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On a testé pour vous un concert avec casque au Festival de Menton (et c'était juste magnifique)

Mis à jour le 06/08/2020 à 13:18 Publié le 06/08/2020 à 13:56
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Illustration Photo Dylan Meiffret

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On a testé pour vous un concert avec casque au Festival de Menton (et c'était juste magnifique)

Le Festival de Menton a brillamment inauguré une nouvelle façon d’écouter les récitals de piano en plein air.

Il est 17h30 au parc du Pian à Menton. Imaginez une oliveraie d’une beauté antique, où les arbres centenaires poussent sur des restanques près de la mer. Les cigales y donnent un concert torride tandis que le soleil joue à travers les feuillages.

Devant cet émouvant paysage, je fais la queue… à distance sanitaire de celui qui me précède.

Comme les autres, on m’invite à me rendre à un stand. On m’y délivrera l’objet indispensable pour écouter le concert qui va suivre: un casque.

Pressé par la crise sanitaire, le Festival de Menton a en effet proposé une nouvelle solution pour écouter à distance des concerts de piano en plein air.

Le principe est celui du "Silent system", lequel permet, grâce à un casque, de travailler le piano en silence sans déranger ses voisins: des capteurs placés sur les touches du piano restituent le jeu du pianiste… tout en gardant le piano silencieux. Le son n’est audible que par un casque – pour le pianiste comme pour le public.

Muni de leur équipement, les auditeurs se dispersent parmi les frondaisons. Certains s’assiéront sur des chaises, d’autres s’allongeront dans l’herbe. Un grand piano à queue a été installé au milieu des arbres. Ils ont beau être centenaires, les vieux oliviers aux troncs noueux n’ont jamais vu de tel animal!

L’heure du concert est arrivée. Clic, je branche mon casque.

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Illustration Photo Dylan Meiffret

La pianiste Marie-Ange Ngucci s’avance, met le sien sur ses oreilles et attaque un morceau de Bach. La musique, grandiose, voluptueuse, m’envahit.

Sous les arbres, l’assemblée s’immobilise. En pleine nature, on a l’impression d’entendre, comme dans son salon, sa chaîne hi-fi. Aucun haut-parleur n’aurait produit en plein air une telle qualité d’écoute.

Au loin passent des touristes. Ils font les yeux ronds : ils voient une pianiste jouer, des gens écouter… mais n’entendent rien! Que se passe-t-il? "Ils sont fous ces Mentonnais!" Désabusés, ils poursuivent leur chemin…

Marie-Ange Ngucci enchaîne les œuvres de Ravel, de Beethoven, de Prokofiev. Elle joue magnifiquement.

Sur le dernier accord, les applaudissements éclatent. Mais avec nos casques, on ne les entend pas! C’est cela le "monde d’après": on ne s’entend même plus applaudir!

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Illustration Photo Dylan Meiffret

"Immergée dans mon piano"

Comment Marie-Ange Ngucci a-t-elle vécu l’expérience? "Avec mon casque, je me suis sentie comme séparée du public, immergée dans mon piano, comme si j’étais moi-même le piano!"

Il est 19h30. L’heure de quitter le lieu. On a des beaux sons plein la tête. Une nouvelle voie vient de s’ouvrir pour entendre des concerts de piano en plein air.

"Merci, à la prochaine!" On a rendu les casques. Comme si de rien n’était les cigales poursuivent leur concert...

Savoir+
Prochain concert du Festival de Menton: concert d’improvisation par le pianiste Karol Beffa.
Dimanche 9 août, à 18 heures.
Tarif : 15 euros.
Réservation obligatoire au 04.92.41.76.95.


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