Rubriques




Se connecter à

"Je ressens l’envie de triompher": le boxeur monégasque Hugo Micallef fait ses débuts en professionnel

Le 10 septembre à Roland-Garros, en lever de rideau du combat de Tony Yoka, le Monégasque de 23 ans fera ses grands débuts en professionnel. Un moment espéré depuis des années.

Thibaut Parat Publié le 04/09/2021 à 13:00, mis à jour le 04/09/2021 à 12:05
Depuis début 2020, Hugo Micallef s’entraîne à Las Palmas de Gran Canaria (aux Canaries) avec Carlos Formento. Sur place, il s’impose un rythme de vie monacal pour espérer triompher en pro. Photo Joris Trouche/byjtphotographs

Son premier combat avec le statut de professionnel. Hugo Micallef en rêve depuis qu’il est monté sur un ring et a enfilé des gants de boxe.

Au fil de son évolution dans la caste des amateurs, le rêve s’est mué en mission, en un chemin de croix. Il est désormais une réalité bien ancrée.

Moins de deux mois après sa signature avec Top Rank, célèbre société de promotion de la boxe, le Monégasque de 23 ans fait ses débuts dans la cour des grands.

 

Ce sera le 10 septembre, sur le court central de Roland-Garros et devant les caméras de Canal + et ESPN +. Pas rien. D’autant qu’il combattra en lever de rideau du champion olympique Tony Yoka, opposé au Croate Petar Milas (invaincu en 15 combats).

Depuis Las Palmas de Gran Canaria, où il s’entraîne d’arrache-pied, Hugo Micallef s’est confié sur son état d’esprit à l’approche de cette échéance.

Près de deux mois après votre passage en professionnel, quels changements majeurs ont été opérés dans votre quotidien?
Depuis mon arrivée aux Canaries en 2020, avec mon coach Carlos Formento, mes entraînements avaient gagné en précision et en professionnalisme. Depuis la signature avec Top Rank, ça a été poussé à son maximum. En pro, le style de boxe est différent. Ce qui est important, c’est d’être bien gainé et puissant sur les jambes.
Par exemple, je peux courir près d’une heure sur un tapis de course avec des poids dans les mains, ce que je ne faisais pas avant.
Je bénéficie désormais de séances de cryothérapie à -80°C pour la récupération, de physiothérapie, de kiné pour examiner et renforcer mon corps. Je dispose de plus d’infrastructures et de moyens pour m’entraîner dans des conditions toujours plus professionnelles.

Signer avec Top Rank, cela représente quoi à vos yeux?
Depuis tout petit, je visualise cette signature avec une société de promotion américaine. Je m’imaginais aux États-Unis avec Top Rank. Je suivais leurs soirées de boxe à la télé. J’ai commencé à me nourrir de boxeurs comme Timothy Bradley, Félix Verdejo ou Vasyl Lomachenko. À part Tony Yoka, c’est très rare des Français qui signent avec Top Rank. Alors, forcément, je suis heureux et extrêmement reconnaissant.

 

À qui devez-vous ce passage en boxe professionnel?
Je le dois à mon père qui est derrière moi depuis le début, à mon manager Karim Bouzidi qui a fait le lien avec Top Rank. Et puis à moi [rires]. Je me suis fait remarquer quand j’ai battu l’Américain Delante Johnson lors d’un tournoi en Espagne. J’ai fait beaucoup de sacrifices en partant aux Canaries. Je manque les soirées, les restaurants avec mes amis. Mais je ne le vois pas comme un désavantage, je sais où je veux aller. Je me prive pour que ça paye. J’ai un rythme de vie monacal. Tout est calibré dans mes entraînements, ma préparation, mon sommeil et mon alimentation. Rien n’est laissé au hasard.

Comment appréhendez-vous ce premier combat pro?
Je le prépare depuis deux mois. Après l’annonce du combat, j’étais très excité. Puis, j’ai eu de grands moments d’anxiété vis-à-vis de tout ce qui entoure le combat.
En pro, il faut trouver l’adversaire, la tenue, gérer les négociations… Cela crée du stress. Désormais, je ressens de nouveau l’envie d’être sur le ring et de triompher.

Qui sera votre adversaire?
Ezequiel Gregores, un Argentin qui a deux victoires et deux défaites en professionnel. Ce sera un premier combat intéressant.
Il est réputé coriace et sera là pour gagner. En pro, beaucoup de boxeurs sont là uniquement pour empocher la bourse de combat. Lui non. Il est là pour créer sa carrière, tout comme moi.

Entre boxe olympique (amateur) et professionnelle, quelles sont les différences notables sur le ring?
Le rythme de combat. En boxe olympique, on ne boxe pas plus de 3 rounds. En pro, cela peut aller de 4 à 10 rounds. Donc, forcément, le rythme est plus lent. On cherche le coup dur, le K.O.
Il y a des rounds d’observation, voire de récupération selon la stratégie. Les gants sont aussi différents. En boxe olympique, ils sont rembourrés et plus lourds. En pro, ils sont plus légers: quand on appuie au niveau des métacarpes, on peut sentir les poings à travers. Le risque de coupure est accentué.

Contre quoi vous a-t-on mis en garde?
Mon coach m’a expliqué qu’il fallait entamer le combat avec calme et concentration, ne pas être foufou. C’est là que l’erreur peut arriver.

 

Vous combattrez en lever de rideau du combat de Tony Yoka. Une belle visibilité…
Dans mon contrat, il était précisé que je boxerai en Europe et aux États-Unis mais je ne pensais pas boxer dans une si belle soirée.
C’est une superbe exposition. Tony Yoka apporte le prestige à cette soirée. J’ai toujours adoré le personnage. Je l’ai toujours défendu dans les débats que les boxeurs pouvaient avoir sur lui. Je sais qu’il est peu aimé de la population française. Pourquoi le descendre? C’est un espoir pour la France.

Votre objectif à long terme?
Être champion du monde dans ma catégorie super-légers (-63,5 kg). Le plus de fois possible.

Et les Jeux Olympiques?
C’est toujours dans ma ligne de mire, notamment ceux de 2024 à Paris. Comme pour la signature avec Top Rank, je l’ai visualisé.

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.