Ils mènent une expédition entre amis en Antarctique pour aider les enfants malades et sensibiliser sur l'environnement

Deux membres du Yacht-club de Monaco reviennent d’une expédition en Antarctique vécue avec deux amis. Ils l’ont souhaitée utile pour les autres et la nature. Un double défi relevé.

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Anne-Sophie Coursier Publié le 31/12/2022 à 08:03, mis à jour le 31/12/2022 à 09:58
Fabrice Papazian, avec son livre "Sir Ernst" co-écrit avec François Miribel, Hervé Perrin et Noël Mariot, ici au Yacht-club de Monaco. Jean-François Ottonello

"Ado, je rêvais d’expédition au gré de mes lectures. Elles m’ont porté, fait voyager. Je n’étais pas le seul et c’est ce qui nous a rejoints tous les quatre, un jour de 2020." Un rêve de marin, un rêve d’adolescent avec au bout du bout, le continent blanc. Fabrice Papazian, résident à Monaco et membre du Yacht-club, et ses trois amis ont réalisé ce rêve.

C’était sur le Sir Ernst, il y a un an, Fabrice Papazian à son bord, accompagné de ses trois copains, François Miribel, le propriétaire, Philippe Gredat et Hervé Perrin.

Comme lui, l’un rêve de Grand Nord, d’espaces sauvages et enneigés, c’est Philippe Gredat ; l’autre est attiré depuis son plus jeune âge par la mer et le ciel, il s’agit d’Hervé Perrin. François Miribel, lui, est guidé par un besoin d’aller au-delà des horizons depuis toujours, avec en ligne de mire, vivre la citation de Saint-Exupéry : "Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité."

C’est en convoyant le voilier - acquis en Bretagne - vers Sanary-sur-Mer, que naît cette folle idée d’aller sur les traces du commandant Charcot. Rejoindre la baie Marguerite et découvrir l’Antarctique. Mais pas seulement. Cette expédition n’aura de sens que si elle est utile, se disent-ils. Naviguer pour se faire plaisir et réaliser un rêve personnel, uniquement, il n’en est pas question. Pour les quatre marins, partager l’aventure et apporter une pierre à l’édifice de gens qui aident les autres et l’environnement est nécessaire.

Faire voyager les petits malades

Leur navigation a été un émerveillement constant, qui les a transformés. "Nous sommes revenus tous les quatre différents." Au-delà de cette formidable expérience personnelle, racontée en images dans un livre qui vient de sortir (lire ci-dessous), les quatre marins ont su relever leur challenge. Cette expédition hors du commun jusqu’à la baie Marguerite s’est aussi portée sur les autres et pour les autres, précisément les enfants malades de Lenval à Nice et de Lyon, dont le quotidien ne va pas au-delà de l’hôpital.

Apporter un peu de rêve aux enfants alités, tous les quatre y tenaient. "Ce fut un vrai bonheur pour eux et pour nous. Virtuellement, nous avons pu les faire voyager dans des lieux extraordinaires." Les navigateurs ont su aussi partager et transporter la beauté de la terre, de l’autre bout du globe au cœur de la chambre des enfants tout au long de leur expédition.

Grâce à une équipe enseignante sur place et au personnel soignant, les voyageurs ont égayé le quotidien des enfants. "Pas en direct du navire car nous ne pouvions pas toujours être disponibles en même temps que les petits malades et inversement." Mais avec les technologies d’aujourd’hui, "il n’a pas été compliqué pour nous d’enregistrer".

Pour l’environnement

Les quatre hommes se sont aussi attachés à témoigner sur l’environnement et à sa fragilité. Sans à aucun moment prendre l’habit du donneur de leçon. "Nous avons juste pointé le recul des glaciers et la disparition d’espèces afin de sensibiliser, faire prendre conscience. Notre rôle s’arrête là, celui de participer au cri d’alarme et d’apporter notre pierre à l’édifice des gens qui œuvrent à agir et à sensibiliser." Dans cette volonté de donner du sens à leur rêve, les quatre navigateurs ont aussi cherché à participer à l’amélioration des connaissances des fonds marins.

"20 % à peine sont aujourd’hui identifiés. Nous nous sommes mis en lien avec l’organisme hydrographique international de Monaco fondé en 1921 par Albert 1er."

Cet organisme regroupe tous les services hydrauliques nationaux d’une grande majorité des pays du monde, soit plus d’une centaine.

"Le programme Seabed 2030, chargé de recueillir un maximum d’informations sur les fonds marins, est apparu comme une évidence pour nous d’y participer. Nous nous sommes rendus dans un endroit du monde où peu se rendent, notamment parce que les conditions météorologiques y sont périlleuses."

Ce projet de la Nippon Fundation, qui intègre différentes composantes, se veut être une initiative participative afin d’enrichir une base de données mondiale des fonds marins. Son objectif : obtenir une carte complète de ces derniers d’ici à 2030. "Chaque bateau qui navigue dans des endroits reculés peut participer à cette identification des fonds marins."

Grâce à un boîtier à poser, ce dernier étant disponible au Yacht-club de Monaco. Ainsi, Sir Ernst est le premier yacht à participer à Seabed 2030 en réalisant ces mesures en Antarctique.

Magique

"Partir en Antarctique, c’est comme partir en haute montagne avec un voilier. C’est tout simplement magique", termine Fabrice Papazian. Pour le bienfait des hommes et de la terre, cette magie, les quatre navigateurs ont su la transmettre pendant leur expédition et… encore aujourd’hui, grâce à leur livre qu’ils ont auto-édité. Intitulé Sir Ernst, plus qu’un voilier en Antarctique. Il est dédié à Jeanne et à tous les enfants de la Terre.

"Notre livre n’est pas un journal"

Sir Ernst, plus qu’un voilier en Antarctique, n’est pas un journal de l’expédition des quatre marins. Dédicacé par le prince Albert II, il explique les enjeux de la collecte d’informations sur les fonds marins et de l’organisme hydrographique international de Monaco. Surtout, grâce à une multitude d’images splendides, les auteurs, Fabrice Papazian principalement, ont pu montrer ce qui les a fascinés au cours de l’expédition.


Ici, en Antarctique, aucune pollution, des albatros et des manchots à perte de vue, qui observent les navigateurs sans crainte. Des étendues de blanc et de bleu, sans jamais voir la couleur verte. Auto-édité, il est vendu sur Internet et à la boutique du Yacht-club de Monaco au prix de 40 euros. 10 % des recettes de ce livre sont reversés à la recherche pour le cancer de l’enfant.

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