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La déclaration d’amour vache de Jérôme Commandeur aux fonctionnaires dans Irréductibles

Dans cette comédie bien ficelée, Jérôme Commandeur incarne un fonctionnaire irrémédiablement attaché à son statut. Une déclaration d’amour en forme de vacherie.

Ludovic Mercier lmercier@nicematin.fr Publié le 29/06/2022 à 12:00, mis à jour le 29/06/2022 à 12:15
(Photos SND)

C’est une histoire de fonctionnaire. Et s’il y a bien une chose que l’on aime en France, c’est taper sur les fonctionnaires (tout en exigeant d’avoir un immense service public, cela va sans dire). Dans son nouveau film, Irréductible, Jérôme Commandeur, qui est à la réalisation et en tête de casting, a choisi d’incarner un fonctionnaire farouchement attaché à son statut et qui, pour échapper au plan de réduction des effectifs, a décidé d’accepter toutes les mutations, jusqu’aux plus improbables. "C’est un gars qui va faire le tour du monde parce qu’il ne veut pas sortir de son bureau", résume Jérôme Commandeur en paraphrasant l’un de ses amis. "Je trouvais que c’était joli de parler de la France et des Français, en cherchant ce qui nous rassemble, pas comme pendant la campagne présidentielle, tacle le comédien, de passage à Nice. Ce que je vois dans Irréductible, c’est une jolie définition de nous: c’est l’histoire de quelqu’un qui est toujours un peu ronchon, qui va à droite quand on lui dit d’aller à gauche. Moi, je suis comme ça: quand la rue est barrée, je dis aux flics que je dois aller chercher ma mère qui est en béquilles, alors qu’elle n’est même pas là, et qu’elle n’a pas de béquilles."

Clavier, Lemercier, Darmon...

Quand on lui demande s’il ne craint pas de s’attaquer à un sujet aussi clivant, il répond sans fard: "C’est une déclaration d’amour aux fonctionnaires, que j’aime beaucoup: ce sont eux qui nous exfiltrent d’Ukraine, qui réparent les pylônes, qui nettoient la neige pour qu’on voie nos familles à Noël. C’est tout ce que j’aime dans l’humour: charrier et dire merci, pour marcher sur deux jambes. Il ne faut surtout pas nous retirer le droit de charrier, on est le pays de Pierre Dac, de Molière, de Jamel."

Il ne s’en cache pas, ce n’est pas lui qui a trouvé l’idée. Car Irréductible est l’adaptation d’un film italien intitulé Quo Vado? (J’y vais, en français). "J’avais beaucoup aimé le concept: c’est une sorte de jeu de l’oie en accéléré. Il fallait franciser cette histoire et ce n’était pas une mince affaire parce que c’est bourré de références. L’humour, c’est assez national, et je ne pouvais pas garder les références italiennes."

Alors, tout en gardant l’histoire, il adapte. On retrouve ainsi au casting une pléiade de figures du cinéma français, plutôt à contre-emploi: "De mémoire, je ne crois pas que Christian Clavier ait jamais joué un syndicaliste du rail dans sa carrière..."

Valérie Lemercier est également là en capitaine de station de recherche, Gérard Darmon en ministre de la Fonction publique, mais aussi Éva Darlan ou Nicole Calfan, mais également l’excellente Pascale Arbillot, qui livre ici, avec brio, une haute fonctionnaire particulièrement zélée.

 

Distribution de tartes

Tout ce beau monde se donne à fond au service de cette bonne farce, dont la première victime est le personnage principal, qui ne manque pas d’aplomb, et qui va essuyer de nombreux revers: "J’adore quand les gens sont sûrs d’eux et qu’ils se prennent les retours de bâton. C’est très drôle d’avoir des personnages sûrs d’eux qui se prennent des tartes."

Pour ce deuxième film, Jérôme Commandeur s’est vu confier "les clés du camion" comme il dit, et pas de n’importe quel camion. Les lieux de tournage sont multiples. Plusieurs pays apparaissent à l’écran, un challenge quand on se souvient de la période dont on sort: "Ça a nécessité beaucoup de décors, dans plusieurs pays. Et c’est bien la moindre des politesses. Aujourd’hui, on peut regarder des films n’importe où sur le petit écran de son téléphone, alors si on veut convaincre les gens d’aller en salle, la moindre des choses c’est d’y mettre les moyens. On a eu quelques difficultés parce que c’était pendant la crise sanitaire, entre confinement et couvre-feu, et les pays ouvraient et fermaient un peu brutalement. Travailler un film pendant la Covid, c’était une aventure en soi."

Pour apprécier le film, il faut le prendre pour ce qu’il est: un excellent divertissement. Le réalisateur le reconnaît lui-même: "Ce n’est pas de l’humour de bac + 12. Moi, je fais un humour populaire, de cancre, un peu potache. Je vais peut-être un peu loin, mais c’est toujours bienveillant."

Tour de France

Le monde du cinéma est en pleine mutation. Les plateformes de prennent une place grandissante, mais dans le métier, on a tendance à considérer que ça n’est pas le même travail. C’est le cas de Jérôme Commandeur : Et il adore ça.

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