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Jeff Domenech présente son documentaire "Belmondo l'influenceur" ce vendredi à Cannes

Le réalisateur cannois, ami fidèle de Bébel durant ces quinze dernières années, présente son documentaire, Belmondo l’influenceur, ce vendredi soir à 21 h au cinéma L’Olympia de Cannes.

Alexandre carini Publié le 21/10/2021 à 10:00, mis à jour le 20/10/2021 à 21:32
Jeff Domenech, ami fidèle de Bébel et réalisateur de. (Photo A.Carini)

Ça pourrait être le scénario d’un film, entre L’aîné des Ferchaux et Un singe en hiver. L’histoire d’un jeune Cannois, ancien gérant de fast-food à Grasse, dont la passion du cinéma le mène un jour à côtoyer le réalisateur Georges Lautner, puis à devenir l’ami fidèle de Bébel, son idole d’enfance. Jusqu’à lui consacrer trois documentaires (dont Jean-Paul Belmondo, itinéraire… projeté au Festival de Cannes pour la palme d’honneur décernée à l’acteur), et un dévouement sans faille jusqu’aux derniers jours de la star. On retrouve Jeff Domenech dans l’une de ces maisons cannoises que Le Magnifique aimait louer pour ses vacances estivales. Un QG vue mer avant de faire de bonnes bouffes entre potes, assister à un match de boxe ou de foot, et couler des jours heureux sous le soleil de la Côte d’Azur. A l’invitation du cinéma Olympia de Cannes, Jeff présente son documentaire, Belmondo l’influenceur, ce vendredi soir (8 euros la séance). Au travers des témoignages d’un casting hors normes, le rayonnement d’un homme sur plusieurs générations, une de ces stars qui aura marqué l’histoire du 7e art.

La vie à Cannes, moins belle sans Jean-Paul Belmondo?

Pfff... J’ai encore du mal à imaginer qu’il n’est plus là, il faut que j’aille sur la page Wikipédia pour constater qu’il est bien mort le 6 septembre. Il est tellement présent dans mes souvenirs et j’en parle tant avec les gens depuis plus d’un mois, que j’ai l’impression qu’il est toujours vivant. Il y a ce manque, mais Jean-Paul avait dit: "Le jour où je vais mourir, ne soyez pas tristes. J’ai eu une vie d’homme heureux, l’amour de ma famille, de mes amis, du public, et j’ai connu de très belles femmes…"

 

Votre rencontre est digne d’un film de Georges Lautner?

C’est grâce à Georges, qui m’avait pris en affection, que j’ai rencontré Jean-Paul. Un jour, il m’envoie chercher un ami au Martinez pour déjeuner. Je lui demande si je le connais, il me répond: "tu vas le reconnaître, c’est Jean-Paul Belmondo". Je n’en revenais pas, j’ai lavé à fond ma voiture, mon frère m’a pris pour un mytho! Quand je suis arrivé devant l’hôtel, je me suis présenté comme chauffeur, et Jean-Paul m’a dit: "Tu es l’ami de Georges, donc tu n’es pas mon chauffeur, tu es mon ami." C’était la rencontre d’un homme de 73 ans affaibli après un AVC, que le cinéma avait un peu oublié, mais qui était resté très populaire. À Cannes, on se faisait interpeller au resto par des fans de toutes nationalités: on se rend compte que ses films ont fait le tour du monde. Entre lui et moi, c’est quinze ans d’amitié, à passer nos vacances d’été ensemble sur la Côte d’Azur et en Corse.

Il t’a fait confiance tout de suite?

Comme Charles Aznavour et Claude Brasseur, que j’ai également rencontrés ils ont une expérience de vie, ils sentent rapidement les gens, et leurs intentions. Quand j’ai proposé à Jean-Paul de faire un documentaire sur lui, à un moment où c’était surtout la presse people qui en parlait, il m’a dit: "Ça va intéresser qui?" Résultat, le film (Belmondo, itinéraire…) a été projeté au Festival de Cannes, les photographes ont posé leurs appareils pour l’applaudir, du jamais vu, ce fut une grande fête et sa carrière a été de nouveau mise en lumière.

Ami, après avoir été son fan idolâtre?

C’est une histoire que je n’aurais jamais imaginée. Ado, j’avais des posters de Jean-Paul dans ma chambre, je cassais des tuiles à courir sur le toit comme lui chez mes parents. Et la première fois que je suis venu au Festival de Cannes à 15 ans, il y avait une immense affiche de film devant le Martinez. Mon père m’a fait placer devant pour la photo en me disant: "c’est la seule fois où tu poseras avec Belmondo!"

 

Tu étais auprès de lui, quasiment jusqu’au dernier jour?

L’été dernier, il ne pouvait plus venir à Cannes alors je l’ai rejoint à Paris. On a revu beaucoup de ses films (d’habitude, il ne le souhaitait pas) de Léon Morin prêtre au Guignolo. Je suis repassé le voir le 5 septembre pour l’embrasser, je lui ai dit à demain mais…

Il est mort paisiblement, parce que sa famille était très présente pour l’accompagner, notamment son fils, Paul, qui s’est comporté en chef de famille. À 88 ans, Jean-Paul est arrivé au bout du chemin après un beau parcours, mais son sourire manque car c’était un être solaire, d’humeur constante, ce qui est rare dans ce métier. Et malgré son handicap, je ne l’ai jamais entendu se plaindre. Il adorait venir à Cannes et quand je repasse devant le Moure rouge à Cannes ou la route du cap d’Antibes, qu’il admirait, j’ai un pincement au cœur.

Le livre de son ancienne compagne, Carlos Sotto Mayor, choquant (1)?

Livre, déjà, c’est un bien grand mot! La fin d’une bonne action, c’est quand on commence à en parler. Moi, je me suis occupé de Jean-Paul comme un ami, un pote, par affection, et sans aucune rémunération. Et il ne me viendrait pas à l’idée d’écrire un livre sur ça, sorti opportunément quinze jours après sa disparition. Jean-Paul était un vieil homme qui avait besoin de repos et le dernier été qu’elle a passé avec lui à Cannes a été épuisant. Je pense que cette dame ne lui a pas fait que du bien…

Avec ses funérailles nationales, il y a eu la polémique sur son admission aux Invalides?

C’est une des rares polémiques. Certes, les Invalides sont réservées aux hommes d’État et soldats, mais un homme comme Belmondo a mené de nombreux combats et a fait rayonner la France dans le monde entier pendant soixante ans, ce qui n’est pas forcément le cas de tous les hommes politiques. Et de toutes nos grandes stars (Johnny, Delon, Aznavour, Polnareff) c’est le seul qui n’a jamais quitté la France pour raisons fiscales, alors pour moi, il a toute sa place aux Invalides! Jean-Paul avait aussi planifié ses obsèques dans son testament en écrivant: " A la fin, on ne va quand même pas mettre la musique du Professionnel ! Ah, je sens que vous en avez envie, alors passez Le Professionnel! "

 

(1) Jean-Paul, mon homme de Rio, de Carlos Sotto Mayor, paru le 9 septembre.

Offre numérique MM+

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