On a échangé avec le fantasque et talentueux Thomas de Pourquery, saxophoniste bientôt à Juan et Grasse

Mercredi 2 novembre, le saxophoniste et chanteur sera à l’affiche de l’événement Jammin’Juan avec Supersonic, sa formation inspirée par Sun Ra qui fête ses dix ans. Il reviendra le 2 décembre à Grasse. Et avant cela, on le retrouvera au cinéma, dans Saint-Omer.

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Jimmy Boursicot Publié le 27/10/2022 à 15:15, mis à jour le 27/10/2022 à 20:04
Curieux de tous les genres musicaux, à l'affût de rencontres inattendues, Thomas de Pourquery est inclassable. Et c'est très bien comme ça. Photo Alexandre Lacombe

Avec ses bonnes paluches, sa barbe fournie et son crâne brillant, on le verrait bien dans Game of Thrones. Mais avec ses potes de Supersonic (Laurent Bardainne, Sylvain Bardiau, Arnaud Roulin, Frederick Galiay, Fabrice Martinez et Edward Perraud), Thomas de Pourquery a choisi de viser la Lune. Comme Amel Bent. Ou comme Sun Ra, pharaon du free-jazz, qui a inspiré la naissance de ce supergroupe.

En trois albums, le dernier en date s’intitulant Back To The Moon, le saxophoniste, disciple de Stefano Di Battista, et sa bande ont élargi leur trip, gravitant autour de toutes les planètes sonores. Ensemble, ils ont récolté la Victoire du jazz 2014 du meilleur album. Trois ans plus tard, Thomas de Pourquery était nommé "artiste de l’année". Pas de quoi filer le boulard au bonhomme, qui conclura notre interview ainsi: "Dis à tes lecteurs de venir pour qu’on se donne de l’amour. Aimons-nous vivant, comme dirait François Valéry!"

Avant de jouer à Juan-les-Pins, tu donneras une masterclass à la médiathèque Albert-Camus, à Antibes. Que diras-tu?

J’ai rarement fait ça. Pour moi, c’est plus un échange, une rencontre. J’ai envie qu’on partage sur notre manière d’appréhender la musique.

 

Tu conseillerais aux jeunes de jouer le plus possible, comme tu as pu le faire?

J’aurais tendance à leur souhaiter ça, oui. Avec des copains, on avait ouvert un squat, Les Falaises, à Montmartre. Toutes les disciplines artistiques se mélangeaient et nous, on jouait tout le temps. On allait souvent faire des concerts dans des bars et des clubs aussi. C’était plus facile qu’aujourd’hui, avec une loi musiquicide (sic) qui a limité le niveau sonore dans ces lieux. Après, il y a encore beaucoup d’immeubles inoccupés. Que les gens qui en ont envie en profitent pour ouvrir des lieux. Plutôt que de critiquer ceux qui existent, autant créer, inventer ceux dont on rêve.

Supersonic fête ses 10 ans. Tu es branché anniversaires?

Pas trop! Mais là, on a le bonheur de pouvoir fêter ça au Trianon à Paris, deux jours après notre date à Juan. C’est une salle magnifique, à l’acoustique sublime. Et c’est quand même assez rare d’avancer pendant dix ans dans le jazz avec la même formation.

En juillet dernier, tu as joué à Jazz à Juan avec cette formation...

 

J’en garde un souvenir incroyable. Jazz à Juan, c’est un festival mythique. Le Brass Band Méditerranée était venu jouer avec nous. À la fin, on devait être cinquante sur scène.

En ce moment, tu travailles sur ton projet pop, Von Pourquery?

Oui, on bosse sur des morceaux en ce moment. Dans le courant de l’année prochaine, il y aura un album. Comme le disait La Fontaine: "Diversité, c’est ma devise". Le free-jazz nourrit ce projet et l’inverse sera vrai aussi. En m’éloignant un peu de mes copains du groupe, j’aurais sans doute encore plus de plaisir à les retrouver plus tard.

Le 23 novembre, tu seras à l’affiche du film Saint-Omer...

Je suis très heureux de jouer dans ce film, qui a déjà été primé à plusieurs reprises [Lion d’argent du premier film à la Mostra de Venise et prix Jean-Vigo, ndlr]. La réalisatrice, Alice Diop, est un vrai génie pour moi. Elle suivait notre groupe, je l’ai rencontrée comme ça. J’ai passé des essais et elle m’a confié un très beau rôle. Saint-Omer, c’est un film qui tourne autour d’un fait divers très dur, mais qui a quelque chose de l’ordre de la mythologie.

De quoi te donner envie de prendre le cinéma plus au sérieux?

Ah mais je le prends très sérieusement! Je fais peu de films et j’ai la chance de pouvoir les choisir. à chaque fois, ce sont des histoires de rencontres. J’apprécie le fait de devenir un instrument, au service d’une vision, de me laisser guider tout en apport une singularité.

 

Supersonic en concert

> Mercredi 2 novembre, à 21h au Palais des congrès de Juan-les-Pins. Tarifs: 15 euros, réduit 12 euros. Rens. jammin.jazzajuan.com

> Vendredi 2 décembre, à 20h, au Théâtre de Grasse. Tarifs: 28 euros, réduits de 6 à 23 euros. Rens. theatredegrasse.com

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