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Quelles vertus et quelle clientèle pour le cannabis "light" vendu à Beausoleil?

Mis à jour le 19/12/2019 à 09:06 Publié le 19/12/2019 à 11:50
"Nos produits ne sont pas à destination thérapeutique car nous ne sommes ni pharmaciens, ni médecins. On est sur un créneau bien-être", affirme le gérant de la chaîne de magasins.

"Nos produits ne sont pas à destination thérapeutique car nous ne sommes ni pharmaciens, ni médecins. On est sur un créneau bien-être", affirme le gérant de la chaîne de magasins. Jean-François Ottonello

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Quelles vertus et quelle clientèle pour le cannabis "light" vendu à Beausoleil?

Depuis octobre, la boutique CBD Shop France propose des articles à base de cannabidiol à Beausoleil. Si le gérant ne vante pas un discours médical, ces produits relaxeraient les personnes malades et anxieuses

Une boutique sobre aux murs vert pomme, nichée au bout de la rue Pasteur, à deux pas de la frontière avec Monaco. À l’intérieur, la décoration est sommaire : un bureau, un drapeau de feu Bob Marley, une grille tarifaire des produits vendus. Et, sur un pan de mur, des textes de loi scotchés.

Car sur le comptoir de CBD Shop France, ouvert depuis le 24 octobre à Beausoleil, sont vendus des articles un peu particuliers... Alors, le gérant des lieux veut la jouer réglo en attestant qu’il demeure dans les clous.

Des herbes à infuser (10 à 15 euros le gramme, selon la variété et la plantation), des huiles essentielles, du e-liquide pour les cigarettes électroniques, des sucettes à base de... CBD. Comprendre le cannabidiol, une molécule de chanvre contenue dans la plante de... cannabis. Une substance à effets non psychoactifs.

Au contraire du THC (1), inscrit sur la liste des stupéfiants, qui procure cette sensation de "défonce". "Le THC va troubler l’état du système nerveux et va jouer sur la vue, l’ouïe, le comportement. Le CBD, non, tranche Laurent Jacquot, gérant de la boutique. Nos produits CBD sont importés de Suisse, Autriche et Italie et possèdent un taux de THC inférieur à 0,2 %." La teneur maximum légale en France.

En revanche, le flou juridique est total sur le CBD qui n’apparaît dans aucun texte de loi. Ni interdit, ni autorisé, serait-on tenté de caricaturer, même si une note de la MIDELCA (2), datant de juin 2018, ne l’autorise pas.

"Beaucoup
de clients malades
ou anxieux"

Toujours est-il que bon nombre de clients poussent la porte de ce genre de coffee shop. "Les mineurs y sont bien entendu interdits, clarifie Laurent Jacquot. La clientèle est mixte : de 30 à 90 ans. On a beaucoup de gens qui sont malades ou anxieux."

Car - avec cette réserve qu’il n’existe pas à ce jour de consensus scientifique sur la question - les produits à base de CBD sont loués pour leurs vertus relaxantes. Pour certains patients atteints de graves maladies, ils seraient même une alternative sérieuse aux médicaments. Avec une atténuation de la douleur à la clef.

Mais le discours du patron de la chaîne CBD SHOP, Franckie (3), se veut légèrement différent. "Nos produits ne sont pas à destination thérapeutique car nous ne sommes ni pharmaciens, ni médecins. On est sur un créneau bien-être", affirme-t-il. Une sémantique bien huilée.

Car pour les revendeurs de produits contenant du CBD, il est interdit de vanter une quelconque vertu médicale ou effet thérapeutique, sous peine de s’exposer à des sanctions pénales.

Un sujet sensible

En France, le sujet est donc sensible ; c’est pourquoi, à leurs balbutiements, beaucoup de ces coffee shop ont été contrôlés voire fermés. Un assouplissement général a ensuite été constaté, notamment dû au contexte de l’expérimentation du cannabis thérapeutique en France, autorisée le 25 octobre dernier par les députés de l’Assemblée nationale (lire ci-dessous). Seules les conclusions de cette expérimentation de deux ans donneront une idée claire (et scientifique) sur le sujet.

