"J'ai perdu assez peu de ma colère ado": Swann Arlaud se livre en marge des Rencontres cinéma de Cannes

Dans "Tant que le soleil frappe", présenté en avant-première aux Rencontres Cinéma de Cannes, Swann Arlaud incarne un paysagiste humaniste qui veut imposer un jardin partagé à Marseille.

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Alexandre Carini (acarini@nicematin.fr) Publié le 24/11/2022 à 12:20, mis à jour le 24/11/2022 à 11:45
Swann Arlaud aux RCC: pas toujours aussi à l’aise, sur la Croisette. Photo A. Carini

Bon, d’accord, il a tenté de végétaliser sa terrasse à Paris… et n’a récolté que "deux petites tomates cerises!" (sic).

Mais Swann Arlaud a beau ne pas avoir la main verte, dans Tant que le soleil frappe, présenté en avant-première aux Rencontres Cinéma de Cannes, il est une nouvelle fois bluffant dans les rêveries un brin utopistes et très obstinées de Max.

Dans le film de Philippe Petit, il incarne un paysagiste qui veut créer un jardin ouvert et partagé pour les habitants, sur une place bétonnée de Marseille. Mais qui se heurte de plein front aux intérêts commerciaux et architecturaux du moment, plus prompts à bâtir un mur végétal sur un hôtel 5 étoiles qu’à édifier un monde naturellement plus vivable.

Malgré une fille à élever, une femme enceinte et des difficultés à boucler les fins de mois, Max ferraille pour son projet. En vert et contre tout.

Un amer de Swann

"Moi, ça me parle, car j’habite en ville et je n’ai qu’une envie, me barrer à la campagne!, clame l’intéressé, qui revendique, à l’image de son personnage, un petit côté insurgé. J’ai perdu assez peu de ma colère ado contre l’injustice de cette société, que j’aime de moins en moins. Et c’est ça que je trouve très fort dans ce film. Max est guidé par un certain idéalisme, mais au service d’un lieu de rencontre pour tous, qui crée du lien et donne du temps pour se poser, tout l’inverse de ce rouleau compresseur dans lequel on vit!"

 

Un amer de Swann malgré ses airs juvéniles de grand gamin. Et une hypersensibilité qui lui a permis de s’imposer dans le cinéma français, même si cet enfant de la balle [son grand-père était comédien, sa mère et son beau-père sont metteurs en scène] ne cesse jamais de douter. "J’ai le complexe du mec qui vient de là, et qui a l’impression qu’il doit toujours en montrer plus. Mais j’ai compris que ce doute faisait partie intégrante du métier."

Tapis rouge de honte

Cela ne l’a d’ailleurs pas empêché de récolter deux Césars (pour Petit paysan et Grâce à Dieu). Mais n’allez pas croire que celui qui, passé 40 ans, ne veut plus jouer à Peter Pan, est pour autant entré dans "l’establishment".

Même au Festival de Cannes, où ses films ont été sélectionnés (à la Semaine de la critique et à la Quinzaine), Swann garde un petit côté hors-sol. Surtout sur le tapis rouge! "J’y suis monté avec des bottines cuir trop grandes qu’on m’avait prêtées parce qu’on m’avait refoulé en baskets. J’étais aux côtés de Louise Bourgoin mais les photographes m’ont fait dégager, et en haut des marches, je me suis vautré!, raconte le garçon, sans craindre l’autodérision. Je croyais que personne ne m’avait remarqué, mais en rentrant dans la salle, j’ai constaté que la montée était retransmise sur grand écran, et que ma gamelle n’y avait pas échappé!". Une autre façon de crever l’écran. Mais un monde décidément cruel avec les doux rêveurs.


Tant que le Soleil frappe sort le 8 février.

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