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"Ramener une médaille à Nice", le rêve du boxeur Mourad Aliev aux Jeux olympiques

Cinq ans après Tony Yoka, la France aura un autre représentant chez les poids lourds aux JO: Mourad Aliev, le boxeur du club niçois Théagène, qui vient de se qualifier.

Romain Laronche Publié le 15/06/2021 à 18:42, mis à jour le 15/06/2021 à 18:57
Mourad Aliev a décroché son ticket pour Tokyo lors du TQO européen.. (Photo Karim Foudil)

En mars 2020, son tournoi de qualification olympique n’avait pas pu aller à son terme, arrêté par la pandémie. Il n’y avait que cela qui pouvait stopper Mourad Aliev, 25 ans, colosse de 2m02 pour 110kg. La semaine dernière, le poids lourd, natif de Moscou de parents azéris, arrivé à 6 ans en France et naturalisé à 22 ans, a croqué tous ses adversaires lors du TQO de la zone Europe qui s’est tenu à Villebon-sur-Yvette (Essonne). Le géant ne s’est pas contenté du ticket olympique offert aux quarts de finaliste, il a mis un point d’honneur à remporter le tournoi. Celui qui porte les couleurs du club niçois Théagène de Magomed Askhapov depuis octobre dernier a désormais un objectif: ramener une médaille olympique de Tokyo pour la présenter aux Niçois.

Il y avait beaucoup de pression sur ce TQO?

Oui, il ne fallait pas se louper, d’autant plus que c’était à domicile. J’étais concentré et ça a été concluant, avec la qualification et la victoire au bout. Je suis très fier de pouvoir représenter mon pays, mon club Théagène, la ville de Nice aux Jeux Olympiques. Cela ne fait que quelques années que je suis Français et à travers la boxe je veux donner du plaisir aux gens.

 

Cette qualification, est-ce un aboutissement ou une étape?

Une étape. Je vise bien plus loin qu’une participation aux Jeux. Mais je fonctionne toujours étape par étape. J’en ai validé une, maintenant je peux me projeter sur Tokyo.

Après la qualification obtenue, l’objectif était d’aller chercher la victoire?

Oui, j’étais venu pour me qualifier mais aussi pour remporter le tournoi. Bien sûr, le plus important était de décrocher ce ticket pour Tokyo, mais je veux toujours tout gagner et le plaisir n’aurait pas été le même si je n’avais pas ensuite connu la victoire.

 

Que s’est-il passé en demi-finale, votre adversaire (l’Azerbaïdjanais Mahammad Abdullayev a déclaré forfait) a eu peur de vous?

Je ne peux pas dire ça. Certains boxeurs n’ont sûrement pas voulu trop en montrer si proche des Jeux. Mon adversaire en finale (l’Anglais Frazer Clarke) s’était aussi qualifié en profitant d’un forfait en demi-finale. Mais grâce à cette victoire, je serai classé pour les Jeux (tête de série).

Vous allez faire partie des favoris à Tokyo...

Ok, je serai peut-être plus attendu, mais ça ne me fait pas peur, au contraire. En fait, ça ne me fait ni chaud ni froid. Je viendrai pour gagner, je ne calcule pas le reste. Et puis chaque boxeur qui remporte son titre continental fera partie des favoris.

A Tokyo, il y aura 16 boxeurs chez les lourds. Combien de médaillables?

 

Tous. S’ils sont là, c’est qu’ils sont bons. La boxe est un sport très dur et si tu prends ton adversaire à la légère, tu risques de tomber de haut. Je ne sous-estime jamais un boxeur, je resterai focus sur chaque combat.

John Dovi (manager de l’Equipe de France) a parlé d’un "déclic" sur ce tournoi. Partagez-vous cet avis?

Plus ou moins. Plutôt un déclic mental. J’ai pris confiance et énormément de plaisir dans ma boxe. J’ai apprécié le moment. Je suis monté sur le ring en finale comme si je jouais ma qualification. Je l’ai sonné dès le premier round. Je visais le KO, mais c’est un boxeur dur au mal, qui a été le sparring de Joshua (champion olympique 2012 et multiple champion du monde des lourds). C’est surtout humainement, dans l’état d’esprit, que j’ai grandi.

Et au niveau de la boxe?

Je suis davantage dans la gestion, le calcul. Comme une bête sauvage qui traque sa proie. Quand elle part chasser, elle est en mission, imperturbable. Comme moi sur ce tournoi.

Votre surnom sur Instagram, c’est "le loup blanc". Pour quelle raison?

 

C’est l’emblème du Caucase, ma région d’origine. Un animal qui a des valeurs familiales mais aussi guerrières. Il me représente bien.

On vous compare souvent à Tony Yoka. Cela vous agace?

C’est un plaisir d’être comparé à un grand champion. Champion du monde (amateurs) et olympique. Si on me compare à lui, c’est que je suis sur le bon chemin. Je suis très content qu’on m’imagine pouvoir battre les meilleurs. Après, chacun a sa vie, son histoire. La mienne est forcément très différente de la sienne. Je suis arrivé à 6 ans en France, je viens d’un autre milieu. Mais c’est un problème de riches pour la France, d’avoir un autre poids lourd français capable de remporter de grands combats. Ce que je veux faire pour redorer l’image de mon pays.

Est-ce qu’il y a une qualité que vous prendriez chez lui?

Sa mobilité. Il est bien en jambes, a un super timing.

Quel va être votre programme jusqu’au Jeux?

Je vais travailler dur, surtout sur mes erreurs. Je serai à l’Insep, où l’on s’entraînera pour nous perfectionner. D’habitude, les boxeurs ont bien plus de temps pour se préparer pour les Jeux. Là, il n’y a qu’un mois entre la qualification et les JO, alors on n’a pas de temps à perdre. Mais c’est peut-être un mal pour un bien, on reste dans le vif du sujet.

 

La venue à Nice, ce sera pour après les Jeux?

Oui, je veux ramener une médaille à Nice et la présenter à ceux qui m’ont soutenu. La ville de Nice, mon club Théagène et le peuple niçois qui me montre beaucoup d’affection.

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