le souverain et l’infante Cristina ont posé devant ce portrait signé par Andy Warhol.
Iconoclaste et figure surréaliste, Salvador Dali est la star de l’été au Grimaldi Forum. Le souverain et l’infante Cristina ont posé devant ce portrait signé par Andy Warhol. Jean-François Ottonello
Montse Aguer, qui dirige les musées de Dali en Catalogne, a accompagné le prince Albert II et l’infante Cristina, fille cadette de Juan Carlos, durant la visite.

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