Loïc Noudogbessin, la "pépite" niçoise qui a fait briller la France à la Coupe du monde U18 de basket

Loïc Noudogbessi, qui a débuté le basket au GSEM Nice, a vécu une aventure folle cet été en Hongrie, décrochant l’or à l’issue d’un tournoi qui l’a vu être " monstrueux" sur les parquets.

Philippe Herbet Publié le 21/09/2022 à 15:37, mis à jour le 21/09/2022 à 13:45
Licencié à l’AS Monaco, où il évolue avec les espoirs du club, il peut, à 18 ans, nourrir de solides ambitions. Photo DR

Il n’avait encore participé à aucune compétition majeure sous le maillot de l’équipe de France. Mais a réussi, fin août, en Hongrie, un exploit historique avec les Bleuets puisque, jusqu’à présent, seules les filles avaient déjà soulevé une Coupe du monde.

Loïc Noudogbessi a particulièrement impressionné l’ensemble des observateurs. Capable de défendre sur tous les postes, il a signé, en matches de poule comme lors des phases à éliminations directes, des perf’ XXL. Avec des stats stratosphériques, notamment au rebond. "Ce qu’il a fait est juste exceptionnel", a commenté Anthony Christophe, qui le suit depuis trois ans à l’AS Monaco.

Dans le camp tricolore, on s’est évidemment frotté les mains d’avoir fait confiance à un "bizuth" au "profil aussi rare", "tombé" dans le 3x3 il y a un an à peine, tapant dans l’œil des spécialistes lors la Junior league à Poitiers (Vienne), puis franchissant une à une les différentes phases de sélection. Une "pépite" qui a permis à l’équipe de France de survoler la compétition, avec un bilan de 7 victoires en 7 matches, quasi tous face à des adversaires bien mieux classés au ranking mondial. Comme la Slovénie, championne d’Europe en titre, les États-Unis, vice-champions du monde, ou encore la Serbie, qui sera tactiquement et techniquement totalement submergée en finale. "Mais ce qui a surtout fait la différence, c’est la force du collectif, sa complémentarité. Ainsi que l’intensité physique et l’engagement que l’on a mis dans nos matches", tient-il à relativiser.

À son retour sur la Côte d’Azur, l’or en pendentif, celui qui dit avoir eu un peu de mal "à réaliser l’ampleur de tout ça", aurait pu prendre la grosse tête. Se laisser griser. Voire oublier ces principes qui ont jusqu’à présent balisé son parcours, sur et hors des parquets.

Mais pas lui, ce n’est pas le genre de la maison…

 

"J’ai appris à garder les pieds sur terre, à toujours relativiser. Ça vient de l’éducation que j’ai reçue, de mes parents qui m’ont appris que rien n’était jamais définitivement acquis (lire ci-contre). Qu’il fallait aussi sans cesse se remettre en question. Alors pour moi, le travail, c’est la valeur absolue. Pour prétendre à quoi que ce soit, il faut s’en donner les moyens…"

"Pour Paris ça risque d’être compliqué"

Bien dans ses baskets, et d’une maturité étonnante pour un garçon qui vient tout juste d’atteindre la majorité, Loïc a donc repris, trois semaines après cette "orgie" d’émotions sportives, le cours normal d’une vie qui ne l’est pourtant plus tout à fait. Et renoué avec un quotidien désormais rythmé par ses cours à l’université (il est inscrit depuis la rentrée à l’UFR Staps) et les entraînements à Monaco, où son double mètre (pour 97 kg) a trouvé résidence. "Je ne pense pas avoir changé à cause de ce titre, glisse celui qui a commencé le basket au SEM Nice et fait son collège à Raoul-Dufy. Je suis toujours le même, toujours prêt à m’amuser avec les copains quand l’occasion se présente…"

Et maintenant ? Le 3x3 étant devenu olympique depuis 2020, les rêves les plus fous lui semblent désormais accessibles. "Pour les Jeux de Paris, ça risque d’être compliqué parce que je n’aurai que 20 ans et c’est encore très jeune. Maintenant, tout est toujours possible et ça serait juste incroyable. Mais en attendant, ma priorité du moment, c’est de réussir une belle saison avec les espoirs de Monaco…"

Et de continuer à "grandir" en tant que sportif, tout en essayant de devenir cet homme que sa maman a toujours rêvé qu’il soit.

Des parents fiers et... vigilants!

Chez les Noudogbessi, "vieille famille niçoise", on ne transige pas avec ces valeurs qui cimentent la vie. Donnent un cadre. Ghislain, le papa, plus footeux qu’adepte des dunks à la base, comme Monique, la maman, sont "très fiers" de la réussite du rejeton, mais savent combien "tout peut aller très vite, dans un sens comme dans l’autre".

Alors, "depuis tout petit, (ils lui ont) appris à toujours relativiser!" "On est content pour lui, même si, pour être honnête, tout ça nous est un peu tombé sur la tête. Dès l’âge de 12 ans, Loïc avait montré des prédispositions pour ce sport et on espérait qu’il perce. On ne pensait pas que ce serait dans le 3x3 mais on lui souhaite de vivre cette aventure jusqu’au bout. Mais, surtout, qu’il garde toujours les pieds bien sur terre. On continuera d’y veiller…"

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