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Elles font des chapeaux pour les femmes victimes de cancer

Mis à jour le 17/07/2019 à 11:29 Publié le 17/07/2019 à 18:00
Parmi les ateliers des Chapeaux de Martine, celui d’Hyères compte chaque semaine une douzaine de chapelières bénévoles.

Parmi les ateliers des Chapeaux de Martine, celui d’Hyères compte chaque semaine une douzaine de chapelières bénévoles. Photo DR

Elles font des chapeaux pour les femmes victimes de cancer

Née dans la Manche, l’association présidée par la Varoise d’adoption Martine Lebouteiller, réalise des coiffes pour habiller les têtes de femmes victimes d’alopécie, en raison le plus souvent, de traitement par chimiothérapie.

Hyères, le lundi après-midi*: dans les locaux gracieusement mis à disposition par la mercerie Tree Cottage, une douzaine de "chapelières amatrices" se retrouvent sous la houlette de Laurence Desponts et Isabelle Marais. Là, elles papotent et, sans chipoter, fabriquent des chapeaux au profit de l’association présidée par Martine Lebouteiller.

Les Chapeaux de Martine ont vu le jour, dans la Manche. "Cette année-là, j’ai appris que je souffrais de deux cancers...", raconte la présidente, alors âgée de 55 ans.

La chimiothérapie est inévitable.Ses conséquences également. "Mais les perruques, c’était pas pour moi.J’avais l’impression de me cacher", sourit Martine.Ses filles, Justine et Céline (alors âgées de 28 et 33 ans), ont à leur actif des études de mode avec option chapellerie. Et décident, tout naturellement de coiffer la tête de leur mère.

"Et puis, elles se sont dit que si c’était bon pour moi, cela pouvait l’être pour d’autres personnes", ajoute Martine. Dans le petit village d’Orval-sur-Sienne, le maire est tout de suite partant, et met à disposition un local afin que les "chapeauteuses", comme aime les appeler Martine, organisent leur premier atelier.

Des accessoires et des bandeaux

Au début, l’association s’adresse aux différents services d’oncologie pour promouvoir son action, entièrement bénévole et gratuite. "Mais nous étions loin d’imaginer que ça allait prendre de telles proportions...", explique aujourd’hui la présidente. L’année suivante, les "Chapeaux" sont sur Facebook. "Et nous avons reçu de plus en plus de demandes, via Internet."

Les ateliers se multiplient: "On était surprises de recevoir des appels en ce sens", se souvient encore notre interlocutrice. Au début, les filles de Martine partagent leurs secrets de fabrication, puis "on est aussi allé chercher des patrons sur Internet. Mon compagnon, ingénieur de formation, se charge de les mettre à la bonne échelle si besoin." Et puis, "de plus en plus de couturières viennent dans nos ateliers." De quoi alimenter le catalogue.

"La première année, on a fait quelque 150 chapeaux", confie Martine. Plus de 5.100 l’an dernier. "Et là, en mai, on était déjà à plus de 4.000!" Si avec Martine, on ne fait ni les chapeaux de paille ni les feutres – "nous n’avons pas les formations pour cela, et puis le feutre coûte horriblement cher" –, le champ d’intervention s’est élargi aux accessoires: les bandeaux pour commencer, "et on nous a aussi demandé des sacs pour cacher les infuseurs, les stomies, les poches à urine, etc. On répond aux demandes…", poursuit encore la présidente.

Le service proposé est entièrement gratuit: "Les chapeaux que nous réalisons sont donnés, nous payons même les frais de port si besoin." Et le nombre n’est pas non plus limité. "Si une femme veut dix chapeaux, elle les prend."

Pour parvenir à ce résultat, les chapeauteuses s’appuient sur des dons, de tissus notamment. "À l’exception des fils, nous n’achetons pas les matières premières", ajoute-t-elle encore, confiant même que dernièrement, la direction de l’hôtel Bristol, le palace parisien, leur a fait don de tous les rouleaux de tissus qui lui restaient…

"Notre plus belle récompense, c’est quand vous voyez une jeune femme arriver dans un service de chimiothérapie et qui, après 20 minutes d’essayage – car les modèles ne vont pas à toutes les jeunes femmes ! –, repart avec un joli sourire, son chapeau sur la tête."

Le travail des Chapeaux de Martine a même été qualifié de "soins de support" comme le yoga, par exemple. "Ça aide beaucoup la personne malade. Ça aussi, c’est une belle récompense", conclut Martine.

Installée depuis plusieurs années dans le Var, à Varages, Martine suit de près le maillage de la structure, accompagne la création de certains ateliers: "chaque rentrée, on en voit fleurir.Nous avons même un projet en Espagne."

C’est comme ses chapeaux, qui habillent des têtes et des visages un peu partout en Europe et au Moyen-Orient. "Même à l’étranger, nos chapeaux sont utiles."

*L’atelier fait une pause durant la saison estivale.


Savoir+
L’association – dont le budget de fonctionnement est de 10.000 € annuels – compte 25 ateliers sur le territoire. "Il existe aussi des ateliers ponctuels."
Mail: leschapeauxdemartine@gmail.com
Facebook : Les Chapeaux de Martine.

Les bénévoles sont toujourslà pour présenter leurs créations dans les hôpitaux, comme icià Sainte-Musse à Toulon.
Les bénévoles sont toujourslà pour présenter leurs créations dans les hôpitaux, comme icià Sainte-Musse à Toulon. Photo DR

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