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Avant son concert à Saint-Jean-Cap-Ferrat, Manu Katché nous confie son désir de "transmettre des choses"

A la Seyne-sur-Mer, le plus international des batteurs français a évoqué sa Face Katché, avant de donner un concert ce samedi soir à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Rencontre.

Florian Simeoni Publié le 14/08/2021 à 16:00, mis à jour le 14/08/2021 à 13:19
Manu Katché lors de son concert au parc de La Navale, à La Seyne. (Photo Frank Muller)

Batteur au son unique, il a joué avec les plus grands, de Sting à Dire Straits en passant par Prince et Peter Gabriel, mais aussi, en France, avec Véronique Sanson, Francis Cabrel ou Laurent Voulzy. Celui qui vient de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) a accepté de discuter avec nous de son travail, de son style de musique et de transmission.

Qu’est-ce que cela vous fait de retrouver la scène?
C’est un vrai bonheur de reprendre les concerts, après un an d’inactivité forcée. Pas simplement de reprendre les concerts mais surtout de retrouver les gens. ça doit être la même chose pour n’importe quelle profession, mais le principe de la musique c’est de partager des moments de plaisir. En concert, il y a une vraie interactivité, une générosité que l’on ne retrouve pas chez soi ou en studio. Le vrai problème n’était pas d’être enfermé mais de rester dans un entre-soi. Je pense qu’au bout d’un moment ça a travaillé le cerveau de toute la population. Je crois que les artistes se sont retrouvés à se dire: ‘‘Ah oui, donc, nous ne sommes pas essentiels’’.

Vous avez souvent joué ici...
Oui, plusieurs fois à Toulon, avant la Covid. Il y a d’ailleurs beaucoup de concerts gratuits sur les grandes places et ce sont de belles réunions. Même si cet été est moins beau que les précédents (rires), les gens se baladent avec leurs enfants, ils s’arrêtent et écoutent sans forcement savoir qui l’on est mais il y a un petit moment de découverte. J’aime bien jouer dans ce genre d’endroits durant la période estivale car les gens sont plus relax, plus disponibles. Je connais un peu la région, je suis venu jouer plusieurs fois et j’ai quelques amis dans le coin mais je suis loin d’être un spécialiste. (il sourit)

 

Vous êtes reconnu comme un batteur au style particulier. Comment pourriez-vous le définir?
C’est difficile pour moi de le faire, ce sont les autres qui le disent. Je pense que j’ai une signature, peut-être du fait de mon héritage musical puisque j’ai commencé au conservatoire par le piano puis le classique. Je me considère à mi-chemin entre batteur et percussionniste. Ayant évolué en France avec pas mal d’artistes, ayant vu des films d’auteur ou lu Hugo, Maupassant... toutes ces choses ont participé à mon style, pas intello mais plutôt stylistique.

En plus de la musique, vous avez lancé La Face Katché, série d’entetiens sur le site d’information Yahoo Actualités...
Ils sont venus me chercher pour faire une émission sociétale qui aborde le sujet du racisme. C’est une conversation où les invités racontent ce qu’ils ont subi, surtout dans leur enfance, des difficultés de faciès, d’origine, etc. On revient sur la manière dont ils ont réussi à réagir à ça. Le but n’est pas de montrer leur réussite mais de recueillir des témoignages. Le racisme quel qu’il soit est un problème malheureusement mondial qui existe depuis longtemps sans impression de réelle amélioration. Pour l’instant, nous avons reçu Patrick Bruel, Yannick Noah ou Marie-José Pérec mais, pour les prochaines émissions, j’aimerais bien avoir des personnalités d’autres horizons.

Vous avez aussi cette volonté de transmettre?
Oui, je pense être un peu fédérateur. Je fais des master classes, en visio depuis la Covid... Je ne suis pas un modèle mais j’arrive à un certain âge et j’ai eu beaucoup de chance de pouvoir vivre des choses extrêmement riches. Si je peux transmettre ou donner quelque chose, mon expérience à un jeune garçon ou une jeune fille, c’est déjà ça. Durant ma jeunesse j’avais beaucoup de questions et pas de réponses. Sans être un prof, juste donner des petits trucs pour être à l’aise, pour ne pas seulement maîtriser l’instrument mais être en accord fusionnel avec lui afin que ce soit vraiment plaisant pour le public.

Quels sont vos futurs projets?
J’ai commencé à écrire un nouvel album mais je ne sais pas quand il sera fini. J’ai également un deuxième livre #Beat qui doit sortir chez Grasset en 2022. Mon premier livre revenait sur des anecdotes avec des artistes étrangers [Road Book aux Cherche Midi, ndlr], le second revient sur mes années juste après le conservatoire. Il est plus introspectif: qu’est-ce que c’est qu’être un batteur, les doutes, l’âge et l’évolution musicale... Et j’espère pouvoir de nouvau animer des master classes en présentiel.

 

Savoir+

Manu Katché en concert au festival Saint Jazz Cap Ferrat (Fiona Monbet en première partie).

Ce samedi 14 août, à 21h40. Jardin de la Paix,

à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Tarifs: 35 euros, 30 euros pour les moins de 15 ans. Résa. 04.93.85.99.23

ou saint-jean-cap-ferrat.fr

Son album The Scope

En attendant son prochain album, revenons sur son dernier, sorti en 2019, . Mélange de hip hop, jazz, électro et afro pop, cet opus ne s’interdit rien et surtout pas de surprendre.

Même s’il laisse éclater une fougue créative, celle-ci n’est possible que par sa solide formation classique.
Avec Jérôme Regard à la basse et Patrick Manouguian à la guitare, The Scope possède une cohérence qui swingue et groove à la fois.

The Scope. Manu Katché.
(Anteprima)

(Photo DR)

Offre numérique MM+

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