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De Cap 3000 au marché de Noël, le bleu est de saison

Du bleu dans les galeries marchandes.

Publié le 23/12/2015 à 05:12, mis à jour le 23/12/2015 à 05:12
Dans les allées de Cap 3000, trois agents de la bac patrouillent en tenue, munis d'un fusil-mitrailleur. Objectif : se montrer et rassurer.
Dans les allées de Cap 3000, trois agents de la bac patrouillent en tenue, munis d'un fusil-mitrailleur. Objectif : se montrer et rassurer. Jean-Sébastien Gino-Antomarchi

Du bleu dans les galeries marchandes. Du bleu dans les allées du marché de Noël. Des grands centres commerciaux aux stands de produits locaux, une même petite musique résonne en cette fin d'année sur la Côte d'Azur : sécurité, sécurité, sécurité. Reportage avec deux patrouilles de police à Cap 3000 puis au marché de Noël de Nice, samedi dernier, en plein rush des achats de fin d'année.

« Depuis les attentats, on a vu changer le regard des gens. Ils apprécient de nous voir, et ils se laissent volontiers fouiller ! » Trente-cinq ans d'expérience, et pourtant : rarement ce policier cagnois avait rencontré semblable bienveillance. C'est l'un des effets de l'onde de choc post-13-Novembre, après celle du 7-Janvier. Et c'est le cœur un peu regonflé que ce patrouilleur réserviste s'en va prendre son service au Polygone Riviera.

Trois de ses collègues du commissariat de Cagnes prennent la route inverse. Direction Cap 3000. Eric, le brigadier-chef, et ses deux collègues de la bac sont habitués à opérer en civil. Aujourd'hui, c'est en uniforme, avec gilet pare-balles et fusil-mitrailleur de sortie, qu'ils arpentent les allées du centre commercial. En trio, donc, moins vulnérable qu'un binôme. « C'est la règle depuis les attentats, même si c'est lourd en effectifs », explique le capitaine François Barbier, responsable de permanence.

 

Ces jours-ci, la brigade anticriminalité patrouille tant en tenue qu'en civil. « L'objectif est de se montrer, de rassurer les commerçants et les clients, justifie le capitaine Barbier. Cela répond à la volonté du gouvernement de mettre un maximum d'effectifs sur la voie publique. » Outre la bac, outre le pôle urbain de proximité basé à Saint-Laurent, appel a été fait aux réservistes pour arpenter les grands centres commerciaux du secteur. Entre un Cap 3000 en pleine phase d'extension et le nouveau mastodonte Polygone, le travail ne manque pas...

« Cette année, nous avons fait le tour des commerçants de Polygone en distribuant nos cartes de visite, explique le brigadier-chef Eric. Les commerçants sont de très bons relais. Tout comme les agents de sécurité. L'avantage, dans un bassin de 70 000 personnes, c'est que l'on connaît les populations délinquantes qui opèrent dans ce secteur. »

Outre les policiers, de nombreux agents de sécurité arpentent la galerie marchande. « On a doublé les effectifs depuis les attentats. Mieux vaut prévenir que guérir !, s'exclame Roch-Charles Rosier, le directeur de Cap 3000. Nous contrôlons les entrées avec ouvertures des sacs, des manteaux, passage de la raquette à métaux... Les clients sont contents, ça les rassure. Il y a quelques années, la vue d'un policier armé pouvait choquer ; ce n'est plus le cas. »

Et quand un client, un peu inquiet quand même à la vue du PM Berretta 9 mm, demande : « Est-ce que je peux faire mes courses en sécurité ? », Eric lui répond : « Ce n'est pas plus dangereux qu'ailleurs. Simplement, il faut être vigilant. »

Changement de décor. Cap sur Nice et un autre site très fréquenté ces jours-ci : le marché de Noël. Un marché entièrement regroupé côté Albert-Ier et ceinturé de palissades par la Ville, sécurité oblige. A chacune des entrées, la foule se presse devant le cordon des agents du groupe Hexagone. Pas un visiteur qui n'échappe à la palpation ou à la fouille du sac. Pas un, non plus, pour trouver à moufter.

« Les gens se sentent plus en sécurité du fait de notre présence », assure là encore Pierre, responsable du dispositif chez Hexagone. Parfois, la fouille réserve des surprises. « Certains ont sur eux un couteau ou une bombe lacrymo. Dans ce cas, on le confisque et on le rend à la sortie. » Une sortie où un ASVP se démène pour empêcher les entrées intempestives : « Globalement, les gens jouent le jeu. Enfin, le jeu... On est en état d'urgence, quand même ! »

 

Etat d'urgence, mais aussi plan anti-hold-up. L'actualité tragique a conduit à conjuguer ces deux dispositifs. Et pour le commissaire Elodie Robin, l'un ne va pas sans l'autre. « Nous sommes dans les mêmes endroits, nous surveillons les comportements suspects... Notre présence rassure et, je l'espère, dissuade. »

Du centre Nice-Etoile au marché de Noël via la zone piétonne, les patrouilles se multiplient : bac en civil, BST (brigade de surveillance territoriale) en tenue, police secours, municipale... Là encore, trois policiers en tenue de la BST-centre patrouillent entre les stands de confiserie, fusil-mitrailleur en mains.

Rassurant ? Ou dérangeant ? « Les deux... Et c'est très paradoxal. On se dit : dans quel monde on vit ? », confie Christiane, commerçante sur le stand de foie gras. Pauline et Alexandre, jeune couple de visiteurs, veut positiver : « Il ne faut pas s'arrêter de vivre. Il y a du monde aux stands de nourriture, c'est bon signe... Quand l'appétit va, tout va ! »

Au marché de Noël à Nice, le commissaire Elodie Robin briefe ses collègues de la BST-centre avant la patrouille. A l'entrée, les agents du groupe Hexagone contrôlent chaque visiteur. Marjorie et Ludovic, venus de Cannes avec Sacha, 7 ans, estiment ces mesures rassurantes : « La magie de Noël est quand même là ! »
Au marché de Noël à Nice, le commissaire Elodie Robin briefe ses collègues de la BST-centre avant la patrouille. A l'entrée, les agents du groupe Hexagone contrôlent chaque visiteur. Marjorie et Ludovic, venus de Cannes avec Sacha, 7 ans, estiment ces mesures rassurantes : « La magie de Noël est quand même là ! » François Vignola.

Offre numérique MM+

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