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Célèbre voix du basket français, David Cozette commente l'EuroLeague et se confie sur l'AS Monaco

Célèbre voix du basket français, David Cozette a fait son grand retour sur l’antenne de Monaco Info. Il y commente les matchs de Monaco en EuroLeague, dont celui de ce vendredi soir face à Barcelone. Interview.

Thibaut Parat Publié le 15/10/2021 à 13:55, mis à jour le 15/10/2021 à 13:56
David Cozette est l’une des grandes voix du basket tricolore. Photo Michaël Alési/Dir. Com.

Les fans de la balle orange en étaient orphelins. Voilà un an et demi, et le match entre Monaco et Dijon, qu’ils n’avaient plus entendu le timbre vibrant de David Cozette à l’antenne.

 "Je ne sais pas si j’ai manqué au basket français, mais à moi le basket français m’a manqué. Follement. Éperdument", a-t-il twitté le 29 septembre avant d’annoncer son retour à l’antenne de Monaco Info. Un joli coup pour la chaîne monégasque. David Cozette y commente, aux côtés d’Ali Traoré, les matchs de la Roca Team en EuroLeague.

Il sera, ce vendredi soir à 19 heures, à Gaston-Médecin pour décrire, analyser, décrypter la rencontre face à un mastodonte de la compétition reine: le FC Barcelone. 

 

David Cozette de nouveau aux commentaires du basket. Un bonheur immense?
Je n’imaginais pas à quel point cela me manquerait pendant un an et demi. Mon idée était de lancer mon hôtel et, une fois en place, commenter ponctuellement des matchs. J’avais toujours ce rêve en tête mais je n’étais sûr de rien. Une fois sorti du milieu, ce n’est pas évident de retrouver une place car chaque chaîne a ses commentateurs. Le contexte était encore plus délicat avec le problème des droits sportifs.
Que Monaco Info m’ait donné cette opportunité d’exercer à nouveau ma passion est un vrai bonheur. D’autant plus pour l’EuroLeague et avec un Monaco qui gagne ses matchs.

Pas venue pour survivre

Deux victoires en trois matchs d’EuroLeague. Monaco n’est, finalement, pas un si petit Poucet que ça?
Contre le Real Madrid, quand on voit un Yakuba Ouattara qui fait office de treizième joueur, c’est la preuve d’une équipe dimensionnée pour l’EuroLeague. Avec une grosse profondeur de banc. Avec l’arrivée d’un Mike James, un joueur comme Will Thomas est arrivé de manière anonyme. Par le passé, ça aurait été un événement. Qu’un joueur de son statut ne soit, finalement, qu’une petite pièce du puzzle, ça montre à quel point Monaco est une équipe qui tient la route.
Elle n’est pas juste venue pour survivre comme c’était le cas, ces dernières années, avec les clubs français.

La Roca Team va jouer tous les trois jours, en mode NBA. Comment tenir dans le temps sans délaisser la Betclic Élite?
Même si Monaco ne finit pas premier de la saison régulière, qu’il perd des matchs traquenards contre des clubs qui voudront se taper une équipe d’EuroLeague, ils seront en playoffs. Et personne n’aura envie de les jouer à ce moment-là.
Le plus probable, et sans même préjuger à l’avance de ce qui va se passer, c’est que Monaco et l’ASVEL ont de bonnes chances de se retrouver en finale du championnat français. 
Après l’EuroLeague, ils auront six semaines pour se préparer tranquillement aux playoffs.

Des petits garçons face à des champions

Monaco est passé par tous les états face au Real Madrid, sans le succès au bout. Que lui manque-t-il pour remporter ces grosses rencontres?
De moins respecter ces adversaires prestigieux. En début de match, on avait l’impression de petits garçons face à des champions, face à un club qui a gagné dix fois l’EuroLeague.
Ont-ils été impressionnés? Sans doute. Mais quand ils sont dans le match, ils se rendent compte qu’ils peuvent jouer d’égal à égal. On peut imaginer qu’ils ont beaucoup appris mardi soir, et qu’ils en tireront la leçon. Sur le parquet d’un gros, dès le début du match, ils iront les challenger et seront moins spectateurs. Face au Real Madrid, ils sont remontés mais au prix de quelle énergie?

