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"Je n’ai pas peur de déstabiliser. Au contraire": le film d'Alexandre Astier inspiré de Kaamelott bat déjà des records

Douze ans après la série culte Kaamelott, diffusée sur M6 de 2005 à 2009, l’acteur-réalisateur sort le premier volet d’une trilogie de films. Le film bat déjà des records de prévente pour les places d’avant-première.

Cédric COPPOLA magazine@nicematin.fr Publié le 20/07/2021 à 10:29, mis à jour le 20/07/2021 à 12:48
Alexandre Astier. Photo AFP

Quatre-cent-cinquante-huit épisodes, six saisons, diffusés sur M6 entre 2005 et 2009. Kaamelott, la série d’Alexandre Astier inspirée de la légende Arthurienne s’est imposée comme un véritable phénomène grâce à son humour et son esprit d’heroic-fantasy.

Au fil du temps, le maître d’œuvre a su jongler avec les durées, en passant d’un format très court (3’30) à 40 voire 52 minutes. Très attendu par la communauté un film voit désormais le jour et promet d’attirer les foules.

Ce premier volet (trois sont prévus pour clôturer la saga) ayant déjà battu des records en termes de pré-réservations, avec plus de 130.000 billets vendus avant sa sortie demain au cinéma.

Comment procédez-vous, lors de l’écriture, pour inventer une histoire capable de séduire ceux qui ne connaissent pas Kaamelott tout en répondant aux attentes des nombreux fans?
Ce n’est pas seulement une question d’équilibre. Il faut en premier lieu que le scénario soit fluide pour ceux qui ne connaissent pas l’univers. Il y a donc un côté Mario Bros dans ce film: un tyran, un roi sur le retour, une princesse enfermée en haut d’une tour… et on peut simplement l’apprécier sous cet aspect-là.

Satisfaire les fans est un autre pari, parce qu’il ne faut pas écrire pour eux. Ils connaissent tellement l’univers qu’il est nécessaire de leur tendre des pièges, de faire croire qu’on s’engage dans une direction avant de bifurquer. Surprendre des spectateurs qui souvent en savent plus que moi – j’avoue même faire un tour de temps en temps sur Wikipédia pour me rappeler certaines choses –, n’est donc pas facile mais demeure très intéressant.

Cependant, n’avez-vous pas, par moments, l’impression d’être prisonnier de cet univers?
Non! Si vous vous mettez à écrire le film que les gens attendent, c’est foutu puisqu’à un moment ils seront certainement plus inventifs que vous. L’unique petite arme en ma possession est que j’ai déjà écrit le Kaamelott suivant. Ma seule possibilité c’est l’inédit.

Par conséquent, je n’ai pas peur de déstabiliser. Au contraire. De toute façon, beaucoup de fans n’ont pas aimé la saison 5. Quand la saison 6 est sortie, ils ont fait la fine bouche en clamant que la 5 était devenue leur préférée. Là, on sort le film et je suis certain que je vais entendre: ‘‘Mais putain qu’est-ce qu’il a fait Astier… alors que la saison 6 était bien!’’

 

A-t-il été difficile de retrouver ces personnages dix ans plus tard? D’imaginer leur évolution et tout ce qui a pu se passer entre-temps?
Non. Cette période s’appelle Kaamelott résistance et je la raconterai, peut-être un jour, sous la forme d’un bouquin. Il s’agit d’une décennie d’occupation avec des collabos et des résistants où Arthur est absent avec l’autre taré de Lancelot à la tête du royaume. Écrire ce film en prenant en compte que le temps a passé n’a pas été un problème puisqu’il suffisait de partir du principe que chacun a choisi son camp.

Pour quelle raison avez-vous choisi de faire arriver aussi tardivement Le Roi Arthur, que vous incarnez?
Il s’agit d’un héros qui n’a absolument pas envie de refoutre les pieds dans ce royaume. Étant donné qu’il y est ramené contraint et forcé, j’ai trouvé amusant de retracer sa traque menée par plusieurs chasseurs de primes. Lors de ce retour, il est aussi assez silencieux.

Il ne faut pas oublier qu’Arthur trimballe une série de traumatismes et, par des flash-back, on découvre un lourd secret, qu’il n’a pas su gérer lors de l’adolescence. Cela apporte une épaisseur supplémentaire à ce type à qui les dieux répètent: ‘‘Tu vas trouver le Graal, tu vas amener la lumière sur Terre’’. Vu l’ampleur de cette mission et avec les bras cassés qui l’accompagnent, c’est normal qu’il fasse une petite déprime…

Vous apportez également de la profondeur en évoquant le couvre-feu, en faisant référence aux migrants ou en montrant un clan qui vit sous terre, isolé du monde…
Dans Kaamelott, je fais très attention à ne jamais être dans l’actualité car on peut très vite être has been. On y trouve plutôt des choses généralistes comme des traîtres, qui ont toujours existé. Je préfère aussi les archétypes aux personnages. Ensuite, tout était écrit avant la Covid et il n’y a donc aucune référence à l’épidémie.

En revanche, quand on parle d’occupation, le couvre-feu, des gens cachés, des restrictions, des blocus s’imposent d’eux-mêmes… Il est vrai qu’aujourd’hui le mot ‘‘couvre-feu’’ a une autre résonance, et j’avoue que ça ne me déplaît pas. Mais ce n’était pas prévu.

On retrouve Sting dans la peau d’un Saxon. Comment est-il arrivé sur le projet?
Dans ma tête, les Saxons ont toujours été des Anglais. J’ai toujours voulu marquer l’exotisme des envahisseurs par l’accent, à la manière de ces films où des soldats allemands parlent français. Ils maîtrisent la langue du pays qu’ils envahissent, ce qui les rend encore plus dangereux.

Je souhaitais aussi un artiste issu du milieu musical pour donner un côté pop… Je disais donc à mes équipes: ‘‘Mon rêve absolu c’est Sting!’’. Alors on a fini par lui demander, et il est venu.

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