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VIDÉO. "Adults In The Room": le nouveau film de Costa-Gavras se penche sur la crise grecque

Mis à jour le 31/10/2019 à 17:44 Publié le 09/11/2019 à 12:00
C'est à Nice que Costa-Gavras a fait ses débuts au cinéma.

C'est à Nice que Costa-Gavras a fait ses débuts au cinéma. Photo Frantz Bouton

VIDÉO. "Adults In The Room": le nouveau film de Costa-Gavras se penche sur la crise grecque

Costa-Gavras s’attaque à la crise grecque et à sa gestion par la Commission européenne dans son nouveau film, "Adults In The Room". Un thriller politique passionnant dont il nous a parlé à l’occasion d’une avant-première à Nice...

À quatre-vingt-six ans, Costa-Gavras signe un de ses meilleurs films avec Adults In The Room qui traite de la crise grecque et de sa gestion par la Commission européenne, à travers la figure de Yánis Varoufákis, le ministre des Finances de Tsípras, qui a mené les négociations avec l’Eurogroupe sur la restructuration de la dette de son pays.

Toujours heureux de retrouver Nice, où il a fait ses débuts au cinéma aux côtés de Jacques Demy et de René Clément et où il a rencontré sa femme Michèle, le réalisateur y est venu présenter son film en avant-première et a répondu à nos questions…

On se doutait bien que la crise grecque ne vous laisserait pas indifférent. Mais pourquoi l’avoir abordée à travers la figure de Yánis Varoufákis?
Je me suis effectivement intéressé à la crise depuis ses débuts en 2009-2010 et j’ai commencé à amasser de la documentation en vue d’en parler dans un film. Mais je ne trouvais pas d’angle d’attaque.

Jusqu’à ce que je commence à m’intéresser au personnage de Varoufákis qui a été le seul à démissionner du gouvernement après le référendum. Je l’ai rencontré et il m’a tout raconté des négociations qu’il avait menées avec la Commission européenne.

Mieux: il m’a fait écouter les enregistrements qu’il avait faits de leurs discussions car il n’y avait pas de compte rendu de ces réunions et les déclarations, des uns et des autres, à la presse étaient souvent contradictoires.

C’était passionnant. Il avait commencé à écrire son livre et il m’envoyait les nouveaux chapitres au fur et à mesure. J’ai tout de suite vu que c’était par lui que je devais raconter cette tragédie, car il s’agit d’une tragédie.

Pourtant, c’est plus un film sur l’Union européenne que sur la crise grecque…
Par pudeur, j’ai choisi de ne montrer les conséquences de la crise qu’à travers les images d’actualité et celles des manifestations.

Les gouvernements successifs, de gauche comme de droite, sont responsables de la situation, mais l’Europe l’est aussi puisqu’elle a continué à faire crédit à la Grèce en sachant très bien qu’elle ne pourrait jamais rembourser.

La difficulté c’était de montrer tout cela sans noyer le spectateur sous des tonnes de chiffres et de graphiques. M’attacher à la personnalité de Varoufákis m’y a bien aidé. Surtout avec un acteur de la classe de Christos Loulis pour l’incarner. J’avais l’impression de filmer le vrai Varoufákis.

D’ailleurs, tous les acteurs sont formidables…
Le fait de tourner dans la langue de chaque pays représenté a obligé à trouver des acteurs peu connus mais de grand talent.

La plupart viennent du théâtre. Évidemment, cela a rendu le financement plus compliqué que si on avait pris des stars mais c’était une exigence pour la crédibilité du film.

Le constat que vous tirez de tout cela est assez pessimiste. Comme si quels que soient les gouvernements ou les hommes rien ne pouvait changer réellement le cours des choses…
C’est vrai que Tsípras a fait trop de promesses pour se faire élire. Il était évident qu’il ne pourrait pas les tenir.

Mais le peuple est aussi responsable d’avoir fait semblant d’y croire. Comme le dit le titre, inspiré d’une saillie de Christine Lagarde pendant les réunions: "Il faudrait un peu plus d’adultes dans la pièce...".

"Si on continue sur la voie qui a été prise, le peuple grec en a encore pour quinze ans à souffrir."

Christine Lagarde est d’ailleurs la seule interlocutrice de Yánis Varoufákis à trouver un peu grâce à vos yeux…
Oui, c’est une femme, elle dirigeait le FMI et elle avait une vision un peu différente des autres.

Elle a été la première à reconnaître que ce que l’on infligeait au peuple grec n’était pas supportable. On peut espérer que ses nouvelles fonctions à la Banque centrale européenne aideront à résoudre la crise…

Car la crise n’est pas terminée?
Oh non! Si on continue sur la voie qui a été prise, le peuple grec en a encore pour quinze ans à souffrir.

Songez que 500.000 personnes ont déjà quitté le pays : des cadres et des jeunes diplômés pour la plupart. C’est une perte de richesse considérable…

Cet exode fait-il écho à celui que vous avez connu dans votre propre jeunesse?
Bien sûr. Sauf qu’à mon époque, c’étaient les pauvres sans qualification qui quittaient le pays, pas les cadres, ni les diplômés...

Vous souvenez-vous de votre première venue à Nice ?
Parfaitement. C’était pour les repérages du film de Jacques Demy, La Baie des Anges, sur lequel j’étais assistant. J’étais émerveillé.

J’y suis revenu peu après pour Les Félins de René Clément et j’y ai rencontré ma femme Michèle. Ça ne s’oublie pas.

La Victorine était une fourmilière. Je suis heureux que le maire veuille relancer les studios. Il faudrait les ouvrir au public, qu’il puisse les visiter.

La Cinémathèque française possède des trésors qu’on pourrait facilement exposer ici. Il y a de quoi remplir deux musées!


Adults In The Room. De Costa-Gavras (France, Grèce). Avec Christos Loulis, Alexandros Bourdoumis, Ulrich Tukur. Drame. 2h04. Déjà en salles.


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