Douglas Kennedy en président du jury, hommage à Jean-Luc Godard, 31 films en avant-premières... ce qu'il faut savoir sur les 35e Rencontres cinéma de Cannes

Les 35e Rencontres cinéma de Cannes proposent huit films inédits en compétition (souvent primés ailleurs), et vingt-trois autres longs-métrages en avant-première, du 21 au 27 novembre.

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Alexandre Carini Publié le 17/11/2022 à 12:30, mis à jour le 17/11/2022 à 11:36
Hommage à Jean-Luc Godard lors de ces Rencontres de Cannes 2022. Photo DR

Ce n’est pas le Festival de Cannes, avec son tapis rouge et ses paillettes pour la quinzaine de mai. Et le smoking-noeud pap’ou la robe de soirée ne sont pas de rigueur pour se rendre aux projections. Mais la convivialité et la simplicité des échanges, en revanche, sont toujours les bienvenues aux Rencontres cinématographiques de Cannes, le traditionnel rendez-vous automnal des cinéphiles.

Du 21 au 27 novembre (avec soirées d’ouverture et de clôture), cette 35e édition s’annonce particulièrement belle et riche. En compétition, un panorama du cinéma mondial au travers des huit films inédits (souvent déjà primés ailleurs), que le jury présidé par l’écrivain Douglas Kennedy devra départager. Hors compet’, vingt-trois longs-métrages sont également projetés en avant-première, en présence de membres de l’équipe (réalisateur tel Bruno Chiche ou acteur) pour dix-neuf d’entre eux.

Le cinéma de demain, sans oublier le 7e art d’hier avec trois séances hommages rendus aux chers disparus, Bertrand Tavernier, Jean-Luc Godard et Mario Bava, maître du cinéma d’horreur italien. La manifestation orchestrée par Cannes Cinéma se veut également pédagogique avec pas moins de quatre-cents lycéens attendus dans les ateliers, séances scolaires et master class consacrés aux films du Baccalauréat option cinéma. C’est ce qui s’appelle œuvrer pour la (bonne) cause!

Les films en compétition

Ils sont huit longs-métrages, déjà primés dans d’autres festivals et projetés en avant-première, à concourir pour le Grand Prix des RCC; le prix François Chalais du scénario et le prix du public. Aucun ours, de Jafar Panahi, parle de la difficulté de s’aimer en Iran face aux poids des traditions et de la politique. À travers le parcours imaginé de la romancière anglaise Emily Brontë, Emily (de Frances O’Connor) dresse le portrait d’une femme libre et rebelle; Houria (de Mounia Meddour) traite du combat résilient d’une jeune danseuse (Lyna Khoudri), dont le corps est meurtri après une agression; Interdit aux chiens et aux Italiens retrace avec sensibilité le roman familial d’Alain Ughetto à travers le génie de l’animation ; Nos soleils, film espagnol de Carla Simón récompensé de l’Ours d’or à Berlin, conte la fable rurale d’une famille d’agriculteurs en péril; La Nuit du verre d’eau (de Carlos Chahine avec Nathalie Baye) traite de la révolte d’une femme contre les conventions de la société patriarcale au Liban en 1958; Saint-Omer, film de procès, est le nouveau pamphlet politique d’Alice Diop, récompensé à Venise, tandis qu’Une femme indonésienne (de Kamila Andini) retrace le parcours d’une femme vers son émancipation.

Les hommages et cartes blanches

La dégaine de voyou insolent incarné par Belmondo, anti-héros de la Nouvelle Vague face à Jean Seberg, vampirisera encore l’écran pour l’hommage à Jean-Luc Godard (décédé en septembre dernier) avec bout de souffle. Autre grand disparu, Bertrand Tavernier (mort dans sa maison de Sainte-Maxime le 25 mars 2021) dont on projettera la comédie politique Quai d’Orsay lors d’une séance présentée par la voix sans pareille du journaliste Laurent Delmas.

 

Enfin, le maître des frissons italiens, Mario Bava, sera également honoré à travers deux films, Le Masque du démon et Les Chiens enragés. Fidèle des RCC, Meï-Chen Chalais (veuve de François Chalais) profitera de sa carte blanche pour évoquer Robert Hossein, Maurice Ronet, Jean-Louis Trintignant, mais aussi Jean Seberg et Les Monstres sacrés du cinéma français via les docs signés Licange Production. Le prix de la citoyenneté a choisi pour sa part de projeter Leïla et ses frères, très beau film iranien en compétition au Festival de Cannes 2022. Enfin, dans le cadre du partenariat Unesco Cannes-Dakar, huit courts-métrages africains seront à découvrir lors d’une même séance.

Les avant-premières

En avant la musique pour les avant-premières! Les rencontres débutent en fanfare avec Maestro(s) projeté à l’ouverture lundi 21 novembre à 19h, où Pierre Arditi et Yvan Attal incarnent deux chefs d’orchestre qui marchent à la baguette de père en fils. Le réalisateur Bruno Chiche, le comédien Nils Othenin-Girard (Couleurs de l’incendie) et l’actrice Caroline Anglade (Divorce Club) seront là de concert pour la partition avec le public de l’espace Miramar.

L’inclassable Jackie Berroyer (pour Ailleurs si j’y suis), la belle Cécile de France (La Passagère), le Césarisé Swann Arlaud en paysagiste urbain à Marseille dans Tant que le soleil frappe, Stéphane Freiss qui présente son premier film de réalisateur (Tu choisiras la vie), le cinéaste Marc Fitoussi (Les Cyclades) et le dramaturge Alexis Michalik pour l’adaptation de sa pièce Une histoire d’amour feront aussi l’évènement, tandis que Jean-Paul Salomé (La Daronne) est invité en clôture pour la projection de La Syndicaliste (avec Isabelle Huppert dans le rôle-titre).

Le jury

On ne le sait pas toujours mais avant d’être un écrivain à succès, qui dégaine le best-seller plus vite que ne tire Lucky Luke, Douglas Kennedy* fut aussi régisseur et fondateur d’une compagnie théâtrale. Francophone et parisien à ses heures perdues, le romancier américain était adapté au cinéma dès son premier ouvrage (Cul de sac, devenu Bienvenue à Woop Woop en 1998), avant que deux autres titres (L’homme qui voulait vivre sa vie et La Femme du Ve) ne soient à leur tour captés par le 7e art.

 

De quoi en faire un président de jury parfaitement légitime, aux côtés de l’actrice Marilyne Canto (la juge dans Enquête sur un scandale d’État), du jeune comédien Pablo Pauly (au générique de quatre films en 2022), de l’humoriste et actrice Julie Ferrier (L’Arnacoeur) et de l’auteur BD Pierre Allary (qui a notamment ressuscité Zorro avec l’album Don Vega).


Programme complet sur www.cannes-cinema.com; tarifs des projections: 6,50 euros; 5,50 euros pour adhérents Fnac et associations cinéphiles; 2,50 euros pour les moins de 25 ans, chômeurs et inscrits à la mission locale.

*À noter que Douglas Kennedy ira à la rencontre du public mercredi 23 à 14h à la médiathèque Noailles. Mardi 22, il sera aussi à la libraire Autour du livre , à Cannes à 18h pour une séance dédicace de son dernier roman, Les hommes ont peur de la lumière.

Douglas Kennedy Photo P. Arnassan.
Le film d'Alice Diop. Photo DR.
Cécile de France. Photo DR.
Stéphane Freiss. Photo D. A..

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