Prudence sur la Pologne, appel à la Russie, crise alimentaire… Ce qu'il faut retenir du discours d'Emmanuel Macron au G20

Emmanuel Macron s'est exprimé à l'occasion du sommet du G20 en direct de Bali, en Indonésie. Un "G20 difficile", qui démarre avec une actualité sensible. Deux objectifs cruciaux pour le président de la République: "pousser la Russie à la désescalade" et de faire toute la lumière sur les missiles qui ont frappé la Pologne quelques heures plus tôt.

Pauline Boussarie Publié le 16/11/2022 à 12:31, mis à jour le 16/11/2022 à 12:37
Emmanuel Macron au sommet du G20, en direct de Bali (Indonésie). Capture d'écran

"Le G20 ne veut pas de la guerre". Emmanuel Macron a donné le ton ce mercredi 16 novembre lors de son discours à l'occasion du sommet du G20 en direct de Bali.

Avec plus de 80 frappes russes enregistrées sur le sol ukrainien durant la journée de mardi, et dans les dernières heures deux missiles tombés en Pologne, c'est dans un climat de tension que se déroule ce sommet international.

Il s'agit d'un "G20 difficile, l'actualité des dernières heures a montré la sensibilité extrême de la situation": voilà l'introduction qu'a choisie le président de la République.

"Faire la pleine clarté sur ces tirs"

A la suite du dramatique incident qui a touché la Pologne, le chef de l'Etat a commencé par présenter ses condoléances et a naturellement apporté son soutien au président polonais et à son peuple.

Alors que le Kremlin a de son côté salué la "retenue" de la réaction américaine après cet incident, le président français a également souhaité rester prudent dans son discours. "Il y a eu ces deux missiles tombés sur le sol polonais. Aujourd'hui, les circonstances ne permettent pas d’attribuer ces tirs. Il nous faut rester très prudents. Nos services travaillent afin d’expliciter ces circonstances et faire pleine clarté sur ces tirs", a-t-il précisé. 

Des travaux menés conjointement et en partie avec les Etats-Unis, alors que le président a expliqué s'être entretenu un peu plus tôt dans la matinée avec Volodymyr Zelensky pour échanger à ce sujet.  

Eviter toute escalade avec la Russie et vers une visite en Chine en 2023

"Il y a eu hier [mardi] une terrible journée pour l'Ukraine", a souligné le président de la République, avant d'ajouter: "La première conclusion de ce sommet est qu'il existe un espace de convergence pour pousser la Russie à la désescalade (...) La grande majorité du G20 condamne la guerre en Ukraine mais au delà de la résolution de l'ONU, le communiqué acte aussi que face à la multiplication des crises, le G20 ne veut pas de la guerre, du chantage nucléaire et que tous ses membres respectent le droit international". 

Emmanuel Macron s'est exprimé au nom des différents pays du G20 et n'a pas manqué de rappeler que d'autres pays s'étaient joints aux grandes puissances autour d'un même message: "Nous avons réuni le Sénégal, le Rwanda, l'Afrique du Sud et le Mexique pour créer des convergences pour avoir un message clair vis à vis de la Russie: la fin de la guerre."

Un message énoncé avec fermeté, avec l'objectif pour le chef de l'Etat de créer une véritable "coalition pour la paix" et ainsi appeler la Russie à "revenir autour de la table des négociations". Et de citer la Chine et l'Inde, comme pouvant avoir "un rôle de médiation plus important" dans cette crise. 

Un événement qui a eu lieu simultanément avec le lancement de ce sommet du G20, mais provocation ou non: "le fait que cela se passe durant le G20 ne doit en rien changer dans notre volonté de bâtir la paix et ramener tout le monde autour de la table. Nous, la France, discuterons avec l'Ukraine mais aussi avec la Russie" a-t-il souligné. Il a précisé avoir discuté avec le président chinois Xi Jinping du "principe" d'une visite en Chine début 2023.

La question de la crise alimentaire 

"Le risque principal de cette guerre est la déstabilisation de nos chaînes alimentaires", a affirmé Emmanuel Macron. 

L'occasion pour le G20 de faire passer le message suivant auprès du Kremlin: "L’accord d’exportation de céréales en mer Noire doit être reconduit à la fin de cette semaine". Les dispositifs mis en place ces derniers mois doivent se poursuivre afin d'assurer la sécurité alimentaire pour tous. 

Depuis août 2022, les corridors alimentaires ont permis d'assurer les livraisons en Europe:  "Le G20 a permis de pérenniser" les décisions prises et mises en place comme les corridors alimentaires. "L'accord de l'ONU a permis de sortir 10 millions de tonnes depuis août (...) Le G20 a envoyé un message très clair au président Poutine, l'accord sur l'exportation de céréales en mer Noire devra être reconduit (...) Sur la question des engrais, nous avons avancé en actant la semaine dernière un nouveau corridor pour acheminer des engrais russes vers l'Afrique".

Une situation qui ne doit cependant pas s'éterniser: "Il serait irresponsable d’imposer des obstacles au commerce agricole", a affirmé le chef de l'Etat. 

Message de solidarité à l’égard du sud

Seulement une semaine après la COP27, où la volonté d'une unité entre les pays du nord et du sud avait été mentionnée, Emmanuel Macron a réitéré son soutien à l'égard des pays émergents dans ce contexte de crise: "Les pays les plus pauvres ne doivent pas payer le prix fort pour une guerre qu’ils n’ont pas voulue"

"La multiplication des crises, nous oblige à aller plus loin et à créer un mouvement de choc de financement vers le sud", a-t-il ajouté. 

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