Il crée des pulls à base de marc de café à Monaco

Le créateur a imaginé une ligne de vêtements tissés dans une laine novatrice qui mélange du mérinos et des résidus de café. Il vient d’ouvrir sa première boutique en Principauté où il est né.

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CEDRIC VERANY Publié le 15/10/2022 à 17:04, mis à jour le 15/10/2022 à 18:15
Portant de pied en cap ses créations, le designer Alexis Giannotti a imaginé aussi sa boutique avenue de l’Annonciade. (DR)

C’est une manière de répondre aux prédictions d’un hiver où il sera nécessaire de baisser son chauffage et aux accusations face à la mode d’être une des industries les plus polluantes au monde. Chez Alexis Giannotti, les vêtements sont chauds et responsables. L’entrepreneur avec sa marque éponyme vient d’ouvrir son premier showroom en Principauté, avenue de l’Annonciade. Il y commercialise une gamme qu’il dessine pour hommes et femmes de pulls et accessoires minimalistes et urbains en laine. Une laine particulière, pensée pour être écoresponsable et composé de mérinos prélevé sur des moutons neo-zelandais... et de résidus de café. Le mariage peut paraître incongru (lire encadré) mais donne lieu à un matériau novateur qui place le créateur dans la case d’une mode vertueuse.

Des débuts dans le sportwear

Flashback sur sa carrière. Après une enfance en Principauté, Alexis Giannotti - qui a ses racines paternelles en Italie et maternelles en Finlande et Russie - bac littéraire en poche, prend la direction de Florence en Toscane où il entame des études d’architecture. La discipline le passionne mais les mathématiques - nécessaires pour calculer les projets - le bloquent.

Sa créativité, Alexis l’exploite alors pour développer une première marque de vêtements de sport. De surf et skate en particulier, activités qui le passionnent. Son passage à l’école Polimoda à Florence lui permet d’acquérir les savoirs dans le domaine pour faire naître en 2014, Omogene, sa première griffe dédiée au sportwear avec des vêtements étudiés pour la pratique sportive, en matériaux synthétiques. « En 2018, j’ai lu dans une revue scientifique les effets ravageurs du plastique sur les océans. Ces microplastiques s’insinuent de l’eau et une bonne partie de cette pollution textile provient du lavage de nos vêtements. Pour résumer je me suis rendu compte qu’avec les habits en synthétique que je concevais, j’étais en train de détruire la planète ».

Le créateur ouvre alors ses antennes à la recherche de matériaux plus sains et plus nobles. Le polyester recyclé ne le convainc pas, ni les matières dérivées de plastiques réutilisés.

« Trouver une matière plus propre »

Il se fixe rapidement sur la laine, « qui est le plus ancien matériau utilisé pour les vêtements, qui ne nécessite pas de stretch. La laine mérinos de nos grands-pères, c’est une matière plus propre, parfaitement biodégradable, qui a différents degrés de finesse. Plus c’est fin moins ça gratte ».

 

Le mérinos est choisi en Nouvelle-Zelande et certifié. C’est le que la marque de la Silicon Valley, Allbirds, utilise pour faire ses baskets. Et articule une gamme de vêtements aux couleurs douces où le bleu domine. Le bleu Betty. « C’était le bleu de ma grand-mère, je lui dédie comme un hommage car elle m’a beaucoup encouragé depuis le début de mon aventure dans la mode et malheureusement elle est décédée en 2019 avant de voir la naissance de ma marque ».

Ce bleu est devenu l’emblème du créateur et le coloris évoque aussi l’océan qu’il aime autant.

On ne voit pas la mer depuis la boutique, avenue de l’Annonciade, mais Alexis a imaginé un lieu responsable avec des étagères et du mobilier en bois non traité. Et des emballages en papier biodégradable avec anse en mérinos, forcément ! En parallèle, le e-store distribue à l’étranger les produits de la marque établie en Principauté, mais qui ne porte pas le nom de Monaco. « Je tenais à rester minimal, même si c’est porteur » précise le créateur, « mais je dis toujours que je suis une marque monégasque ».

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