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Ils lancent une opération de solidarité pour soutenir les habitants du Vieux-Nice fragilisés par la crise

Au démarrage de la crise sanitaire, pour lutter contre le durcissement de la précarité dans leur quartier du Vieux-Nice, l’association La Semeuse a eu l’idée du chéquier solidaire Pilha Leva. Un coup de pouce pour les familles et les commerçants partenaires.

Gaëlle Belda Publié le 25/07/2021 à 18:00, mis à jour le 07/09/2021 à 16:21
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Un chéquier pour soutenir des foyers fragilisés par la crise sanitaire, et se faire plaisir chez les commerçants du quartier. Photo Léo Césarino

Le premier confinement a lourdement grevé les budgets des foyers déjà en difficulté. Accentuant encore les disparités. Les commerçants, contraints de baisser le rideau de fer ont aussi énormément souffert. L’association La Semeuse a elle aussi été forcée de fermer ses portes. Mais quand on a un rôle social depuis 1904, pas question d’appuyer sur pause. 

Sous l’égide de Christophe Tassano, directeur général, l’équipe a planché sur plusieurs idées qui permettraient de soutenir les familles et la vie de quartier. Qui offriraient de maintenir une forme de lien, de consommer utile mais aussi avec plaisir. C’est ainsi que "Pilha Leva" a émergé. Un carnet composé de bons d’achats. L’équivalent de 50 euros à dépenser dans dix-neuf boutiques partenaires.

"Le petit chèque 100% solidaire"

Pour mettre sur pied l’opération, il a fallu se structurer. Caroline Renault, 24 ans, a donc démarré son service civique à La Semeuse avec pour mission de mener à bien le projet Pilha Leva. Une aventure humaine qui a notamment consisté à aller démarcher les commerçants. Comme à recenser les familles les plus touchées. Travailler au budget, communiquer, etc. Une fois tout mis bout à bout, cinquante foyers pouvaient bénéficier de cette aide.

 

"C’est une micro-opération", explique le directeur. Avant de poursuivre: "Mais on espère bien qu’elle fera des petits. Nous avons sollicité une aide pour ça, afin de l’étendre sur notre secteur d’intervention… mais si on peut aller au-delà du quartier, c’est encore mieux."

Une jolie ambition à laquelle croit Caroline Renault. Elle sourit: "Les gens ont très bien accueilli l’initiative. Adhérents ou non-adhérents de La Semeuse. Et les commerçants aussi. Tout le monde avait besoin d’un peu de bonheur…"

Il y a quelques jours, des carnets ont été joyeusement distribués… Pilha Leva est officiellement lancé.

Pour qui et pour acheter quoi?

Photo Léo Césarino.

Boulangerie, glacier, coiffeur, pharmacie, librairie, savons, bijoux, restaurant, théâtre, vêtements… Le mot d’ordre: se faire plaisir. Caroline Renault explique: "Pour rebooster le mental des gens, il fallait qu’ils puissent s’offrir des petites choses que l’on a jugé… inutiles. Alors qu’elles sont tellement utiles! Pour le moral, pour l’estime de soi, pour les souvenirs."

Nathalie Laurent sort tout juste de chez "Bérénice et Eglantine". Elle s’est offert un joli petit savon pendant sa pause boulot. Un sourire immense barre son visage: "Je me fais un petit plaisir. Je suis contente, la commerçante est contente… tout le monde est content!" Elle rit. 

On a le projet d’aller manger une glace tous les deux.

Elle est l’une des premières bénéficiaires du petit chéquier 100% solidaire. "J’ai un fils de 7 ans qui est adhérent de La Semeuse depuis qu’il a trois ans. On s’est mis d’accord tous les deux: je me fais mon petit cadeau, il a envie de s’acheter un livre… on ira. Puis on a le projet d’aller manger une glace tous les deux. Bref, on va en profiter un peu."

 

Dans la boutique Bérénice Cloisson est enchantée. Engagée dans une démarche zéro déchet et auprès d’artisans locaux, Pilha Leva colle parfaitement à sa philosophie. "C’est de l’économie circulaire et moi j’adhère. Je suis vraiment ravie d’être partenaire. On se sent soutenus, ça nous permet de soutenir aussi les gens avec lesquels on travaille, c’est top."

Une opération qui se veut inspirante

Photo Léo Césarino.

Eclabousser tous les quartiers de la ville… c’est un rêve avoué. Jacqueline Luu, adjointe au chef d’établissement, à La Semeuse, acquiesce. C’est exactement le discours qu’elle tiendra, avec le directeur général, dans les artères de la vieille ville en croisant Marie-Claire Lellouche, commerçante et conseillère municipale. Mais ils prêchent une convaincue: son époux, Jean-Pierre Lellouche, est en bonne place dans la liste des partenaires. 

Il vend des tissus, dans sa boutique "Actuelle" mais il est aussi le président des commerçants de son quartier, le Vieux-Nice. "Ce joyau", comme il aime à le souffler.

 

"Cette opération nous aide aussi à nous faire connaître des locaux. Il n’est pas si simple d’exister dans une rue qui a changé quatre fois de nom, qui est sur le chemin de la mer - donc on avance sans trop regarder. Pilha Leva est encore timide, ce n’est que le début, mais ça peut vraiment redynamiser le tissu commercial du quartier."
Il mesure tout le potentiel d’une telle action. "On a 750 commerces entre Garibaldi et Massena, près de 450 adhérents à notre association de commerçants, c'est dire si le potentiel est grand. Et si les possibilités d’étendre une aussi belle opération le sont aussi."

Donner un peu d’air, de l’espoir, inspirer.

Parce que cinquante chéquiers… c’est très peu. C’est assez loin du besoin réel et grandissant. Christophe Tassano insiste: "Nous avons lancé les choses grâce à nos fonds propres. Nous ne pouvons pas aller au-delà pour le moment… mais l’idée c’est de donner un peu d’air, de l’espoir. Et d’être inspirants."

Etoffer, étendre, perdurer. 
Parce que les effets néfastes de la crise sanitaire n’ont, eux, malheureusement pas fini de se faire sentir.

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Estimez-vous qu'il y a suffisamment d'initiatives pour venir en aide aux personnes fragilisées par la crise sanitaire? N'hésitez pas à m'écrire pour me faire part de vos réactions, ou pour partager des opérations qui mériteraient d'être mise en avant dans notre rubrique #Solutions.
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