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Il fait un arrêt cardiaque en pleine course à Saint-Raphaël, une adolescente lui sauve la vie

Mis à jour le 13/03/2020 à 22:23 Publié le 14/03/2020 à 08:30
Léa Socquet confie: " Ma mère était sous le choc... moi aussi !"

Léa Socquet confie: " Ma mère était sous le choc... moi aussi !" Photo Philippe Arnassan

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Il fait un arrêt cardiaque en pleine course à Saint-Raphaël, une adolescente lui sauve la vie

Lors du dernier Swimrun à Saint-Raphaël, Thierry Meistermann fait un arrêt cardiaque. Une adolescente de 15 ans lui sauve la vie. Retour sur une belle histoire… qui aurait dû trouver son dénouement vendredi soir.

Swimrun 2019. Tous les regards sont fixés sur les deux cents athlètes qui, à toutes jambes ou à la nage, repoussent leurs limites. Jusqu’au bout de l’effort. Pourtant, c’est une jeune fille qui va marquer les mémoires.

Elle a 15 ans. Son nom : Léa Socquet.

Lorsqu’elle aperçoit le corps d’un homme inconscient, étendu parmi les participants, l’adolescente garde la tête froide. Et pratique aussitôt un massage cardiaque qui sauve la vie du sportif quinquagénaire.

Un an plus tard, ce geste est toujours célébré. L’Union des sapeurs-pompiers du Var cite Léa en exemple lors de sa campagne de sensibilisation à l’apprentissage des gestes de premiers secours.

Thierry Meistermann souhaitait remercier Léa et les autres personnes qui, en prenant le relais, lui ont permis d’échapper au pire. Il avait prévu de le faire vendredi soir, lors du lancement du Swimrun 2020 – annulé in extremis pour cause de Coronavirus.

Voici leur histoire.

Thierry: "J’étais mort… Je reviens de très loin"

Thierry était donné pour mort après 4 jours de coma.
Thierry était donné pour mort après 4 jours de coma. Photo Philippe Arnassan

Nous sommes le samedi 16 mars 2019, lors de la SwimRun Saint-Raphaël Agathos. Les coureurs viennent de descendre le Dramont. Soudain, Thierry Meistermann s’effondre. "La lumière s’est éteinte", confie-t-il.

À 58 ans, le coach sportif du Cannet-Rocheville est victime d’un infarctus. "Mes artères étaient bouchées par du cholestérol héréditaire, explique-t-il. C’est le sport intensif qui m’a fait gagner du temps ; qui sait ce qui aurait pu m’arriver sans cela ?"

Heureusement, il se trouve à hauteur de la famille Barrois/Socquet, venue encourager des proches. Florence s’élance à son secours et opère un massage cardiaque.

Mais sa nièce de 15 ans, Léa, se rend compte qu’elle ne s’y prend pas de la bonne manière. Elle décide alors de la remplacer. "Ma chance, poursuit-il, aura été que cette jeune fille était formée au PSC1. Elle a su effectuer les premiers soins."

Quelques minutes plus tard, Christian Gouesse, le binôme de Thierry, et Bruno Carbone, responsable du service gynécologie de l’hôpital de Monaco, interviennent. "Le médecin a relancé mon cœur deux fois avant que les secours puissent atteindre ma position, précise le coureur. Et je n’étais toujours pas tiré d’affaire".

Transféré d’urgence à l’hôpital de Fréjus- Saint-Raphaël, il passe quatre jours dans le coma. Son pronostic vital est engagé.

"Les médecins nous ont dit de se rapprocher des pompes funèbres plutôt que de demander sans cesse quand Thierry allait se réveiller", souffle sa compagne.

Pourtant, Thierry a repris le sport et a accompli l’exploit, il y a quelques semaines, de participer à son premier 25 km depuis l’accident. "J’étais mort, je reviens de très loin, mais j’ai encore une chance de vivre et je vais en profiter".