 

Prochain gros morceau: Barcelone. C’est prenable?
Monaco a montré que toutes les équipes étaient prenables.
J’ai, aussi, ce sentiment qu’il n’y a plus d’équipes intouchables, archidominantes comme par le passé. Monaco et Villeurbanne ont les effectifs taillés pour les titiller. Barcelone reste toutefois un très un gros morceau. À la maison, la Roca Team ne doit pas avoir de complexes.

Dix ans plus tôt, le club affrontait des équipes de Nationale 2… Quel regard portez-vous sur cette ascension?
C’est un peu le même type d’histoire que Nanterre qui est passé de la départementale jusqu’à l’EuroLeague, sauf que ça s’est réalisé en plus de vingt ans. Dans les échelons inférieurs, Monaco avait plus de moyens que ses rivaux. Ils ont gagné la Leaders Cup mais n’ont pas eu la consécration pour le titre de champion.
Ce ne sont pas les dix dernières années qui m’impressionnent le plus, mais bien ce qu’on vit actuellement. Quand on a appris que Mike James arrivait, on avait tous la bouche grande ouverte. C’était comme dans un film. On ne l’aurait jamais rêvé.

L’argent apporté par les dirigeants ukrainiens a-t-il été le seul facteur de réussite?
Si Monaco a eu cette progression fulgurante, c’est, bien sûr, grâce à l’argent. Dans les échelons inférieurs, le club avait un budget surdimensionné. Mais ce serait réducteur de résumer ce succès à ce facteur. L’argent ne fait pas tout. L’histoire du sport a montré qu’il ne suffisait pas d’aligner les billets, de rémunérer les stars…
Il faut un vrai projet sportif, une cohérence, des coups malins sur le recrutement, une vraie connaissance du basket. Monaco a eu tout cela. Il y a eu un travail de fond, avec Oleksiy Yefimov, avec le boulot du coach.

L’AS Monaco a désormais un budget de 14 millions d’euros (+87 %) et une masse salariale de 6,7 millions d’euros (+150 %). C’était vital pour espérer exister à ce niveau?
Quand on comparait les budgets français, notamment celui de l’ASVEL qui était le mètre-étalon, avec ceux européens de 35 millions d’euros, on se disait qu’on y arriverait jamais, que ce ne serait ni pour demain, ni pour après-demain, ni pour un jour. Là, du jour au lendemain, ça devient concret. C’est comme un rêve qui se réalise pour tous ceux qui aiment le basket, qui ont souffert pendant des années.
Aux côtés de Jacques Monclar ou de Georges Eddy, je me souviens de campagnes européennes où l’on savait déjà que l’équipe qu’on suivait prendrait 20 ou 30 points. Il n’y avait même pas de petit espoir de créer quelque chose. Cela a complètement changé.

"Cette saison est déjà cruciale pour le club"

Monaco peut-il espérer devenir un membre permanent de l’Euroleague?
Je l’ignore mais je le souhaite comme beaucoup. Pour jouer l’Euroleague, il faut énormément de moyens. Dans le contexte actuel, c’est super d’avoir l’AS Monaco et l’ASVEL. Je ne suis pas certain qu’un autre club de notre environnement ait les capacités, les moyens d’exister dans cette compétition.

Se pose évidemment la question de la salle. L’Euroleague a accepté une dérogation exceptionnelle pour jouer les matchs à Gaston-Médecin mais ne donnera pas une licence permanente pour un club qui n’a pas une salle qui est tenante. Cela me semble une évidence. Ce sera évidemment le prochain point dans l’esprit du président et du manager général de l’AS Monaco. Ça doit déjà l’être d’ailleurs.

Cette première saison est déjà cruciale pour le club: d’abord pour montrer à toute l’Europe du basket qu’il peut exister dans cette compétition mais aussi pour se donner une crédibilité vis-à-vis du gouvernement monégasque. Si jamais le buzz se fait, que l’équipe réussit à battre des équipes prestigieuses, peut-être que cela facilitera davantage le fait d’avoir une salle aux normes. Sinon, ce sera toujours un frein.

Offre numérique MM+

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