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"C’est un film sur les préliminaires..." Cédric Klapisch revient à Paris pour "Deux moi", une love story moderne

Mis à jour le 05/09/2019 à 12:28 Publié le 11/09/2019 à 12:00
Cédric Klapisch et les deux comédiens vedettes de Deux moi, Ana Girardot et François Civil.

Cédric Klapisch et les deux comédiens vedettes de Deux moi, Ana Girardot et François Civil. Photo Emmanuelle Jacobson-Roques

"C’est un film sur les préliminaires..." Cédric Klapisch revient à Paris pour "Deux moi", une love story moderne

Le réalisateur de "L’Auberge espagnole" retrouve le Paris populaire de "Chacun cherche son chat" pour une vraie-fausse comédie romantique, au ton plus grave que de coutume. Il s’en explique...

Après une escapade rurale pour Ce qui nous lie, Cédric Klapisch revient à Paris pour Deux moi.  L’histoire de Rémy et Mélanie (François Civil et Ana Girardot), deux jeunes Parisiens dépressifs qui cherchent vainement l’amour sans savoir qu’ils sont des âmes sœurs, d’autant plus destinés à se rencontrer qu’ils sont voisins.

Une comédie romantique douce-amère dont le réalisateur de L’Auberge espagnole nous a parlé au Festival du film francophone d’Angoulême, où le film était présenté en avant-première nationale…

Deux moi est-il un Klapisch dépressif?
Non, je vais bien je vous rassure. Mais j’ai connu la dépression quand j’avais vingt ans.

Ça m’est tombé dessus sans prévenir et, du jour au lendemain, je ne dormais plus. Je suis allé consulter et, d’une phrase, mon problème a été résolu. Le soir même, je dormais à nouveau!

Il faut vous dire, aussi, que ma mère est psychiatre: le pouvoir curatif de la parole, ça m’intéressait forcément d’en parler. Il n’est pas mauvais, me semble-t-il, de rappeler que c’est bon de se parler.

Pour moi, le film est avant tout une comédie. Il parle de deux personnes qui se sentent seules et ne vont pas bien, mais sur un mode léger et tendre.

" Les réseaux sociaux fabriquent de la dépression."

L’un des thèmes, très actuel, est la solitude que l’on peut ressentir dans un monde hyperconnecté…
Avec les réseaux sociaux, on a l’impression d’être en connexion avec des millions de gens, mais on se rend compte qu’au fond, il y a toujours autant de solitude qu’avant. C’est le grand paradoxe de l’époque.

Les réseaux sociaux fabriquent de la dépression: quand vous n’allez pas bien, l’étalage du bonheur des autres provoque forcément de la frustration. On a le sentiment que tout le monde va bien… Sauf soi!

On retrouve Ana Girardot et François Civil qui jouaient déjà dans Ce qui nous lie
Deux moi a été écrit pour eux. Au départ, j’avais des doutes pour Rémy car François a un côté solaire et bien portant qui me faisait me poser des questions par rapport à la dépression du personnage. Mais pour Mélanie, je n’ai jamais envisagé quelqu’un d’autre qu’Ana.

La complicité qu’on peut avoir avec les acteurs, pour moi, c’est le moteur d’un film. On ne filme pas une personne: on filme un rapport. C’est pour cela que j’ai tourné aussi souvent avec Romain Duris…

On sait que les deux jeunes héros vont forcément finir ensemble, mais vous repoussez sans arrêt le moment de leur rencontre. Jusqu’où faire durer le suspense?
J’ai écrit le scénario comme ça, mais je n’étais pas sûr du tout que ça marcherait au montage. J’étais rassuré de voir que c’était le cas aux premières projections publiques. En fait, c’est un film sur les préliminaires… Les longs préliminaires! (rires)


C’est aussi un film sur le Paris populaire d’aujourd’hui…

Oui, spécialement les 18e et 19e arrondissements. J’avais envie de voir ce qui avait changé à Stalingrad ou à la Goutte d’Or.

Des quartiers qui résistent encore à la boboïsation. Les différentes communautés, africaines, maghrébines et antillaises y vivent encore, en bonne intelligence avec les Bobos, les Indiens et les Asiatiques de la Porte de la Chapelle. Il y a une grande mixité sociale et ethnique. C’est un Paris positif, beaucoup plus familial et pacifique que ce que les gens imaginent.

Difficile de ne pas faire le rapprochement avec Chacun cherche son chat, qui était également un film sur ce Paris-là, il y a presque vingt-cinq ans…
C’était une de mes craintes au début. Je ne voulais pas faire un Chacun cherche son chat 2.0. Et puis, comme par hasard, Santiago Amigorena [réalisateur argentin, ndlr], qui m’a aidé sur le scénario, est arrivé avec l’idée du chat qui s’échappe de chez Rémy pour aller chez Mélanie, alors qu’ils ne savent toujours pas qu’ils sont voisins et que leurs appartements sont mitoyens…

C’était une super idée que je pouvais difficilement ne pas utiliser dans le film. Du coup, j’ai décidé d’assumer l’auto-citation jusqu’au bout: j’ai recontacté Garance Clavel et Madame Renée [Renée Le Calm est décédée le 8 juin dernier, ndlr], qui étaient dans Chacun cherche son chat, pour leur proposer de faire une apparition dans celui-là. Je pense que cela amusera les gens qui ont aimé le premier film. Et Madame Renée, c’était quand même l’incarnation d'un Paris éternel!


Deux moi. De Cédric Klapisch.
Avec François Civil, Ana Girardot, Camille Cottin, François Berléand.
Comédie romantique. 1h50. En salles depuis le 11 septembre.


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