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Gauvain Sers avant son concert au Thoronet : "Je me suis réfugié dans l’écriture"

Le chanteur à casquette était au Broc ce samedi, avant un concert au Thoronet, jeudi 29 juillet, et la sortie de son nouvel album au mois d’août.

Numa Beltran Publié le 26/07/2021 à 13:00, mis à jour le 27/07/2021 à 16:20
Photo Eric Ottino

Sur la petite place du Broc, on ressent l’effervescence. Entre deux autographes, les balances et l’installation du concert, Gauvain Sers prend le temps. Le jeune chanteur creusois remarqué par Renaud a accepté de nous rencontrer. Retour sur son parcours, ses deux albums de platine et l’écriture du troisième en plein confinement. Il s’appellera Ta place dans ce monde et est prévu pour le 27 août.

Après une année sans concert, n’étiez-vous pas effrayé à l’idée de remonter sur scène?

Sincèrement, j’étais très flippé à l’idée de ne plus savoir faire mon métier! C’était la première vraie pause depuis 2016, j’étais dans une routine et tant qu’on enchaînait les tournées, je savais que rien ne pourrait m’arriver. Le fait d’être subitement sortis de notre élément a suscité beaucoup d’appréhension. On craignait que le public ait du mal à se remettre dans le bain et il a fallu réattiser la passion. Mais ça marche super-bien, je suis très content! Le confinement nous a donnés le temps d’écrire, d’explorer de nouvelles choses et on revient avec un nouveau souffle, une nouvelle énergie.

 

Vous avez écrit la moitié du prochain album pendant le confinement quand d’autres éprouvaient des difficultés à créer. Comment trouve-t-on de nouvelles idées sans avoir la vie devant les yeux?

Ça a été compliqué. Au début, je n’écrivais que des chansons sur la pandémie ou l’isolement. Puis j’ai recouru au fantasme. J’ai essayé de me représenter tout ce qui manquait, donc forcément, plusieurs chansons de ce troisième album se déroulent sur des terrasses. J’avais également beaucoup de notes et de morceaux de côté que je n’avais pas eu le temps d’achever, ça m’a aidé. Je me suis réfugié dans l’écriture. Je ne pensais pas sortir d’album aussi vite mais cet exercice m’a aidé à prendre du recul sur ce qui se passait dehors. On retrouve quelques références à la pandémie dans l’album, ça aurait été étrange de ne pas l’évoquer du tout, mais je voulais que l’on puisse l’écouter dans dix, quinze ou vingt ans sans se dire que c’était un produit du confinement.

Quel est votre processus créatif?

J’essaye d’emmagasiner beaucoup de choses avant d’écrire. Ce sont souvent des images du quotidien ou des histoires que je vis, que je lis et que j’entends. Une fois passée cette phase d’observation, écrire me vient naturellement. Le plus compliqué, c’est toujours de trouver l’angle de vue. Ensuite, une fois que j’ai mon texte, je recherche des mélodies qui le mettent en valeur, sans pour autant le submerger.

 

Vos clips sont toujours très travaillés. Peut-on se passer de l’image dans la musique aujourd’hui?

Je pense qu’avec les réseaux sociaux notamment, c’est devenu impossible. On sent que tous les nouveaux artistes travaillent immédiatement une identité visuelle forte, et les clips en sont le prolongement. C’est vrai que de notre côté, on leur accorde une belle importance, c’est quelque chose que j’aime. J’ai toujours fait appel à des réalisateurs dont j’admire le travail, le premier clip a été réalisé par Jean-Pierre Jeunet [le réalisateur du Fabuleux destin d’Amélie Poulain entre autres, NDLR] et le résultat était celui dont je rêvais. Ça m’a mis la pression pour les suivants. La vidéo reste un moyen de mettre mon travail en valeur, sans que cela ne prenne trop de place, j’ai quand même envie qu’on écoute la chanson!

Classe préparatoire, école d’ingénieur… Avez-vous attendu une certaine reconnaissance avant de tout lâcher?

J’ai fini mon diplôme et je suis parti dans La Manufacture Chanson [lieu d’accompagnement et de formation des artistes à Paris] où l’on nous offre des outils pour enrichir notre répertoire. À cette époque j’écrivais beaucoup, c’était une période de créativité et de rencontre importante. Je me suis servi de mon diplôme en travaillant pendant un an. C’est là que j’ai écrit une bonne partie du premier album. Je me suis lancé à fond, c’était un geste un peu insouciant mais le coup de fil de Renaud a énormément aidé. Lorsque j’ai commencé à m’entendre à la radio, puis que le deuxième album a été numéro un à sa sortie, j’ai su que les gens voulaient continuer à écouter mes histoires et ça m’a touché!

Gauvain Sers aux Nuits blanches, au Thoronet. Jeudi 29 juillet. Tarifs: 25 euros, gratuit pour les moins de 12 ans. Rens. www.lesnuitsblanches.org

C'est dit

Des conseils à un jeune artiste ?

"Je ne sais pas si je suis bien placé, mais je lui dirais de croire en ses rêves et de ne jamais rien lâcher. Le sport ça aide à avoir cette volonté, j’ai fait énormément de tennis plus jeune et je pense que ça a été déterminant. Écoutez votre petite voix et pas celle de l’entourage !"

Ses (autres) passions ?

"Le sport a une place très importante pour moi, j’aime beaucoup le foot et le tennis. J’aime le cinéma, je regarde beaucoup de séries, de films. Le reste de ma vie c’est l’amitié, les rencontres…"

Le pass sanitaire ?

"Je suis assez mitigé. J’ai l’impression que c’est le seul moyen pour nous de faire notre métier et je suis vraiment heureux de pouvoir remonter sur scène, mais c’est dommage que l’on soit contraint de l’imposer… Les gens voulaient continuer à écouter mes histoires, ça m’a touché !"

Offre numérique MM+

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