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Six mois après la tempête Alex, des bénévoles refleurissent Breil

Mis à jour le 29/03/2021 à 16:23 Publié le 29/03/2021 à 16:23
Plus que des fleurs, c’est un peu de réconfort qui a fleuri samedi à Breil.

Plus que des fleurs, c’est un peu de réconfort qui a fleuri samedi à Breil. Jean-François Ottonello

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Six mois après la tempête Alex, des bénévoles refleurissent Breil

Une grosse opération de fleurissement est en cours dans le village. Le résultat d’un appel au don de végétaux lancé par les associations de bénévoles pour donner du baume au cœur des sinistrés

Sur la place principale de Breil-sur-Roya, régnait ce samedi, une effervescence inhabituelle.

Une sorte de communion, de concentré de bonne humeur : près de 6 mois après la tempête Alex, les bénévoles d’Aide aux sinistrés, des Week-ends solidaires, de Mission trekking, ont fait plus d’une fleur aux habitants du village.

Alors qu’une grande collecte de végétaux avait été lancée pour refleurir la Roya, les dons sont venus des quatre coins de France et même de l’étranger.

À tel point qu’il a fallu hier pas moins de 12 camions pour acheminer des centaines de végétaux, des fleurs, des arbustes, des arbres fruitiers… jusque dans la vallée. L’objectif : refleurir le village et les jardins des sinistrés.

Car si la boue a disparu sous l’action de la solidarité, arbres et végétaux avaient été emportés, laissant un paysage de désolation.

"On a un paysage très terne depuis la tempête. Cette opération, ça va mettre du baume au cœur des habitants, estime le maire, Sébastien Olharan. Non seulement les bénévoles fleurissent le village, mais surtout, chose que nous, municipalité, ne pouvons faire, ils vont refleurir les propriétés privées, mettre des couleurs dans les jardins des Breillois… C’est bien plus que symbolique, psychologiquement, c’est aussi très important."

Une chaîne humaine

Samedi, sur la placette, tout le monde s’y est mis. Chaîne humaine pour décharger les camions de plantes. Pour porter les sacs de terre et les bacs destinés à recevoir les végétaux. Pour rempoter.

Damien 12 ans met la main à la terre: "Je viens un week-end sur deux chez mon père qui habite Breil. Alors oui, depuis la tempête, j’aide, je trouve ça normal… Mais d’autres aident beaucoup plus que moi", sourit-il.

À ses côtés, à la supervision du rempotage, Jérôme Rancati est venu de Mougins. Depuis le début il participe aux actions des Week-ends solidaires. D’abord, il a contribué à déblayer, nettoyer…

À la fois pour "prendre l’air" lui qui, "dans l’informatique" est en télétravail, et "pour le côté humain et social. Ça me fait chaud au cœur de participer à tout cela quand on voit comme c’est important pour les gens. Pas seulement l’aide matérielle, mais aussi, simplement, notre présence, notre écoute…"

Les rires des enfants, « qu’on entend beaucoup moins », ont résonné samedi.
Les rires des enfants, « qu’on entend beaucoup moins », ont résonné samedi. Jean-François Ottonello

Plus loin, dans une ruelle, Ghislaine Bicini, avec d’autres bénévoles, répartit les pots de fleurs. Et les photographie. Directrice de l’école maternelle de Levens et enseignante de grande section maternelle, ses élèves ont décoré une trentaine de pots de terre, avec des couleurs et des visages rigolos.

"Les enfants ont adoré le faire, de savoir que c’était pour faire du bien à d’autres gens… Je fais des photos pour qu’ils voient le résultat de leur action…"

Dans le village, le sourire de Jacky Allavena se devine même avec le masque. Avec les bénévoles, il dépose les plantes fraîchement rempotées dans les pots décorés par des enfants tout le long de la rue du Collet. Sa rue.

"Je suis tellement content. Ces escaliers avant, c’était ma grand-mère qui les fleurissait. Là, c’est nous tous…" Il montre les portes fermées des maisons en citant les prénoms de chacun de ses voisins. "Ça va leur faire plaisir de voir ça. La peinture sur les pots, les fleurs… Ça fait du bien, ça met des couleurs, de la vie…"

"Le renouveau est là"

Plus loin, dans le quartier de l’Isola où les mini pelleteuses sont encore à l’œuvre, Marie-Noëlle et André Gisbert retrouvent un peu leur jardin.

