La saison du cinéma lancée à l'Institut audiovisuel de Monaco

La saison de l’Institut audiovisuel de Monaco mettra en valeur les long-métrages de divers horizons, de diverses époques, avec la volonté de faire revenir le public dans les salles.

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CEDRIC VERANY Publié le 02/10/2022 à 13:30, mis à jour le 02/10/2022 à 13:39
Les Jets contre les Sharks dans "West Side Story". Universal Colle./United Artists Corporation Corporation/Prod DB IAM

JLG, totalement". L’incipit du programme Tout l’art du cinéma est sans équivoque. JLG pour Jean-Luc Godard, disparu le 13 septembre dernier alors que l’Institut audiovisuel de Monaco bouclait sa programmation.

La cuvée 2022/2023 n’a pas de longs-métrages du maître suisse à l’affiche. Seule cette discrète dédicace imprimée à la dernière minute, indispensable, "car les cinéphiles et les critiques ont été chahutés par l’annonce de sa mort", souligne Vincent Vatrican, qui dirige l’Institut.

Le fil rouge de cette saison- la dix-neuvième des Mardis du cinéma- pensée avec Jacques Kermabon pourtant pourrait faire écho aux personnages de Godard. Car elle convoque l’esprit des héros de cinéma et de leurs jardins secrets.

Via une sélection de films où la caméra suit des femmes et des hommes sous l’emprise de pulsions, d’envies, de fantasmes à assouvir. "Et derrière ces personnages, une deuxième lecture se dessine, celle du jardin secret de leurs auteurs", complète Vincent Vatrican.

Un casting de maîtres du cinéma

Que ce soit pour les Mardis du cinéma ou les soirées labellisées avec diverses institutions, la saison de l’Institut audiovisuel compte attirer son public avec un casting de cinéastes de premier choix. Ernst Lubitsch a ouvert le bal le 22 septembre.

 

Des œuvres d’Orson Welles, Luis Bunuel, Alfred Hitchcock, Luchino Visconti, François Truffaut ou John Huston s’inscrivent dans la saison. Mais aussi David Cronenberg ou Leos Carax, réalisateurs majeurs dans l’histoire du cinéma de ces dernières décennies et qui n’avaient pas encore été programmés dans ces soirées monégasques.

"La difficulté est de toujours trouver le bon équilibre avec des œuvres d’horizons divers, de toutes les périodes du cinéma, mais de montrer aussi des cinéastes nouveaux". Les amateurs retrouveront donc Holy Motors le 4 octobre que Carax a réalisé presque dix ans avant son génial Annette.

Tippie Hedren, la Marnie d'Hitchcock. Universal Colle./United Artists Corporation Corporation/Prod DB IAM.

Quelques pépites jalonnent aussi le parcours. Comme le documentaire sur Chet Baker Let’s get lost signé par Bruce Weber en 1988. Il s’intercalera entre deux concerts du Monte-Carlo Jazz Festival. Son créateur, Jean-René Palacio, disparu en 2021, en avait eu l’idée.

La soirée du 1er décembre lui sera dédiée. De musique il en sera question aussi le 18 décembre avec une projection du West Side Story de 1962, "un film magique, génial, dans une version 4K qui est une splendeur", s’enthousiasme le programmateur.

Masterclass de Bruno Podalydès

Pour rester dans les sixties, l’équipe a choisi de montrer Pas de printemps pour Marnie, de 1964, une des dernières réalisations d’Alfred Hichtcock. Le film est malgré lui lié à l’histoire de Monaco, car le cinéaste imaginait son actrice fétiche, Grace Kelly, pour incarner ce personnage. Une offre envisagée puis déclinée par l’épouse du prince Rainier III.

 

"Elle a décliné cette offre tentante, rappelle Vincent Vatrican, car elle était déjà pleinement investie à cette époque dans son rôle de princesse". Et Tippi Hedren est devenue Marnie. "Même s’il a été décrié à l’époque car s’appuyant trop sur la psychologie des personnages, c’est un film magistral".

Les cinéphiles devraient apprécier deux rencontres inédites au programme. La première avec Mathieu Amalric, le 17 janvier dans le label De l’écrit à l’écran, où l’acteur-réalisateur viendra parler de son adaptation de Simenon en 2014, La chambre bleue. Le 30 janvier ensuite, c’est une masterclass qui est annoncée avec Bruno Podalydès, "un bon réalisateur de comédies, qui parle bien du cinéma".

Robert Mitchum qui enquête dans les rues de Monaco. Universal Colle./United Artists Corporation Corporation/Prod DB IAM.

Les amoureux de 7e art et de vieilles images locales pourront enfin se régaler avec L’énigmatique Monsieur D. de Sheldon Reynolds qui, en 1956, a tourné ce film avec Robert Mitchum dans les rues de la Principauté.

"C’est une curiosité policière, pas vraiment un chef-d’œuvre mais quelques plans au début sont tournés à Monaco". Une manière de tendre vers le patrimonial, car il n’y aura pas de ciné-conférence cette saison.

Au cœur de l’Institut, la Petite Salle a également sa programmation mettant en avant une production plus confidentielle mais riche du 7e art. Depuis l’ouverture en 2020, le lieu se fait progressivement une place dans la vie culturelle monégasque.

"Nous apprenons à vivre avec ce bâtiment et ces lieux, nous sommes dans une montée en régime mais c’est toujours compliqué d’appréhender les envies du public résume Vincent Vatrican. "La Petite Salle a été très bousculée par la Covid, nous n’avons pas encore exploré toutes ses possibilités et la fréquentation est encore un peu timide. C’est un travail de fond. On va mettre du temps à combler et effacer ce trou noir causé par la pandémie. Mais nous avons besoin de faire revenir le public dans les salles".

Les rendez-vous cinématographiques d'octobre à juin

Holy Motors de Leos Carax, le 4 octobre.

History of violence de David Cronenberg, le 18 octobre.

L’inconnu de Shandigor de Jean-Louis Roy, le 8 novembre.

Elvira Madigan de Bo Widerberg, le 15 novembre.

Le cabinet du Docteur Caligari de Robert Wiene, le 22 novembre.

Nuages épars de Mikio Naruse, le 29 novembre.

Let’s get lost de Bruce Weber, le 1er décembre.

Les gens de Dublin de John Huston, le 13 décembre.

West Side Story de Robert Wise et Jerome Robbins, le 18 décembre.

La vie criminelle d’Archibald de la Cruz de Luis Bunuel, le 10 janvier.

La chambre bleue de Mathieu Almalric, le 17 janvier.

Outrage de Ida Lupino, le 24 janvier.

La rivière de Tsai Ming-Iiang, le 7 février.

Poetry de Lee Chang-Dong, le 14 février.

Falstaff d’Orson Welles, le 28 février.

Ziyara de Simone Bitton, le 7 mars.

Anatomie d’un rapport de Luc Moullet, le 21 mars.

Le barrage d’Ali Cherri, le 28 mars.

Pas de printemps pour Marnie d’Alfred Hitchcock le 4 avril.

Le paradis d’Alain Cavalier, le 11 avril.

Mort à Venise de Luchino Visconti, le 16 avril.

Le fanfaron de Dino Risi avec Jean-Louis Trintignant, le 2 mai.

L’énigmatique Monsieur D. de Sheldon Reynolds le 9 mai.

Les deux Anglaises et le continent de François Truffaut, le 16 mai.

Le salon de musique de Satyajit Ray, le 6 juin.

Le songe de la lumière de Victor Erice, le 13 juin.

Le célèbre Chet Baker, héros du documentaire que lui consacre Bruce Weber en 1988. Photo Collection IAM.

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