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"Adieu les cons" revient ce mercredi sur les écrans. L’occasion de questionner l’acteur-réalisateur Albert Dupontel

Mis à jour le 18/05/2021 à 11:14 Publié le 15/05/2021 à 12:15
Adieu les cons, qui avait séduit 600.000 spectateurs lors de sa sortie fin octobre, revient ce mercredi sur les écrans. Entre-temps, le film a décroché sept César! Point d’étape avec son réalisateur, Albert Dupontel…

Adieu les cons, qui avait séduit 600.000 spectateurs lors de sa sortie fin octobre, revient ce mercredi sur les écrans. Entre-temps, le film a décroché sept César! Point d’étape avec son réalisateur, Albert Dupontel… Photo Luc Boutria

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"Adieu les cons" revient ce mercredi sur les écrans. L’occasion de questionner l’acteur-réalisateur Albert Dupontel

Adieu les cons, qui avait séduit 600.000 spectateurs lors de sa sortie fin octobre, revient ce mercredi sur les écrans. Entre-temps, le film a décroché sept César! Point d’étape avec son réalisateur…

À la fois drôle et tragique, Adieu les cons, la dernière livraison d’Albert Dupontel est une véritable réussite. Sorti le 21 octobre, le film n’a pas manqué de séduire le public, avec plus de 600.000 entrées au compteur en seulement quelques jours. Interrompue dans sa lancée, cette folle cavale aux sept César, dans laquelle on retrouve Viriginie Efira et Nicolas Marié, ressort mercredi dans les salles obscures. L’occasion de questionner l’acteur-réalisateur sur cet épisode particulier et l’importance de la réouverture des lieux culturels.

Comment avez-vous vécu cette période, qui a vu la sortie d’Adieu les cons… puis la fermeture des cinémas, dix jours plus tard?

Avec patience. Lorsque j’étudiais la médecine, il y a 35 ans, on parlait déjà de pandémie et de réchauffement climatique… mais manifestement ces informations-là, certaines personnes haut placées ne les ont pas eues… L’impréparation du gouvernement m’a fait rager. Je suis assez fasciné par ces gens qui ont ce sang froid et ce culot de dire qu’ils ont tout fait bien! Un mélange de déni et de narcissisme… Après j’ai suivi les choses avec stoïcisme, j’ai travaillé sur le scénario de mon prochain long métrage, qui parlera de politique… À 57 ans, je n’ai pas envie de cultiver l’amertume. Cependant, je suis désolé de la souffrance que ça occasionne, désolé que dans le pays de Pasteur on ne puisse pas faire de vaccin, désolé de voir le sort qui a été réservé à la culture…

Le fait que le film soit subitement coupé dans son élan, vous a-t-il marqué moralement?

Dans ces circonstances, le sort du film, en tant qu’objet commercial, est anecdotique… On arrête parce qu’il y a des causes majeures. Je n’ai pas pleurniché. Averti par des collègues médecins que l’automne allait être rude, j’avais émis l’idée d’une sortie en août 2020. Cependant, le distributeur a préféré éviter l’été et conserver le schéma classique, comme on le faisait dans le ‘‘monde d’avant’’. On a fait beaucoup d’entrées en peu de temps, ce qui témoigne que les gens ont eu un véritable désir de retourner au cinéma. Vous savez le succès ou l’échec d’un film, c’est toujours un quiproquo. Adieu les cons n’était pas prévu pour faire un tel score. Après coup, ce film apparaît comme prémonitoire, visionnaire car il témoigne, quelque part, de ce qu’il se passe aujourd’hui. Mais ce n’est pas vraiment calculé. N’oublions pas qu’il a été écrit il y a trois ans.

Vous vivez ce déconfinement comme un soulagement?

Oui… Mais même maintenant, des amis médecins me disent de faire attention, que cette réouverture est fragile. Nous, on le sait… Ce qui est étrange c’est que nos ‘‘leaders’’, eux, ne le savent pas! Ils tentent un pari risqué entre économie et sanitaire qui, pour l’instant, n’est pas très réussi. Alors on déconfine en ce mois de mai, alors qu’il y a plus de contaminés qu’il y a quatre mois… la fermeture des salles, je l’avais comprise. Elle était logique… Ce qui ne l’était pas, c’était de laisser les gens s’entasser dans le métro dans le même laps de temps. Ce raisonnement paradoxal a surpris, à juste titre, le monde de la culture. Je trouve aussi que le conseil scientifique n’a jamais été écouté avec rigueur. Or, à mon sens, lorsqu’il y a une menace sanitaire, elle doit prendre la priorité sur tout, même si ça doit changer les grands algorithmes des gouvernants, qui sont formés pour l’économie… Alors que ça reprenne, oui, c’est bien, mais il faut rester prudent… Et avoir en tête cette phrase ‘‘magnifique’’ d’Emmanuel Macron: ‘‘C’est raté mais ce n’est pas un échec’’… On place ce dialogue dans un film, tout le monde se marre!

Vous êtes un cinéaste, mais aussi un pur cinéphile. Comment avez-vous nourri votre passion ces derniers mois? Et allez-vous retourner rapidement dans les salles obscures?

J’ai beaucoup suivi les directives du grand Bertrand Tavernier, avec qui j’étais en contact et qui me guidait beaucoup. Sa connaissance cinéphilique était absolument ahurissante. J’ai acheté beaucoup de DVD pendant le confinement et j’ai vu des films magnifiques. Et bien évidemment, je vais me ruer dans les salles dès que ça va rouvrir. En général, j’y vais le mercredi vers 9h, un horaire où il n’y a pas trop de monde, en basant mes choix sur les conseils de ma productrice ou de copains cinéastes, comme Gaspar Noé et Jan Kounen.

Pensez-vous qu’après des mois passés devant des plateformes de streaming, cette envie de grand écran sera toujours intacte?

Absolument! Même si, à terme, il risque d’y avoir moins de films à sortir en salles, il y aura toujours un public. Pour ma part, je m’identifie totalement à la personne qui veut être plus petite que l’histoire qu’on va lui raconter. Et la façon d’être plus petit, géométriquement, c’est dans une salle immense avec du son de qualité, où il y a un grand écran. Séduire les gens, risque, par contre, d’être plus compliqué. Il y aura moins de tolérance.

Vous étiez absent de la cérémonie des César. Un choix délibéré?

C’était très gentil de nous donner tous ces prix. Cependant, je trouve intellectuellement fragile qu’on estime quel est le ‘‘meilleur film’’ sur un principe de goût qui, à l’instar de la sexualité et de la religion, relève de l’intime. Être proclamé meilleur qu’un autre, me gêne d’autant plus que les films nommés n’ont rien à voir les uns avec les autres. D’où mon absence… Mais il ne s’agit pas d’un déni et je trouve que ça offre un joli coup de projecteur sur le film.

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