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Pour Yuri Buenaventura, "la culture est une question de santé publique"

Avant son concert au festival du Mas des Escaravatiers, l’immense artiste colombien Yuri Buenaventura nous a parlé de ses pays, natal et d’adoption, et de ses projets.

Florian Simeoni Publié le 25/07/2021 à 14:45, mis à jour le 25/07/2021 à 15:13
Yuri Buenaventura propose un retour aux sources. (Photo Philippe Arnassan)

L’artiste colombien, français de cœur, était jeudi au festival du Mas des Escaravatiers, à Puget-sur-Argens. Popularisé par sa reprise de Ne me quitte pas, Yuri Buenvatura rend hommage, dans son dernier album sorti en 2015, Paroles, à Nougaro, Brassens ou Ferré. Ce chevalier des Arts et des Lettres a discuté avec nous de ses projets, des concerts et de son lien à la France.

Qu’est-ce que cela vous fait de remonter sur scène?

Je crois que c’est un mélange entre un côté romantique voire émouvant, la responsabilité du travail que l’on doit faire et le rapport à la réglementation sanitaire. Cela nous ramène à une certaine réalité, où l’on doit faire attention, afin de prendre soin les uns aux autres. Faire de la musique devant un public, c’est merveilleux, mais l’on doit rester très sérieux face au protocole. Ce n’est pas fini, nous savons que nous sommes encore sur un fil délicat.

 

Vous avez ressenti des différences entre les pays où vous avez joué?

Ces derniers mois, j’ai pas mal bougé entre la France, les États-Unis et la Colombie, mon pays natal, et les situations sont très différentes. Je pense que la culture en général est une question de santé publique, car cela passe par le mental. De ce que j’ai ressenti, les gens que j’ai rencontrés aux États-Unis semblaient plus heureux, les artistes réfléchissent déjà à leur prochaine tournée alors qu’en France, même si on reprend les concerts, il y a encore une grande inquiétude liée à la situation. En Colombie, c’est le néant, nous ne savons pas où nous allons. On ressent vraiment ces différences lorsque l’on fait des concerts.

La musique est un remède en cette période difficile?

Je ressens une joie immense de rejouer et rencontrer à nouveau le public. Je pense que le côté humain prend le dessus sur l’artistique. Il y a une sorte d’émotion globale à pouvoir se retrouver, comme si on se rendait compte que nous étions tous dans le même bateau. C’est pour ça que j’insiste sur le caractère ‘‘santé publique’’ de la culture. Beaucoup de personnes ont perdu des gens chers, d’autres ont perdu leur emploi ou leur affaire. Pouvoir se rencontrer dans des évènements publics est vital.

 

Lors de ces concerts, vous jouez des titres d’un peu tous vos albums...

J’ai fait beaucoup de reprises mais en ce moment je joue plus mes textes. Je l’ai réalisé durant la pandémie: on doit trouver l’amour de soi, de qui l’on est et de ce que l’on fait. Cela m’a amené à plus proposer mon propre répertoire, sur le message à transmettre. On se recentre sur ce que l’on est, l’on pense ou l’on souhaite avec sa propre dialectique. Cette épreuve va renforcer notre société ainsi que les positions et revendications de chacun, notamment politiques. La jeunesse colombienne est très éveillée et très sérieuse face à la corruption et au changement.

Qu’est-ce que la France vous a apporté?

La France m’a un peu tout apporté, et pas seulement en musique! J’ai, depuis toujours, promu la musique française en Colombie et inversement. J’ai d’ailleurs un projet en Colombie avec mon label rassemblant 20 artistes et orchestres de Colombie. D’ici le mois de décembre, nous en aurons 120. Ils vont être édités par une maison d’édition en France, Kaptain Music. En plus de la circulation de leur musique, les productions de ces artistes seront protégées par la juridiction des droits d’auteur sous la base des valeurs républicaines françaises. Des valeurs importantes pour moi.

Vous avez donc une nouvelle casquette de producteur?

 

Tout à fait, ne pouvant pas faire de concert, j’ai travaillé sur ce projet. Être producteur est très intéressant, cela permet d’entendre de nouvelles musiques. Nous avons produit de la trap, du rap, de la salsa, ainsi que de la musique classique. Concernant le projet musical, tout s’est fait de manière virtuelle, nous étions tous à distance mais grâce à la technologie nous avons pu faire tout cela. Je suis fasciné sur la manière dont elle influence les nouveaux artistes. Je ne trouve pas cela mal, je ne sais juste pas comment m’en servir. Je vais d’ailleurs prochainement sortir un disque de boléro, un retour aux sources, mais sans promo digitale, juste comme ça, sans prétention.

Le programme du Mas

Après avoir accueilli, Philippe Katerine, Yuri Buenaventura et le groupe Aaron, le festival du mas des Escaravatiers ne compte pas s’arrêter là. Benjamin Biolay se produira le mercredi 28 juillet. Tandis que Hoshi viendra vendredi 30 juillet.
Le mois d’août s’annoncera tout aussi beau et chaud avec Raphaël le lundi 2 août ; Hervé le samedi 7 août ; Ofenbach le vendredi 13 août ; Les Négresses Vertes le mercredi 18 août. Une soirée spéciale années quatre-vingt-dix : We are the 90’s le vendredi 20 août ; Asaf Avidan le vendredi 27 août ; pomme le mardi 31 août. Pour clôturer cette édition le mas accueillera Lilly Wood & The Prick le vendredi 10 septembre.
L’accès aux concerts est soumis au pass sanitaire (Test PCR/ Antigénique négatif de moins de 48 heures ou vaccination complète ou certificat de rétablissement). Des tests antigéniques sont proposés sur place pour ceux n’ayant pas pu obtenir de pass sanitaire.
Le prix des billets oscille entre 26 et 48 euros. Réservations sur lemas-concert.com

Offre numérique MM+

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