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À Bargème, sculptures et esprit libres avec Elsa

Mis à jour le 05/06/2020 à 20:54 Publié le 06/06/2020 à 18:30
L'artiste, arrivée dans le Var à l'âge de 18 ans, a choisi Bargème pour installer galerie et atelier.

L'artiste, arrivée dans le Var à l'âge de 18 ans, a choisi Bargème pour installer galerie et atelier. Photo Franz Chavaroche

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À Bargème, sculptures et esprit libres avec Elsa

L’artiste installée à Bargème, travaille l'ardoise, inscrit le végétal dans la pierre. Elle célèbre cette année vingt-cinq ans de créations.

Elle retrouve les gestes d’instinct.C’est presque animal. Deux mois que la sculptrice Elsa n’avait pas mis les pieds dans son atelier, à Bargème. Deux mois de confinement qui ont mis à mal le calendrier de son année rétrospective. Un livre retraçant 25 ans de carrière à travers les œuvres marquantes, les rencontres, devait voir le jour.Tout comme une expo réunissant les 16 artistes venus présenter leurs créations dans la galerie d’Elsa. Partie remise.

Vingt-cinq ans donc –déjà– que la frêle jeune femme se joue des codes du métier, réinvente la sculpture dans sa signature. Vingt-cinq ans que l’artiste venue poser ses valises dans le Var à l'âge de 18 ans, mais nomade dans l'âme, parcourt le monde, semant des graines, des bouts d’elle. D’ailes. Libre, assurément.

La sculpture, la jeune femme est tombée dedans au berceau. Un père dans le métier, ça vous aide à ouvrir votre horizon. "J’avais huit ans quand j’ai commencé…", dit-elle sobrement. Lui travaillait le bois. "Il est venu à la pierre beaucoup plus tard…"

Impressions végétales

D’instinct, elle suit son exemple et à 15 ans, arrête l’école pour travailler aux côtés de son mentor. "Je n’ai fait ni école d’arts ni beaux-arts", revendique-t-elle. Elle a 17 ans à peine lorsqu’elle monte sa toute première exposition…

L’ardoise,"c’est elle qui est venue me chercher", comme une réminiscence de son enfance, quand la famille vivait en Corrèze, où Elsa est née. "Il y a beaucoup d’ardoises là-bas", explique l’artiste. Elle l’a fait sienne, l’a apprivoisée. "C’est un millefeuille qui se travaille avec les mêmes outils que n’importe quelle autre pierre, détaille la jeune femme, mais de manière plus délicate car elle a un sens, il faut suivre le fil…" pour ne pas la voir se briser, entre nos mains. "D’une certaine manière, son travail se rapproche de celui du bois", poursuit l’artiste.

Sensible aux éléments naturels, la créatrice en a fait sa signature. Le végétal se décline sur la pierre. Impression de feuillages, de fleurs, éphémères. Des fragments gravés comme autant d’instantanés de nature capturés. Beaux, résolument. Pendant le confinement, elle a créé, multiplié les nichoirs, comme autant de métaphores du printemps qui vous échappe. "Et encore, on ne va pas se plaindre de nos conditions de vie pendant cette période", concède celle qui, à Bargème, vit avec la nature.

Entre grands et petits formats, elle soigne découpes, ombres portées… Rêve de donner corps à un vrai bâtiment d’inox et de carreaux d’ardoise, 64 travaillés recto verso, sur 2,40 mètres de côté."Alcôves", c’est son projet, plus grand encore que les précédents."J’ai dessiné la maquette…" Il ne lui faut que le client. Et sûrement une année pour la réaliser.

L’artiste aime en effet, créer des œuvres monumentales, in situ, "souvent en public, du coup", concède-t-elle. La dernière? Au Luxembourg, à l’automne dernier. Terminée trois heures avant l’inauguration, sous la pluie. Plus encore, Elsa laisse les hasards de la vie et des rencontres à la galerie, la déposséder de ses œuvres. Tout juste regrette-t-elle lorsque la pièce séduit le visiteur très tôt. Trop tôt à son goût. "Mais c’est la vie, et je ne les réalise pas pour moi.Elles sont créées pour ailleurs."

Atelier galerie ouvert en toute saison

L'ardoise reste une pierre fragile que l'artiste a apprivoisée.
L'ardoise reste une pierre fragile que l'artiste a apprivoisée. Photo Franz Chavaroche

Son atelier galerie, situé rue de l'Amitié à Bargème, est ouvert en toute saison, de 10 h à 18 h. En ce moment, on demande, bien entendu, aux visiteurs de respecter gestes barrières et mesures de sécurité. Mais la porte n’est pas fermée. L’artiste vous expliquera les nuances, brillantes ou mates sur l’ardoise. Certaines pièces, destinées à l’extérieur, reçoivent un traitement hydrofuge, d’autres restent naturelles…

Seul hic: l’ardoise tâche pour peu qu’on la caresse trop."Et les gens ont naturellement envie de toucher." Du coup, les œuvres sont pour la plupart cirées, ou huilées. Ce qui crée des nuances selon la qualité de l’ardoise, sa porosité, etc.

Fragile, délicate, sauvage... "Depuis le temps que je la travaille, je sais à peu près comment elle va réagir à la cire, poursuit l’artiste. Mais il y a toujours une part de surprise. Certaines resteront vraiment grises et claires, on verra vraiment la partie brute et la partie travaillée, d’autres vont devenir plus uniformes… "

N'hésitez pas non plus à la suivre sur son site internet () et sur son compte Instagram (là aussi). Vous serez, à n'en pas douter, séduit. 

Et aussi: 07.62.62.19.23. Elsasculpteur@gmail.com 

Installée dans le Var depuis l'âge de 18 ans, Elsa célèbre 25 ans de créations cette année.
Installée dans le Var depuis l'âge de 18 ans, Elsa célèbre 25 ans de créations cette année. Photo Franz chavaroche

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