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Pour Claude Lelouch,"la vie est une blague à prendre très au sérieux"

Mis à jour le 27/02/2018 à 08:44 Publié le 27/02/2018 à 08:40
Légende du cinéma, Claude Lelouch, 80 ans, préside cette semaine le festival monégasque.Il a été accueilli par l’organisateur Ezio Greggio.

Légende du cinéma, Claude Lelouch, 80 ans, préside cette semaine le festival monégasque.Il a été accueilli par l’organisateur Ezio Greggio. Photo Michael Alesi

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Pour Claude Lelouch,"la vie est une blague à prendre très au sérieux"

Le réalisateur Claude Lelouch est président du jury du Monte-Carlo Film Festival de la comédie cette semaine. Un exercice dans lequel il entend se rassasier de sa passion pour le cinéma

Quelles sont vos attentes comme président de ce festival?
Ce sera une semaine j’espère agréable, le cinéma étant toujours ma distraction préférée. Je profite des festivals pour voir les films des autres, j’adore faire des cures de cinéma. Le moment difficile est de faire un choix pour le palmarès. J’espère qu’il y aura un film tellement évident qu’on n’aura pas ce type de raisonnement.

Vous avez toujours le goût de découvrir des films?
Chacun de nous tourne un peu en rond à un moment donné. C’est toujours bien de s’intéresser au travail des autres car chaque metteur en scène a un univers. De Chaplin à Buster Keaton en passant par Jacques Tati, Woody Allen, Kubrick, Tarantino, Fellini, tous ont obligé les gens à voir le monde différemment. Ce que j’aime chez un metteur en scène c’est qu’il ait un point de vue et qu’il nous ouvre les yeux. C’est pour ça que je ne suis pas un fan des séries télé…

Pourquoi?
Car vous pouvez changer un metteur en scène, personne ne s’en rend compte. Ce qui compte ce sont les acteurs et les scénaristes. Alors qu’au cinéma, le metteur en scène est fondamental. Les grands metteurs en scène sont des gens un peu plus curieux que les autres. Le cinéma est un laboratoire de recherches. Et la télévision récupère toutes nos bonnes inventions et les transforme en séries. Je n’ai rien contre les séries car elles font travailler le monde du cinéma, mais le cinéma reste le laboratoire du 7e art.

Ce festival monégasque met à l’honneur la comédie. Un genre que vous aimez travailler?
J’aime mélanger la comédie et le drame dans mes films. Je pense que la vie est une blague qu’il faut prendre très au sérieux, alors j’aime ce mélange, car je crois que l’on peut rire de tout, à condition que ce soit drôle.

Vous avez déclaré qu’à 80 ans, vous n’aviez jamais été si motivé. Quels sont vos projets?
Trois films que je mène de front. Il me faudra trois ou quatre ans pour les faire. Parmi eux, il y a un film que j’ai commencé il y a un peu plus de cinquante ans. Il m’aura demandé une vie de tournage. Le moment est venu de le finaliser. Un autre va s’appeler «La vertu des impondérables» qui parle de la force des catastrophes. Je crois à la force du négatif, je suis convaincu que la vie est une course d’emmerdements au pays des merveilles. Le bonheur je l’ai approché à chaque fois que j’ai terrassé un emmerdement, c’est je crois, le prix à payer. Le troisième projet, que je prépare pour dans deux ans, est une grande fresque qui parlera de toutes les années que j’ai eu la chance de vivre. Depuis 1937, l’année de ma naissance, à travers des histoires d’hommes et de femmes un peu moins dégueulasses que les autres (rires).

C’est ce troisième projet dont on vous a dérobé le scénario en décembre?
Effectivement. J’ai lancé un appel mais je pense que le voleur a eu envie qu’on ne le retrouve pas…

Un malheur que vous avez sublimé?
Oui, car c’est grâce à ça que j’ai eu envie de faire «La vertu des impondérables». J’avais peut-être besoin de me soulager de toutes ces valises. Ce n’était pas le scénario le plus important, mais j’avais un sac avec cinquante ans de notes et d’observations. Sur le moment j’ai eu envie de mourir car je pensais qu’on m’avait volé ma vie, mais c’est peut-être bien de la réinventer…

Vous avez été particulièrement touché par la disparition de Johnny Hallyday…
Johnny c’était mon frère. J’ai grandi avec lui, je l’ai filmé toute sa vie depuis son premier clip, que j’avais réalisé en 1962. Quand il chantait, il y avait du divin, comme si le bon Dieu nous parlait à l’oreille…

Cet immense déballage autour de sa succession vous attriste?
Je pense que lui seul peut répondre à toutes les questions que les gens se posent. Il a écrit un testament en toute lucidité, de sa main. Quand j’ai fait avec lui «Salaud, on t’aime» c’était le sujet du film, celui d’un homme qui a le sentiment d’avoir consacré sa vie à son métier plutôt qu’à ses enfants et qui a envie de rattraper le temps perdu. On a travaillé sur un sujet que l’on connaissait bien tous les deux. Et ne comptez pas sur moi pour révéler les deux ou trois secrets qu’il m’a confié! Au nom de l’amitié bien sûr…

Songez-vous, un jour, à vous arrêter?
Comme tout le monde je vais recevoir un jour ma lettre de licenciement. La mort c’est le dernier examen de passage, et on est sûrs d’être reçus. Pour une fois que je vais être reçu à un examen, je ne peux pas rater ça (rires). J’ai envie de croire que la mort est la plus belle invention de la vie…


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