Des boîtes de nuit à la guerre en Ukraine... Une jeune DJ de Beausoleil part aider son pays d'origine

Dès que le conflit a éclaté, la jeune Beausoleilloise Marie Kasin, qui mixe habituellement dans les clubs de la Côte d’Azur, a souhaité rejoindre les siens, simplement armée de son courage.

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Grégory Leclerc Publié le 05/03/2022 à 14:30, mis à jour le 05/03/2022 à 14:35
Pendant les alertes, la jeune femme et sa famille se retranchent dans le sous-sol, dérisoire abri de fortune. DR

"Notre quotidien ? On n’en a pas. Ça, c’était avant. Nous ne calculons plus les jours. Nous commençons notre journée en regardant les images horribles de l’actualité." Ukrainienne d’origine, Marie Kasin, DJ de 27 ans, est Beausoleilloise depuis huit mois.

Elle se terre aujourd’hui dans une ville de 10.000 habitants de l’ouest de l’Ukraine. Le quotidien, ce mot que l’on exècre parfois dans notre Europe en paix, car synonyme de routine, elle en rêve désormais.

"Nous maintenons simplement la vie, le fonctionnement de la maison. Nous préparons à manger, nous nous occupons des enfants. La nuit, nous entendons régulièrement les sirènes anti-bombardement. Nous réveillons les petits, nous les habillons chaudement et nous nous abritons dans le sous-sol qui n’a rien d’un abri. Mais c’est mieux que rien."

"ça me faisait peur, c’est pour cela que je suis venue"

Il faut s’imaginer l’hiver ukrainien, alors que les canons et les obus de Poutine s’abattent sur le pays. Dehors, il fait - 3°, - 5°. Il faut se lever précipitamment, enfiler parkas, doudounes, gants, bonnets. Et subir la terreur des bombardements. La lumière du sous-sol reste allumée, mais sans danger pour elles: la pièce est aveugle.

Jusqu’à il y a peu, Marie était DJ dans les boîtes huppées de Nice, Cannes, Monaco ou Saint-Tropez. Après des études à Nice, elle avait un temps embrassé la carrière de journaliste en Principauté, avant de se mettre derrière les platines.

 

Mais les paillettes, les tenues de scènes et les "gros sons" ne sont plus d’actualité. Marie est plongée dans la guerre, la vraie. Sans les hommes partis au front, enrôlés d’office dans l’armée. Quand les premiers échos du conflit se sont fait entendre, la jeune femme a souhaité rejoindre sa famille en Ukraine. Elle ne se voyait tout simplement pas ailleurs.

"J’ai vu que la situation se tendait, ça me faisait peur, c’est pour cela que je suis venue". Elle a passé trois jours à Kiev avec ses proches, avant de comprendre qu’il fallait fuir.

"Je ne suis plus DJ, je fais ce qui est utile"

"Nous restions chez nous à Kiev, mais nous avons compris que c’était trop dangereux car nous étions à côté d’un objectif stratégique, l’aéroport. Nous avons entendu des explosions, vu des avions bombardiers, des hélicoptères. Ils n’étaient pas loin. Il fallait partir."

La jeune femme s’est donc repliée dans une maison de famille. Elle s’y cache avec sept femmes et deux petits-cousins. "Hier, ma mère, ma grand-mère et moi sommes allées tisser des filets de protection dans une école locale. Nous faisons des choses inhabituelles. Je ne suis plus DJ ou journaliste, je fais ce qui est utile." 

 

Rentrer en France ? Hors de question. "Mon pays a besoin de moi. Je ne sais pas me battre mais je peux participer à la logistique, à la cuisine. À tellement de choses!"

De quotidien, d’agenda, Marie n’en a plus. Elle sait juste que 200 réfugiés vont bientôt arriver. Des femmes, des enfants, comme toujours. Marie n’est armée que de son courage et de sa détermination. Mais elle est prête. Elle ne baissera pas les bras.

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