Un Roméo et Juliette contemporain: "16 ans", le nouveau film de Philippe Lioret présenté aux Rencontres Cinéma de Cannes

Aux Rencontres cinéma de Cannes, "16 ans", de Philippe Lioret raconte l’amour impossible de Léo et Nora, en raison de l’affrontement socioculturel de leurs familles. Un Roméo et Juliette contemporain!

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Alexandre carini Publié le 22/11/2022 à 15:41, mis à jour le 22/11/2022 à 13:43

Il ne se dit pas spécialement militant ni engagé, mais il est totalement investi. Dans son métier, comme dans ses idées. À la réalisation, pour marier émotions et convictions. Avec 16 ans, son dernier film présenté en avant-première au Rencontres Cinéma de Cannes, Philippe Lioret (Welcome, Je vais bien ne t’en fait pas) dépeint l’amour impossible de Nora et Léo, deux adolescents dont les familles sont entrés dans un engrenage infernal et restent cloîtrés dans leurs préjugés socioculturels.

Un "Roméo et Juliette contemporain" revendiqué: "Il ne faut pas s’inquiéter de revisiter un mythe, si on en fait quelque chose d’original, à sa main. Et puis 16 ans, ce n’est pas une bluette, ce n’est pas une histoire d’amour à deux balles, c’est une vraie tragédie!"

Philippe Lioret aux Rencontres Cinéma de Cannes pour: (Photo A.Carini).

Tout est parti un jour d’un abri de bus, où Philippe a vu deux "gamins collés l’un à l’autre, en larmes. On m’a dit que c’était le bazar entre leurs deux familles, et qu’il n’avait plus droit de se voir…"

Une anecdote qui a frappé le réalisateur en plein cœur. "16 ans, c’est l’âge de tous les possibles, du pire comme du meilleur, mais surtout, c’est tout ce qu’on est capable de faire par amour. J’ai moi-même souvenir de mon premier amour, inoubliable et inoublié, j’ai beaucoup pleuré!"

 

Tout se fait par amour, mais quel chaos!

Dans son film, Nora et Léo (Sabrina Levoye et Teïlo Azaïs, formidables, choisis "parmi un casting de 80 Nora et 50Léo"), sont issus de milieux sociaux différents, d’une immigration socioculturelle divergente. Et il suffit d’un incident pour que les deux "camps" deviennent irréconciliables. Au détriment des jeunes amants. Romance victime de la violence. "Le poids sociétal, on ne peut pas y échapper, mais Léo et Nora décident de s’en foutre, ne se sentent pas concernés par tout ça, et c’est ce qui fait aussi toute la force du film. Tout se fait par amour, mais quel chaos!"

Car quelle que soit la trame sociale et politique qui sous-tend son propos, Philippe Lioret s’attache avant tout aux émois du genre humain. Surtout lorsqu’ils font écho, en chœur, à ses propres battements. Fougue intacte, à 67 ans!

"Tant que je pourrai faire là où j’ai envie de faire…", ironise l’intéressé, qui a toujours dû "batailler" pour monter ses projets, malgré le succès public et critique que l’on sait: "Pour Je vais bien ne t’en fais pas [immense succès public, récompensé du César du meilleur acteur pour Kad Merad et du César du meilleur espoir féminin pour Mélanie Laurent], il y a eu levée de boucliers, personne n’y croyait ni ne voulait miser un sou. Pareil pour Welcome, qui a eu dix nominations aux Césars. Mais le cinéma a une mémoire de poisson rouge, et ça reste compliqué..."

Fidèle à ses engagements, notamment en faveur des travailleurs immigrés, Philippe continue de faire entendre sa voix, via la caméra. "Mais je ne veux plus faire de pamphlet. Je ne veux plus faire que du cinéma, avec une histoire intime et puissante."

 

Et raconter des coups de foudre, façon coup de poing.


16 ans sort sur tous les écrans le 4 janvier 2023.

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