Qu'en dit
la préfecture
des Alpes-Maritimes ?

Sollicitée sur le sujet des coffee-shops et de la vente des produits à base de CBD, la préfecture des Alpes-Maritimes a réagi : "Le ‘‘cannabis light’’ se caractérise par sa faible teneur en tétrahydrocannabinol ou THC (< 0,2 %) et sa forte concentration en cannabidiol ou CBD (...) Seul le THC est classé en tant que substance, comme stupéfiant. Les interrogations suscitées par ces produits portent notamment sur la présence de THC, même à faible concentration, et sur l’emploi de CBD et la mise en avant de ses prétendues propriétés pour la santé. La Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG) a transmis aux procureurs de la République, en 2018, une dépêche rappelant les dispositions en matière de stupéfiants applicables aux produits à base de ‘‘cannabis light’’ et les infractions susceptibles d’être relevées dans les établissements commercialisant ces produits. Il ressort de cette dépêche, que la grande majorité des infractions pouvant être relevées à l’encontre des établissements s’appuient sur la législation du Code pénal et du Code de la santé publique, en matière de stupéfiants ou de médicaments.
Les agents de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ne sont pas habilités pour rechercher et constater ces infractions. Par conséquent, au regard de la législation actuelle, il semble que les services de police et notamment la brigade des stupéfiants soient les plus à même d’engager des suites."

L'expérimentation, votée à l'Assemblée nationale, durera deux ans en France.
L'expérimentation, votée à l'Assemblée nationale, durera deux ans en France. AFP

Le cannabis thérapeutique
sera expérimenté
en France dès 2020


Sur des patients atteints de pathologies lourdes, les antidouleurs classiques n’agissaient pas ou plus. Alors, en dehors des cadres légaux, ils s’adonnaient à la "fumette" ou utilisaient le cannabis sous d’autres formes pour soulager leurs maux.
Le 25 octobre dernier, l’Assemblée nationale a autorisé une expérimentation du cannabis thérapeutique – après avoir reçu l’aval de l’Agence du médicament – qui pourrait changer la donne pour bon nombre de patients gravement malades.
On fait le point.

La France pionnière ?
Loin de là. Bon nombre de pays usent déjà du cannabis à des fins médicales. En la matière, ce sont le Canada, les Pays-Bas ou encore Israël qui en ont été les précurseurs. Aux États-Unis, 33 États ont recours au cannabis thérapeutique, lequel est également légalisé dans six pays d’Amérique latine. Enfin, 21 des 28 pays de l’Union Européenne l’ont adopté à des degrés divers.

Quel type de maladie ?
L’expérimentation concernera des personnes souffrant de graves maladies : certaines formes d’épilepsies, d’effets secondaires de chimiothérapie, de soins palliatifs, de douleurs neuropathiques ou contractions musculaires incontrôlées de scléroses en plaques. Environ 3 000 malades devraient être concernés.

Sous quelle forme ?
L’Agence du médicament s’est prononcée en faveur de modalités d’administration assez larges : le traitement pourra ainsi être des tisanes, des fleurs séchées ou des huiles.

Quel cadre ?
L’expérimentation débutera en début d’année prochaine pour une durée de deux ans. "Avec des médecins formés à la prescription et un vrai suivi scientifique", avait détaillé le député de l’Isère, rapporteur du budget de la Sécu, Olivier Véran (LREM), également neurologue de profession.
Elle sera menée dans des centres hospitaliers après une prescription initiale hospitalière signée par un médecin spécialiste, un neurologue ou un médecin de la douleur. Lesquels suivront ainsi l’effet positif et les éventuels effets indésirables de ces traitements.


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