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Ils ont joué ou arbitré la Dream Team en 1992 à Monaco, ils racontent...

Mis à jour le 21/05/2020 à 14:43 Publié le 21/05/2020 à 08:00
La photo va sûrement raviver de beaux souvenirs: Fournon, Giordano, Funel, Cohen, Boon, Martiniotti, Devissi, Giordano, Parent, Roussel, Bauchet, Tupet... qui avaient eu l'immense privilège de poser pour la "postérité"!

La photo va sûrement raviver de beaux souvenirs: Fournon, Giordano, Funel, Cohen, Boon, Martiniotti, Devissi, Giordano, Parent, Roussel, Bauchet, Tupet... qui avaient eu l'immense privilège de poser pour la "postérité"! Photo DR

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Ils ont joué ou arbitré la Dream Team en 1992 à Monaco, ils racontent...

En juillet 1992, l’équipe américaine de basket, menée par la superstar Michael Jordan, débarque en Principauté pour préparer les JO de Barcelone. Des protagonistes de l’époque racontent ces quelques jours de rêve.

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De l’avis de tous les spécialistes de la balle orange, The Last Dance est une pépite du genre. Fouillé, nourri par moult témoignages et images inédites jusqu’alors frappées du sceau de la confidentialité, le documentaire sportif – pondu par ESPN et Netflix, à voir en ce moment – retrace l’ultime saison de Michael Jordan aux Chicago Bulls, en 1997-1998.

L’année où il rafle sa sixième bague de champion NBA, en huit saisons s’il vous plaît. L’année, aussi, de son deuxième retrait des parquets américains. Dix épisodes bien léchés et ponctués de flash-back, dont un qui nous propulse à Monaco en juillet 1992.

"On entendait les mouches voler"

Le contexte? La DreamTeam est dans la place pour préparer les Jeux Olympiques de Barcelone. Deux lieux de la Principauté fourmillent de fans venus glaner un cliché ou un autographe de Michael Jordan, Magic Johnson, Larry Bird et consorts (1): le Loews (ex-Fairmont) et les abords du Louis-II, puisque l’escouade américaine s’entraînait sur le parquet de Gaston-Médecin.

"Ils devaient travailler la défense de zone qui, à l’époque, n’existait pas en NBA et s’acclimater à l’arbitrage européen, dont la philosophie était différente des États-Unis. A Monaco, les conditions d’accueil étaient optimales", retrace Philippe Manassero, ancien arbitre de haut niveau. Ce sapeur-pompier de profession reste un témoin privilégié de ces six jours à Monaco. C’est lui, avec le regretté Bruno Duranti, qui avait été choisi pour être au sifflet des entraînements de la Dream Team.

Testé puis adoubé par le staff de Chuck Daly, le Niçois, alors âgé de 36 ans, vit en immersion avec ces douze monuments du basket-ball. "J’avais un badge Team USA. Je n’étais pas mis à l’écart mais, au contraire, intégré à la vie du groupe. On mangeait avec le staff, les joueurs et leurs familles", se souvient-il.

Outre le travail des fondamentaux et de la tactique exécutés avec une discipline quasi militaire – "on entendait les mouches voler, personne ne faisait les cons" – les entraînements valaient surtout le détour pour l’opposition en 5 contre 5, en toute fin de séance. "Il y a des moments où ça prenait feu. Tout en restant fair-play, ils montaient dans une intensité folle. Parfois, ils donnaient l’impression de parier de l’argent. Ils ne se disaient pas que des choses sympas", se marre l’ancien arbitre.

Passation de pouvoir

Celle contée sur Netflix restera, a posteriori, gravée dans l’histoire comme la passation de pouvoir entre deux générations, celles en déclin de Larry Bird et Magic Johnson, avec celle montante de His Airness, alias Michael Jordan.

Ce 22 juillet, au lendemain d’une raclée infligée en amical à l’équipe de France (lire plus loin), l’équipe de Magic prend le bouillon (40 à 36) face à celle de Jordan. À huis clos, seule une caméra de la Team USA filmant la scène et les joutes verbales entre les deux cadors.

"Le moment de basket le plus fort que j’ai jamais connu de ma vie", dira, bien plus tard, Magic Johnson, à qui Michael Jordan, cigare aux lèvres, avait soufflé: "Il y a un nouveau shérif en ville."

Du trash-talking comme on l’aime. Ce même Jordan qui lançait, taquin, à Philippe Manassero: "J’espère que tu seras meilleur qu’hier!"

Jordan golfeur et joueur de casino

"Leurs entraînements ressemblaient aux matchs. Ils se mettaient dans les mêmes conditions. Ils étaient physiques mais étaient précautionneux dans les contacts", embraye Francis Jordane, entraîneur de l’équipe de France de basket en 1992 qui a pu mener un entraînement commun avec son homologue avant le match amical.

Le sérieux sur le parquet tranchait avec la décontraction affichée en dehors. "Un art de vivre, selon Philippe Manassero. Ils avaient une liberté phénoménale. S’ils voulaient se resservir des hamburgers et des lasagnes, ils le faisaient. Rien n’était calibré. Ils allaient à la piscine sur le toit de l’hôtel. Michael Jordan allait au golf à La Turbie et jouait au casino. Il avait un carré rien que pour lui."

L’arbitre se souvient aussi de discussions passionnées avec Chris Mullin et Karl Malone sur les conditions d’un arbitre. Ce dernier lui proposant même de venir chez lui à Salt Lake City. Une invitation jamais honorée.

Il se souvient aussi de ces clichés capturés lors d’une réception par le prince Rainier. De ce livre entièrement dédicacé par tous les membres de la Dream Team. "Jordan était un peu fermé mais c’est sans doute qu’il était sollicité à outrance. Magic, par contre, était hyper ouvert", note-t-il.

Jacques Monclar, commentateur de basket et alors entraîneur d’Antibes, accompagnera d’ailleurs le meneur des Los Angeles Lakers pour une découverte de la cité des Remparts.

"Il est tombé amoureux de la Riviera. On avait mangé chez Mamo au Michelangelo, puis on est parti en balade sur le bateau du maire Pierre Merli, jusqu’au Cap d’Antibes et Juan-les-Pins. C’est d’ailleurs le maire lui-même qui a fait le taxi pour ramener Magic à Monaco", se marre Jacques Monclar.

Impensable aujourd’hui.

(1) Il y avait aussi Charles Barkley, Chris Mullin, Karl Malone, Clyde Drexler, Scottie Pippen, Patrick Ewing, David Robinson, John Stockton et Christian Laettner.


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