"Avec mon mari quand on a vu l’étendue des dégâts on s’est dit que c’était fini. Qu’on devait partir. Et puis sont arrivés les bénévoles, se souvient Marie-Noëlle. Ils étaient 100, peut-être même 200. Ils ont déblayé des tonnes de glaise. Sans eux on aurait jamais pu faire tout ça. On avait demandé des devis: 30.000 euros rien que pour enlever la terre! On n’aurait jamais pu. Je suis née ici dans ce vieux moulin à farine. C’est grâce aux bénévoles que je pourrai y finir mes jours…"

Elle pour qui le jardin est "toute sa vie" voit sa terre refleurir. Les pots arrivent. Les couleurs sortent de terre. "Regardez… La pelouse est en train de reprendre petit à petit… Le renouveau est là…" Et il gagnera bientôt toute la vallée.

Entre sourire et larmes: "Ce sont des géants..."

Pour Catherine, habitante de Breil qui profite de l’animation de la place, "ça fait du bien, ça fait un peu d’animation", dit-elle. Mais le cœur n’y est pas encore. "Je ne peux même pas aller voir les gens que je connais à Fontan, parce qu’avec les horaires de convois, c’est trop long… Et puis j’ai l’impression qu’il y a plein de gens qui sont partis…"

Monique Mocaer, Monique Miquel, Yolande Hernandez et Odile Ferrando servent le petit-déjeuner aux bénévoles, derrière leur stand bien achalandé en gâteaux.

"Ils sont faits maison et avec le cœur", s’exclament-elles. L’action des bénévoles? "Heureusement qu’ils sont là". Car, elles le disent, "même ceux qui n’ont rien perdu sont très marqués".

"Moi ça fait seulement deux semaines que je descends au village avant je ne le pouvais pas, témoigne Monique Miquel. Psychologiquement, c’était trop dur. C’est difficile de voir le village comme ça". Yolande Hernandez accuse elle aussi le coup: "Il n’y a plus d’arbres. Plus beaucoup de vie non plus…"

"Comme une chappe…"

Et Monique Mocaer de remarquer: "J’ai l’impression qu’on entend beaucoup moins de cris d’enfants dans les rues, ça manque… Certaines personnes ont dû partir… De plus, on a eu le décès, après la tempête, de plusieurs anciens, des figures du village".

Coïncidence ou conséquence indirecte? "Ils ne digéraient pas de voir le village ainsi, c’était un choc, comme pour nous tous. Un jour l’un d’eux, sur le pont, contemplait les dégâts. Il m’a dit que même pendant la guerre il n’avait jamais vu ça. Quand on part de Nice et qu’on arrive ici dans le train, c’est comme une chappe qui nous tombe dessus. Alors qu’ici, avant, c’était le paradis…"

"Nos racines sont ici"

Malgré tout, elles restent. "Nos racines sont ici. Il faut que Breil reprenne. Une action comme celle d’aujourd’hui c’est prenant… Rien que d’en parler j’en ai les larmes aux yeux, dit Odile Ferrando. Car le plus dur au quotidien, c’est cette sensation de vide…"

Elles racontent ce qui ne les quitte plus. La nuit cauchemardesque du 2 octobre, le bruit des cailloux et des rochers charriés par la rivière en furie. Les dégâts, les gens qui ont tout perdu, ceux qui manquent à l’appel, des hommes tout forts qu’ils soient qui fondent en larmes comme des enfants.

Et ces petites choses auxquelles elles se raccrochent. Ces gens qui leur redonnent espoir. Comme ce magasin de tabac presse, La Frayère, qui a rouvert ses portes sur la place du village.

"On est impatients que les autres rouvrent". Comme ces bénévoles qui, six mois après viennent encore régulièrement les soutenir et les aider, les écouter.

"Ces fleurs, ça nous met du baume au cœur, sourit Monique Miquel. Ils ont du mérite tous ces gens."

Comme ces ouvriers qui font les travaux sur la route, comme aussi ces conducteurs de semi-remorques qui affrontent le col de Bruis pour acheminer tout ce qui va permettre la reconstruction du village. Comme ces bénévoles, dont certains venus du Vaucluse, qui 6 mois après sont encore là. 

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