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Monica Bellucci à Monaco: "un bon film doit donner à réfléchir"

L'actrice - honorée pour l'ensemble de sa carrière hier au Monte-Carlo Film Festival de la comédie - s'est confiée sur son travail et sur sa récente collaboration avec Emir Kusturica

PROPOS RECUEILLIS PAR CEDRIC VERANY Publié le 06/03/2017 à 05:26, mis à jour le 06/03/2017 à 11:52
De la terrasse du Fairmont Monte-Carlo au tapis rouge du Monte-Carlo Film Festival, l'actrice a affolé les objectifs des photographes hier à Monaco. Photo Jean-François Ottonello

Le regard doux. La voix teintée par son grain italien. Elle dit aimer Monaco pour son contraste entre "la tranquillité que l'on ressent ici et la mer en mouvement", jetant un œil distrait sur la Méditerranée se montrant capricieuse hier depuis les fenêtres d'un salon de l'hôtel Fairmont, où elle enchaîne les interviews.

Monica Bellucci était en Principauté, invitée d'honneur du 14e Monte-Carlo Film Festival de la comédie organisé par son compatriote Ezio Greggio. Un passage éclair dans cette Principauté, où elle fut résidente il y a vingt ans, heureuse d'y revenir "pour recevoir ce prix, reconnaissance de mon parcours cinématographique".

Le festival qui vous reçoit rend hommage à l’art de la comédie, c’est un genre qui vous plaît?
Oui, même si je dois dire que je n’en ai pas fait beaucoup. Mais la comédie est ancrée dans la tradition italienne avec cette capacité de raconter des drames avec ironie. Le sourire n’empêche pas de raconter des choses très profondes. À travers l’humour, on a la distance nécessaire pour voir la profondeur. Il faut savoir doser, c’est le genre le plus difficile au cinéma. Une des plus belles comédies que j’ai pu voir en France c’est Un air de famille avec Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui et Catherine Frot. C’est tellement fin, intelligent et drôle. J’adore les films comme ça. Mais on ne voit pas souvent des comédies bien écrites.

Vous en propose-t-on?
Pas beaucoup, mais le peu que j’ai fait a eu beaucoup de succès comme Astérix et Cléopâtre. Je viens également de jouer pour la série américaine Mozart in the jungle, où il y a des moments très drôles.

 

Vous venez de terminer un tournage fleuve avec Emir Kusturica, c’était une vraie aventure?
Effectivement, nous avons tourné sur quatre années et achevé le film en mars 2016. C’était une vraie expérience de travailler avec ce metteur en scène qui est très éclectique. J’ai l’habitude de dire qu’il est un artiste plus qu’un réalisateur, qui a une manière de raconter le cinéma. Quand il tourne, il est comme un peintre sur sa toile. Il faut être prêt à s’adapter à toutes les situations, par rapport à ce qu’il ressent, car le script n’est qu’une base. Ce fut une expérience parfois même physiquement dure, mais il m’a transportée dans son monde. J’ai même appris mes répliques en serbe pour ce film! Il y a eu des moments compliqués, mais des moments de grande magie. Mon excitation à travailler avec lui était intacte et il m’a offert ce rôle magnifique.

Ce sont ces aventures cinématographiques que vous recherchez aujourd’hui pour dire oui à des projets?
J’ai deux enfants qui ont besoin de ma présence et je donne au cinéma juste un peu de temps. Quand je tourne, il faut que ce soit pour une aventure qui en vaut la peine. Je n’ai jamais travaillé pour travailler. J’ai toujours travaillé, car j’étais transportée par un instant qui m’amenait vers un projet que je sentais vraiment.

Vous êtes un pont entre les cinémas italien et français. Regrettez-vous qu’ils soient aujourd’hui moins liés qu’il y a quelques décennies?
C’est dommage en effet, alors que les cinémas français et italiens étaient cousins. Trintignant, Delon, Belmondo ont tourné des films magnifiques en Italie. Et Mastroianni, Claudia Cardinale ont fait des films magnifiques en France. Le problème est que le cinéma italien est devenu moins productif, moins de films ont une carrière internationale. En vingt-cinq ans de carrière, je n’ai joué que dans un seul film italien qui a fait le tour du monde, Malèna. Il y a pourtant une nouvelle génération intéressante d’acteurs et de metteurs en scène. Mais le problème est politique et économique.

À ce titre, au regard d’une Europe troublée politiquement et socialement, pensez-vous que le cinéma puisse avoir un rôle?
Je crois qu’un beau film doit donner à réfléchir. Un beau film c’est comme un bon livre, une peinture, une musique, qui est une source d’inspiration.
C’est la magie du cinéma, on ne peut pas la nier. Et elle fait partie de la culture d’un pays.

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