Emile Parisien, virtuose simple au Nice Jazz Festival

Le saxophoniste alto et soprano, valeur sûre du jazz contemporain européen, était sur la scène du théâtre de Verdure, sur la promenade des Anglais, vendredi soir, pour la première soirée de l’édition 2022 du Nice Jazz Festival. Rencontre avec un virtuose aussi discret en coulisses que survolté sur la scène. Il sera également à Ramatuelle le 18 août.

Amélie Maurette Publié le 16/07/2022 à 20:03, mis à jour le 26/07/2022 à 13:03
Emile Parisien, avant son concert vendredi 15 juillet au soir, sur la scène du théâtre de Verdure à Nice. Photo Franz Chavaroche

Déjà venu jouer au Nice Jazz Festival, notamment avec son ami l’accordéoniste niçois Vincent Peirani, Emile Parisien, pointure du saxophone alto et soprano à 39 ans, ne cachait pas son plaisir de retrouver la capitale azuréenne, pour le premier soir du rendez-vous.

Sur la scène du théâtre de Verdure, il retrouvait aussi les compagnons de son sextet, après une pause de quelques semaines.

Nice Jazz Festival versus Jazz in Marciac

Emile Parisien en sextet au théâtre de Verdure à Nice, vendredi 15 juillet. Photo Franz Chavaroche.

"Je suis content de revenir sur les terres de mon ami Vincent Peirani! En fait, je connais plein de musiciens à Nice et dans les parages, il y a aussi Yoann Serra, Tony Paeleman, Julien Herné...", plaisante le natif de Cahors (Lot), qui a fait ses classes au collège de Marciac (Gers), dans la première promotion du "jazz études" de l’établissement, en lien avec le fameux festival Jazz in Marciac.

Où Emile Parisien est d’ailleurs attendu le 29 juillet. "Je suis d’une autre terre de festival... En fait, c’est au collège de Marciac que tout à commencé pour moi. Cette passion, cette envie d’aller plus loin, je crois que dès cet âge-là, je savais que j’avais envie d’en faire ma vie."

Le projet en sextet inspiré de Louise Bourgeois

Au Nice Jazz Festival comme à Marciac, le sextet d’Emile Parisien présente Louise, album nommé ainsi en référence aux sculptures de Louise Bourgeois, et notamment Mother, l’araignée géante...

 

"C’est fondamental pour les musiciens d’aller chercher de l’inspiration en dehors, et inversement, dans l’art en général, de s’inspirer de musique. L’art, pour moi, c’est une source profonde d’inspiration, de sérénité aussi. C’est un endroit de recueil, où je peux explorer des choses. Le travail de Louise Bourgeois, notamment autour de la maternité, c’est quelque chose qui m’a parlé au moment où mes nouvelles musiques naissaient... Cette sculpture, Mother, m’a parlé pendant la période du Covid. C’était un moment de recentrage total, je me suis rapproché de ma maman, ma compagne est devenue maman, elle a perdu sa maman... J’ai fait une connexion entre les musiques qui étaient en train d’émerger et tout ça. On n’est pas obligé d’aller si loin mais... La musique est un refuge aussi parfois. Plein de gens doivent se demander pourquoi Louise, et ce n’est pas forcément mon histoire la plus importante. Si ça leur évoque autre chose, c’est bien aussi. Qu’est-ce qu’une note, une composition, va évoquer chez les gens, ça m’intéresse!"

L’ami Michel Portal, mardi soir au festival

Dans la programmation du Nice Jazz Festival, certains artistes ont déjà croisé la route d’Emile Parisien. La batteuse Anne Pacéo (programmée dimanche 17) et le multi-instrumentiste Michel Portal notamment (sur la scène du théâtre de Verdure mardi 19 juillet).

"Avoir rencontré des musiciens comme Michel Portal, ça m’a inspiré, ça m’a appris. Michel Portal, c’est quelqu’un de très important pour moi, on a eu l’occasion de beaucoup jouer ensemble. En trio avec Vincent Peirani, en sextet aussi. Il n’y a pas meilleure école que de croiser des musiciens comme ça!"

Le jazz, musique de groupe

Emile Parisien et Theo Crocker au théâtre de Verdure, à Nice, vendredi 15 juillet. Photo Franz Chavaroche.

En duo, en quartet, en sextet, depuis ses débuts, Emile Parisien aime jouer en groupe et retrouver les mêmes musiciens. "C’est en train de changer depuis une dizaine d’années mais, jusque là, ce qui était étonnant dans le jazz, c’est qu’il avait l’image d’une musique de solistes. Pourtant, on aime tellement jouer en groupe. J’essaie de participer à ça, à transformer cette image du jazz, et élitiste, et de spécialité de solistes. Parce qu’en fait, tous les groupes que j’ai montés, mon duo avec Vincent Peirani, mon quartet qui existe depuis vingt ans, ce ne sont que des projets qui durent, des musiciens avec lesquels j’adore jouer. C’est comme une relation, mieux on se connaît, plus loin on peut aller dans la compréhension des émotions des uns et des autres, dans l’exploration de notre musique. C’est très bien de considérer le jazz comme une musique de groupe! Tous les musiciens du groupe font émerger la musique, chacun est important. Si on est solistes, on l’est tous à tour de rôle."

Influences multiples

Classique, tango argentin, hip hop, le jazz d’Emile Parisien se teinte de beaucoup de couleurs. Celles des musiciens qui l’accompagnent, justement, celles qui infusent dans ses oreilles au hasard aussi.

 

"De plus en plus, dans les jeunes générations, on est influencé par la pop, le r’n’b, le classique. Moi, j’aime aussi beaucoup les musiques du monde, les musiques traditionnelles. En fait, je crois qu’on est tous des gens curieux qui allons nous inspirer de tout. On a accès à tant de choses, c’est tellement facile aujourd’hui d’aller s’inspirer de tout! Après, c’est même difficile de canaliser nos envies."

Un projet avec Vincent Ségal et Ballaké Sissoko

Quelles nouvelles inspirations dernièrement, quelles envies? "D’abord aller le plus loin possible avec ce sextet, Louise... Ensuite, j’ai des projets en tête. On va fêter les vingt ans de mon quartet, on va en profiter pour essayer des choses, comme, par exemple, rencontrer un orchestre symphonique, je ne l’ai pas encore fait. On va essayer aussi de rencontrer de la musique électronique, de la pop. Je viens également de mixer un projet avec Vincent Peirani, le violoncelliste Vincent Ségal et le joueur de kora Ballaké Sissoko. Ce sont deux duos qui se rencontrent, nos musiques et la leur, de la musique africaine aussi, des choses traditionnelles, je suis très content!"

Emile Parisien Sextet - Louise, au festival Jazz à Ramatuelle, théâtre de Verdure de Ramatuelle.
Jeudi 18 août à 21h. Tarifs : 40 euros, réduit 28 euros.
Rens. 04.94.79.10.29.

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