Vendredi soir devait se dérouler le briefing des coureurs de l’édition 2020, durant laquelle Thierry Meistermann avait prévu d’intervenir. "Je voulais préciser que je ne montrais aucun signe de faiblesse avant la course. Je semblais en parfaite santé et pourtant c’est arrivé, insiste-t-il. Je veux donc prévenir, sans affoler, que cela peut arriver à n’importe qui. Il est important, non seulement de faire tous les tests en amont, mais surtout de se former au PSC1. Cela permet d’intervenir si besoin."

L’événement aurait été l’occasion pour le sportif de rencontrer, pour la première fois, les personnes qui lui ont sauvé la vie.

De les remercier. Et de leur annoncer lui-même la bonne nouvelle : il va être papa.

Léa: "J’ai fait ce qui me semblait évident"

Léa a pris le relais de sa tante. Elle était mieux formée aux gestes qui sauvent.
Léa a pris le relais de sa tante. Elle était mieux formée aux gestes qui sauvent. Photo Philippe Arnassan

Si Léa Socquet souhaite devenir médecin, ce n’est pas par hasard. Aider les autres semble être un comportement naturel pour cette adolescente qui a aujourd’hui 16 ans.

Sa maman glisse même qu’elle est "faite pour ça", posant un regard fier et attendrissant sur sa fille.

Intervenir, la tête froide, dans un contexte aussi impressionnant qu’un infarctus, n’est pas donné à tout le monde. "Ma mère était sous le choc… moi aussi ! C’était la première fois que je me retrouvais dans cette situation, sourit-elle. Je me suis vraiment réveillée quand ma tante a commencé le massage cardiaque… mais le faisait mal. Ses mains étaient mal placées et elle n’avait pas le bon rythme".

Léa ne prend pas le temps de réfléchir ; elle prend le relais. Comme on lui a appris lors de sa formation aux premiers secours en classe de quatrième. "J’ai passé le PSC1 à 13 ans, je ne pensais pas m’en souvenir. Pourtant, ça s’est fait machinalement."

Si son intervention n’a duré que quelques secondes, elle a été plus que nécessaire : décisive. "Cette jeune fille a continué à stimuler le cœur jusqu’à ce qu’un médecin prenne la relève, constate l’adjudant Pierre-Elisé Bartoli. Sans cela, le cœur ne serait peut-être jamais reparti."

Un fait que ne réalise pas la lycéenne. "J’ai fait le massage cardiaque pendant à peine une minute. Pour moi, ce n’était rien comparé à ce que les secours allaient faire par la suite. Je ne pensais pas avoir été utile."

En revanche, pour les témoins, pas de doute : son geste était quasiment héroïque. Elle hausse les épaules, vaguement gênée : "Tout s’est passé si vite. J’ai fait ce que me semblait être évident. Apparemment, ça ne l’était pas pour tout le monde. Même ma mère me répète qu’elle n’a pas su intervenir, alors qu’elle était aussi formée."

Se former pour sauver une vie

"Si on forme 20 % de la population française, ce sont potentiellement cent mille vies qui seront sauvées", rappelle l’adjudant Pierre-Élisé Bartoli de l’Union départementale des sapeurs-pompiers du Var.

Le PSC1 permet d’acquérir les premiers réflexes lorsqu’on est témoin d’un malaise, d’une brûlure, d’un arrêt cardiaque… Venir au secours d’une victime commence lorsqu’on alerte le 112.

La situation devient plus difficile quand il faut assurer les premiers soins : massage cardiaque, compression d’une plaie… "L’état s’est engagé à ce que 80 % des Français soient aptes à réagir dans de telles situations, souligne l’adjudant. Notre objectif est de pouvoir intervenir assez rapidement dans les écoles et proposer des modules de deux heures. Même les élèves de primaires peuvent être formés : il suffit de leur apprendre à appeler le 112."

Les particuliers peuvent réserver leur formation par téléphone au : 06.94.99.79.60. ou par mail à l’adresse : formation@udsp83.fr


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