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Est-il vrai qu'on risque une pénurie d'essence au moment des départs en vacances cet été?

La rédaction Publié le 03/06/2022 à 08:35, mis à jour le 03/06/2022 à 08:25
Pourra-t-on faire le plein cet été sur la route des vacances? Photo Dylan Meiffret

Question de Pierre

Est-il vrai qu'on risque une pénurie d'essence au moment des départs en vacances cet été?

Bonjour Pierre, 

Votre question semble faire référence au directeur exécutif de l'Agence international de l'énergie. Dans une interview au journal allemand Der Spiegel, Fatih Birol a affirmé: "Lorsque la saison des vacances débutera en Europe et aux États-Unis, la demande en carburant augmentera. Il pourrait alors y avoir des pénuries: par exemple de diesel, d'essence ou de kérosène, surtout en Europe".

Les professionnels rassurants...

Des propos qui ont immédiatement suscité une vive inquiétude de la part des consommateurs. Mais les professionnels français ne partagent pas cette vision alarmiste.

"Nous ne prévoyons pas de pénurie en France, ni en pétrole brut, ni en gazole", a par exemple réagi Olivier Gantois, président de l'Ufip Énergies et Mobilités, qui regroupe les grands groupes pétroliers en France. "Les approvisionnements sont déjà organisés. Heureusement, on n'attend pas le 3 juillet pour se demander si on va avoir du carburant pour les stations-service pour le week-end qui suit", souligne-t-il.

 

Les acteurs avaient eu le temps de se préparer à un embargo qui ne sera d'ailleurs mis en place que progressivement, ajoute Francis Pousse, président de la branche des Stations-service et énergies nouvelles de Mobilians, organisation professionnelle du secteur automobile. "L'ensemble de la filière cherche et trouve d'autres sources d'approvisionnement puisque ça fait deux mois que l'on sait que cela va se passer", souligne-t-il, en allusion aux longues discussions des Européens avant de parvenir à un compromis sur un embargo progressif.

... le gouvernement aussi

"Aujourd'hui, le pétrole continue d'être importé" de Russie, a aussi rappelé la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, sur France Info. "Nous remplaçons au fil de l'eau, on n'a pas vocation à diminuer brutalement nos importations de pétrole" mais à les "diversifier", a-t-elle souligné.

La ministre a aussi rappelé l'existence de stockage stratégiques de brut et de produits finis, qui représentent normalement 29,5% des volumes consommés en une année, soit plus de trois mois.

Du carburant, mais à quel prix?

Du côté des prix, le litre de carburant évolue en France à un niveau élevé mais toutefois loin des records du mois de mars, quand il dépassait les 2 euros, grâce en particulier à une ristourne à la pompe mise en place par le gouvernement.

 

Le litre de gazole valait en moyenne 1,8281 euro la semaine dernière et celui de super sans plomb 95-E10 1,9293 euro. Le second est ainsi redevenu plus cher que le premier, comme c'est traditionnellement le cas, sous l'effet de plusieurs facteurs, notamment la forte demande saisonnière de sans plomb aux Etats-Unis.

Pour l'avenir, il reste difficile de prédire l'évolution des prix ces prochaines semaines dans un contexte rendu incertain par le conflit en Ukraine. "Ma prédiction, pour ce qu'elle vaut, c'est que les prix vont rester élevés voire continuer à augmenter", avance Olivier Gantois.

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