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Nicolas Vanier: "Les gens me disent qu’il faut absolument montrer mon film aux enfants"

Mis à jour le 09/10/2019 à 09:30 Publié le 09/10/2019 à 09:00
Nicolas Vanier en avant-première à Nice, avec l’actrice Mélanie Doutey.

Nicolas Vanier en avant-première à Nice, avec l’actrice Mélanie Doutey. Photo Franck Tetaz

Nicolas Vanier: "Les gens me disent qu’il faut absolument montrer mon film aux enfants"

Après "Belle et Sébastien", Nicolas Vanier est parti en ULM tourner "Donne-moi des ailes", l’histoire romancée de Christian Moullec, l’homme qui vole avec les oies sauvages. Un grand film d’aventures familial et écolo, dont il nous a parlé en avant-première...

Nicolas Vanier et Mélanie Doutey sont venus à Nice présenter en avant-première Donne-moi des ailes, le nouveau film du réalisateur de Belle et Sébastien, de L’École buissonnière et du Dernier trappeur. Il raconte, de manière romancée, l’histoire de Christian Moullec, ornithologue écolo et visionnaire, qui avait accompagné en ULM (planeur ultra-léger motorisé) dans leur vol migratoire un groupe d’oies sauvages menacées d’extinction pour leur enseigner une route plus sûre. Une expérience réussie, mais qui n’a, hélas, pas eu de suite, comme le réalisateur nous l’a raconté avant la projection…

Comment avez-vous rencontré Christian Moullec?
Son aventure m’avait passionné. Quelqu’un capable de tout sacrifier pour un projet aussi fou que celui-là, forcément ça me parlait. J’ai passé ma vie à construire des cabanes dans les arbres pour me rapprocher des oiseaux, mais je n’aurais jamais pensé pouvoir voler avec eux. Quand je l’ai fait, grâce à Christian, j’ai trouvé cela tellement formidable que j’ai tout de suite eu envie d’en faire un film.

Ce n’est pourtant ni un documentaire ni un biopic…
Non, je pensais que la fiction se prêtait mieux pour raconter cette histoire. J’ai donc rajouté des éléments fictionnels, dont le petit garçon, mais j’ai gardé l’essentiel: son projet pour sauver une espèce d’oies naines menacée de disparition.

Comment s’est effectué le tournage?
Cela a pris du temps, car on s’est remis dans les conditions de l’expérience et on a tourné sans effets spéciaux, ni trucages. On a vu naître les oies, il a fallu attendre qu’elles se familiarisent avec les acteurs et l’équipe de tournage, les caméras, les ULM, les drones…

On ne dirige pas des oies: ce sont elles qui dictent les conditions du tournage. Le plus dur a été de les habituer aux drones: quand elles les voyaient arriver, elles s’enfuyaient en croyant que c’étaient des rapaces…


Comment avez-vous choisi vos acteurs?
Il fallait des gens qui s’impliquent au-delà du film. Je savais qu’avec Jean-Paul Rouve, ce serait le cas. En plus, il a le côté enfantin du personnage tout en étant parfaitement crédible en ornithologue Bac +7. Le gars est un peu fou, mais c’est un scientifique.

Pour Mélanie, il ne m’a fallu que quelques minutes d’entretien dans un restaurant pour savoir que ce serait elle. D’autant qu’ils se connaissent bien avec Jean-Paul et se fréquentent depuis longtemps. Pour le gamin, en revanche, on a casté deux-mille-quatre-cents ados. À la fin, il en restait trois. J’ai demandé leur avis à Jean-Paul et Mélanie et on était d’accord tous les trois sur le choix de Louis Vazquez. C’était une évidence.

Pourquoi ce titre: Donne-moi des ailes?
À cause du parallèle que je fais entre l’apprentissage du vol migratoire et celui du jeune garçon qui, d’abord indifférent voire rebelle, finit par se passionner pour l’expérience de son père. Lui aussi, en quelque sorte, va apprendre à voler de ses propres ailes…

Derrière le film d’aventures familial, il y a un propos écologique et politique…
Bien sûr. Le film délivre plusieurs messages d’actualité. Un tiers des oiseaux d’Europe a déjà disparu. Le second tiers est quasiment condamné. Il ne restera que le dernier tiers à sauver. La disparition massive des espèces animales touche toutes les régions du globe.

On est entré dans une phase d’emballement du réchauffement climatique qui aboutira à des extinctions d’espèces de manière exponentielle. Il y a une prise de conscience aujourd’hui, mais on ne change rien. On sort la boîte à outils pour réparer, alors que c’est la voiture qu’il faut changer. Même si elle n’a pas été poursuivie, faute de budget et d’autorisations, et que les oies naines sont toujours menacées, l’expérience de Christian Moullec est une leçon d’optimisme. On sait que ça pourrait marcher. Tout n’est donc pas perdu: avec le tiers des espèces restant, on peut encore recapitaliser. En revanche, si on ne fait rien, on se réveillera un jour sans plus pouvoir entendre le chant d’un oiseau.

Qu’est-ce qui vous permet, malgré tout, de rester optimiste?
Les réactions du public aux avant-premières. Les gens viennent me voir après la projection pour me dire qu’il faut absolument montrer mon film aux enfants. Comme si c’était une obligation d’utilité publique. C’est que le message est bien passé.


Donne-moi des ailes.
De Nicolas Vanier (France). Avec Jean-Paul Rouve, Mélanie Doutey.
Genre: aventure. 1h53.
Sortie le 9 octobre.


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