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"Le succès n’était absolument pas calculé": le producteur de "La Cité de la peur" revient sur son film 25 ans après

Mis à jour le 16/05/2019 à 11:43 Publié le 16/05/2019 à 11:43
Charles Gassot : « Avec les Nuls, on est tout de suite entrés en connivence sur La cité de la peur ». Ce jeudi soir au ciné de la plage, la piste attend Darmon et Chabat pour la Carioca!

Charles Gassot : « Avec les Nuls, on est tout de suite entrés en connivence sur La cité de la peur ». Ce jeudi soir au ciné de la plage, la piste attend Darmon et Chabat pour la Carioca! Photo DR

"Le succès n’était absolument pas calculé": le producteur de "La Cité de la peur" revient sur son film 25 ans après

Charles Gassot est le producteur assez audacieux pour suivre les Nuls dans cette folle comédie, projetée ce jeudi 16 mai à 21h30 au cinéma de la plage, en face du Majestic. Retiré du cinéma, il ne sera pas à Cannes, mais se souvient avec enthousiasme...

Il ceint parfois une écharpe autour du cou, mais s’il est un producteur qui n’avait pas froid aux yeux, c’est bien Charles Gassot!

Prêt à toutes les audaces (Mortelle randonnée), aux projets les plus exigeants durant près de trente ans. S’engageant aussi bien dans les comédies d’Étienne Chatiliez (La vie est un long fleuve tranquille) ou d’Agnès Jaoui-Jean-Pierre Bacri (car il a forcément Le Goût des autres) que les drames sensibles de Patrice Chéreau (Ceux qui m’aiment prendront le train...).

Par passion du cinéma, mais aussi par envie de s’amuser, de rigoler et profiter de la vie entre amis. Un producteur à l’ancienne quoi! Et il fallait bien un type comme ça, pour suivre les Nuls dans leur folle aventure, La Cité de la peur.

Un pastiche des films d’horreur, prétexte à dynamiter tous les codes du genre et de la comédie, avec un humour contemporain tous azimuts, estampillé "esprit Canal+". Avec ces trublions-là aussi, Charles Gassot s’est senti "un air de famille"...

La Cité de la peur, un pari fou, voire "un peu débile" comme l’a qualifié Claude Berri, qui l’avait refusé?
"En tout cas, c’était un projet hors normes! Moi, je faisais déjà des pubs, j’avais produit le Chatiliez et j’allais travailler avec Jaoui et Bacri, j’étais peut-être en vogue à l’époque alors avec les Nuls, on s’est trouvés. Mais passer de ceux-là à Chéreau, c’est quand même le grand écart!"

L’objectif, c’était quoi?
"Oh, on a fait ça avant tout pour s’amuser! Le succès du film n’était absolument pas calculé, on n’avait pas de plan de carrière, et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça continue de marquer le public, vingt-cinq ans après."

Pourtant, que ce fut difficile à monter?
"À l’époque, je me suis heurté quasiment qu’à des refus. Déjà, avec Tatie Danielle, on avait brisé pas mal de tabous. Il y avait l’image d’Églantine, la gentille grand-mère de Jean-Claude Brialy et nous, tout à coup, on débarque avec une mamie salope! (rires) Alors La Cité de la peur, pour les banquiers, il a fallu s’accrocher, on n’avait pas un gros budget. Et puis on passait de la télé au cinéma. Mais moi, je n’aurais pas pu prendre Michel Drucker pour jouer dans la cité... Tous ceux qui ont participé à ce film (Tchéky Karyo, Jean-Pierre Bacri, Eddy Mitchell, Daniel Gélin, Michel Hazanavicius et même Rosanna Arquette ou Dave!) même pour une simple apparition, ont été très sympas."

C’était quand même un pari, bien avant Scary Movie de faire un tel pastiche? 
"Pour nous, ce n’était pas un pari, mais juste l’envie de se poiler ensemble. Pierre Lescure, alors patron des programmes de Canal+, nous avait donné sa bénédiction, et tout le monde s’est donné à fond, mais en s’amusant. Les Nuls avaient déjà un bon capital sympathie à l’époque, mais un peu clivante. Et pourtant, j’ai beau eu faire des choses plus importantes avant et après, à chaque fois que quelqu’un apprend que j’ai fait La Cité de la peur, même à Madagascar où j’œuvre depuis 22 ans pour Écoles du Monde, il me dit: "Respect!"."

Pourquoi ce film est-il si culte?
"Ah, dites-le moi! La production propose, mais le public dispose. Peut-être parce que le public a pressenti qu’il n’y aurait pas un deuxième film des Nuls. Mon seul regret, c’est qu’Alain Berberian (le réalisateur décédé en août 2017, ndlr) ne soit pas là pour cet anniversaire, car sur le tournage, il fallait quand même les gérer les trois zozos!"

Le film est en partie tourné à Cannes, mais paradoxalement hors festival, alors que l’intrigue se déroule pendant?
"En réalité, on a volé certains plans pendant le Festival! Installé dans le carré réservé à la production durant une projection, j’avais planqué une mini-caméra pour capter l’ambiance, mais j’étais mort de trouille à l’idée qu’elle se casse la gueule. Ça aurait été un scandale et Gilles Jacob m’aurait réellement assassiné! (rires)"

Et le succès public?
"Ah ce qui fut formidable, c’est l’attente que ce film a procuré. Lors d’une projection à Toulouse, des étudiants s’étaient tous mis à poils avec palmes et tubas pour attendre l’apparition des Nuls, qui faisaient une tournée en minibus avec bar en distribuant des capotes!"

Chabat et Darmon reviennent danser la Carioca à Cannes?
"Je ne sais pas. Moi pas. Producteur à 21 ans, j’ai eu la chance folle de faire 3.000 pubs et une cinquantaine de films, je me suis éclaté, mais à un moment, j’en ai eu marre. Quand je n’ai pas pu financer un Napoléon de Chéreau avec Al Pacino, où l’empereur déchu se confrontait à une ado sur Sainte-Hélène, je me suis dit: "Ils me font chier!" Et je me suis retiré, j’ai une maison d’hôtes en Bourgogne et j’expose des artistes contemporains…"

Cannes, version Festival, ça peut aussi être la cité de la peur?
"Ah, je me souviens d’une année, où on avait dit à Chéreau de rester pour le palmarès, avec Ceux qui m’aiment prendront le train. Il l’a attendu en vain, et je l’ai recueilli en larmes dans mes bras. Cannes, c’est aussi ça...


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