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INTERVIEW. "Ce que j’ai surtout aimé, c’est le regard différent qu’il porte sur le handicap" José Garcia nous parle de "Chamboultout"

Mis à jour le 22/03/2019 à 12:01 Publié le 03/04/2019 à 18:00
Aussi à l’aise dans le drame que dans la comédie, José Garcia marie les deux dans "Chamboultout".

Aussi à l’aise dans le drame que dans la comédie, José Garcia marie les deux dans "Chamboultout". Photo Franck Fernandes

INTERVIEW. "Ce que j’ai surtout aimé, c’est le regard différent qu’il porte sur le handicap" José Garcia nous parle de "Chamboultout"

L’ex-acolyte d’Antoine de Caunes joue un aveugle (très) désinhibé dans "Chamboultout", la nouvelle comédie d’Éric Lavaine avec Alexandra Lamy comme épouse et partenaire. En avant-première à Nice, il nous a parlé de son travail.

Un rôle à la Vittorio Gassman. Difficile de rêver mieux pour un fan de cinéma italien comme José Garcia. C’est le cadeau que lui a offert Éric Lavaine dans Chamboultout, sa nouvelle comédie.
L’histoire d’un trader à succès, heureux en ménage et entouré d’amis fidèles, qui voit sa vie bouleversée par un accident de scooter. Il se réveille du coma frappé de cécité, sans mémoire immédiate et avec un déficit d’inhibition chronique qui lui fait dire et faire les pires horreurs.
À l’écran, cela donne une comédie sensible et lumineuse, dans laquelle Alexandra Lamy, très en beauté, joue sa femme et qui réserve à l’ex-acolyte d’Antoine de Caunes quelques jolies scènes burlesques. Mais pas que…

Éric Lavaine dit de vous que vous aimez les rôles à performance. C’est cela qui vous attirait dans Chamboultout?
Il dit cela parce que j’ai refusé plusieurs de ses propositions, au prétexte que je ne voyais pas ce que je pouvais apporter aux rôles de plus que n’importe quel autre acteur.
C’est vrai que j’aime les défis. Je me shoote à l’adrénaline. Mais dans le cas de Chamboultout, ce que j’ai surtout aimé, c’est le regard différent qu’il porte sur le handicap.

Un rôle d’aveugle désinhibé: ne nous dites pas que vous n’avez pas pensé à Parfum de femme?
Bien sûr que je me suis empressé de revoir le film de Dino Risi! Mais je ne voulais surtout pas faire une performance de handicap. Le rôle exigeait de la nuance: mon personnage sait qu’il a perdu la vue, mais il croit que c’est provisoire. Et surtout, il ne se rend absolument pas compte qu’il a perdu une partie de ses capacités intellectuelles.
En gros, il croit qu’il va retourner au bureau dans une semaine. Comme il n’a pas la notion du temps, ce n’est pas trop grave. Mais par moments, il a des éclairs de lucidité et il se rend compte…

"Je ne veux pas exploiter mon fond de commerce comique jusqu’à devenir pathétique."

Comment vous êtes-vous préparé à le jouer?
J’ai travaillé avec Dominique Dumont, le codirecteur du théâtre des Bouffes parisiens qui a perdu la vue il y a quelques années. Il m’a parlé de toutes les choses du quotidien d’un non voyant. Je suis aussi allé faire un stage avec les spécialistes d’une école de chiens d’aveugle, pour apprendre à me déplacer seul en ville.
Après, j’ai pris une canne et j’ai fermé les yeux. Sur le tournage, j’étais à l’isolement: on venait me chercher dans ma caravane pour m’accompagner sur le plateau. Là seulement j’ouvrais les yeux, car je devais jouer les yeux ouverts.
C’est ça la grande difficulté de l’exercice: faire semblant de ne pas voir alors qu’on a les yeux grands ouverts. Ne pas prendre directement l’assiette ou le verre qu’on vous tend. Faire semblant d’accrocher une chaise ou le cadre de la porte. Il faut être constamment concentré, alors qu’évidemment les petits copains se font un malin plaisir de vous tendre des pièges…

Qu’avez-vous personnellement apporté au personnage?
J’ai tenu à ce qu’il soit toujours très élégant. D’abord parce que sa femme s’occupe très bien de lui: elle l’empêche de trop manger alors qu’il ne pense qu’à ça.
Ensuite parce que pour les non-voyants, le toucher des vêtements est très important, très sensuel. Ils reconnaissent les vêtements à leur étoffe…


En dehors de celui-là, quel est le personnage que vous avez préféré jouer?
J’ai une affection particulière pour Serge Benamou de La Vérité si je mens, évidemment. Mais celui qui m’a le plus marqué est probablement Minor de Sa Majesté Minor.
Il fallait jouer à poil dans les ronces, pieds nus dans les cailloux et entouré de cochons méchants qui vous mordaient dès qu’ils pouvaient. Une vraie performance, pour le coup! Ça a été mon plus gros bide et celui de Jean-Jacques Annaud. Mais je le referai sans hésiter car c’était une expérience incroyable.

Vous vous êtes fait plus rare ces dernières années, pourquoi?
C’est compliqué pour moi parce que je recherche des rôles originaux et que je ne veux pas exploiter mon fonds de commerce comique jusqu’à devenir pathétique.
Ça m’emm… de refaire ce que j’ai déjà fait et les propositions originales sont rares. Du coup, je me suis mis à écrire: on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Quel est le rôle que vous auriez rêvé d’avoir?
Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody! J’aurais été génial (rires).
Mais je n’ai pas dit mon dernier mot: s’il y a un biopic de Karl Lagerfeld, je veux le faire!

En attendant on vous verra dans la suite des Petits Mouchoirs…
Oui, je remplace Jean Dujardin puisqu’il est mort dans le premier. C’est une petite participation mais sympa, vous verrez…


Chamboultout.
D’Éric Lavaine. Avec Alexandra Lamy, José Garcia, Michaël Youn...
Comédie. 1 h 40. En salles.

à partir de 1 €


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