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"On a besoin d’un message d’espoir" pour Ezio Greggio, le patron du Monte-Carlo Film Festival de la comédie

Il prépare la dix-neuvième édition qui promet un souffle de bonne humeur dans un quotidien marqué par les crises.

PROPOS RECUEILLIS PAR CEDRIC VERANY Publié le 20/04/2022 à 15:00, mis à jour le 20/04/2022 à 15:21
Populaire en Italie pour son émission de télévision, Ezio Greggio se consacre à son amour pour le cinéma, à Monaco. (Photo Riccardo Ghilardi)

Quand il se met à parler cinéma, il devient intarissable. Ezio Greggio a fait l’acteur quelques fois dans sa vie, mais toute l’Italie le connaît surtout comme l’animateur de la populaire émission de télévision Striscia la notizia. À Monaco, il est le patron depuis presque vingt ans du Monte-Carlo Film Festival de la comédie dont la dix-neuvième édition aura lieu du 25 au 30 avril.

Sa vocation pour le 7e art, Ezio Greggio la cultive depuis l’adolescence et un souvenir marquant. "J’étais encore à l’école et lors d’un voyage scolaire à Paris, alors que nous venions de visiter le Sacré-Cœur, en sortant, je vois un plateau de cinéma installé. Jean-Paul Belmondo était entrain de tourner un film, je crois que c’était L’animal (sorti en 1977 N.D.L.R)" se souvient-il les yeux qui pétillent encore.

Le gamin fasciné par cet univers dit à un camarade, alors que le groupe scolaire s’éloigne, que si le professeur le cherche, qu’on lui dise qu’il est resté sur le tournage. Il n’en bougera pas. Approchant l’équipe technique et se faisant une place entre les câbles et les caméras jusqu’au soir où le professeur viendra le retrouver. "Quand il est arrivé, j’ai compris qu’il voulait me gronder, mais je lui ai demandé de rester avec moi encore une demi-heure sur le plateau car ils tournaient une scène amusante."

L’anecdote, il la racontera des années plus tard à Jean-Paul Belmondo, rencontré par l’entremise du fils de l’acteur, Paul. "Il s’est marré en entendant l’histoire" lance-t-il. Pour un patron de festival consacré à la comédie, c’est bon signe. Interview.

 

Encore une fois cette année, votre festival consacré à la comédie et à la bonne humeur tombe bien?

Il tombe bien oui, et nous enverrons depuis Monaco, un message d’espoir, j’espère. On sortait presque d’une grande bataille contre la Covid et on se retrouve au milieu de cette guerre en Ukraine qui nous touche tous. On a besoin d’un message d’espoir, de la pensée positive, je le crois. Et je suis heureux d’avoir comme président du jury Paul Haggis, réalisateur et scénariste, deux fois Oscarisé, que j’espérais faire venir depuis longtemps. À ses côtés nous aurons un jury curieux, intéressant: Clara Ponsot, une jeune actrice française qui a travaillé aussi en Italie; Tom Leeb, comédien et chanteur. Et le jeune Pierpaolo Spolone, qui représente une nouvelle génération d’acteurs italiens et qui a connu un grand succès avec la série Doc.

Et d’où viennent les films en compétition?

La qualité est très haute! Nous aurons le film argentino-espagnol Compétition officielle, avec Penélope Cruz et Antonio Banderas en ouverture du festival. Et en clôture, un film italien avec Claudia Gerini et Edoardo Leo (Lasciarsi un giorno à Roma), qui seront présents. Pour le reste, la sélection compte des films du Canada, des États-Unis, du Danemark, de Norvège, d’Espagne, d’Italie et de France avec des histoires très drôles à chaque fois. C’est ce que l’on veut proposer au public, en continuant les séances de projection gratuites pour voir des comédies de pays dont les productions ne sont pas forcément distribuées en France et Italie. C’est la grande force de ce festival depuis que nous l’avons créé. Même chose pour les courts-métrages. Quand nous avons ouvert la pré-competition, le monde entier a répondu (rires). Nous en avons reçu presque 300. On les regarde tous et piano, piano nous sommes arrivés à constituer cette sélection, que je trouve fantastique.

Précisément, qui établi la sélection?

 

Outre notre équipe au festival, nous faisons appel à des sélectionneurs qui travaillent pour de grands festivals internationaux. Au fil des années, nous avons créé aussi des connexions avec beaucoup de réalisateurs, de producteurs et nous suivons la préparation de certains films. Même si notre règle est drastique: nous ne voulons montrer que des films forts. D’ailleurs certains longs-métrages présentés ces dernières années d’abord dans notre festival ont connu d’immenses succès comme Mariage à la Grecque ou La mort de Staline. Cela prouve, en un sens, la qualité de ce que nous présentons. Je me souviens aussi de Peter Bogdanovich qui vient de nous quitter. Il y a quelques années, quand il est venu au festival, au moment de repartir à Los Angeles, nous avons dû changer ses billets d’avion. Son dernier film qu’il avait montré au festival avait été repéré, des distributeurs l’ont appelé, il est allé à leur rencontre et a vendu les droits de diffusion en France et Italie dans la foulée.

Comme au Festival international du film de Cannes, envisagez-vous un jour de créer un marché du film, en parallèle des projections?

Ce serait un rêve… mais logistiquement c’est compliqué car il y a beaucoup d’événements à Monaco et il est difficile de garantir les mêmes dates chaque année pour le festival.

Qui sera honoré pour l’ensemble de sa carrière cette année?

J’ai réussi à convaincre une des plus grandes actrices qui a traversé l’histoire cinématographique italienne: Stefania Sandrelli. C’est une femme exceptionnelle, fascinante une des rares actrices italiennes qui a travaillé dans le monde entier, et qui a représenté la fiancée que tout le monde a voulu avoir. Ainsi nous continuons la tradition d’honorer la carrière de grandes actrices et acteurs qui ont fait l’histoire du cinéma dans le monde. Je me rappelle quand j’ai remis ce trophée à Michèle Mercier (légendaire Angélique, marquise des anges), elle était très émue et m’a dit que c’était la première fois de sa carrière qu’elle recevait un prix. Alors je suis ravi d’avoir convaincu Stefania Sandrelli de venir recevoir ce prix. Et d’ailleurs, elle aussi a tourné avec Jean-Paul Belmondo!

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