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Tout ce qu’il faut savoir sur le montage du Grand Prix à Monaco

À une semaine du premier des trois Grands Prix, le circuit monégasque est presque prêt à accueillir les bolides électriques, historiques et de Formule 1. On vous raconte les coulisses.

Thibaut Parat Publié le 21/04/2022 à 19:06, mis à jour le 21/04/2022 à 19:08
Chaque année, la construction du circuit de Formule 1 est un défi logistique, d’autant plus vrai dans un pays de 2,2 km² avec bon nombre de chantiers. Photo Jean-François Ottonello

Chaque année, le paysage urbain de la Principauté se métamorphose radicalement pour faire une place aux infrastructures du Grand Prix.

Une mécanique bien huilée, orchestrée par l’expérimenté Automobile club de Monaco (ACM), qui s’est amorcée dès le 1er mars avec la pose des premiers mètres de rails dans le couloir des stands.

Depuis, les sociétés missionnées ont érigé la direction de course, les stands, les tribunes abritant 20.000 places et une grande partie des 21 km de rails ceinturant les 3,337 km du tourniquet monégasque.

"Un défi logistique"

"Chaque année, c’est un défi logistique, qu’on s’impose, de construire un circuit temporaire. Avec le nombre de chantiers qui augmente à Monaco, on est toujours contraints à modifier nos rythmes et notre calendrier d’installation. Mais, on réussit toujours dans les délais qui nous sont impartis", résume Christian Tornatore, commissaire général de l’ACM. Soit huit à neuf semaines, montre en main, puisque la première des trois épreuves, le E-Prix, est programmée le 30 avril. 

 

Ce sera, ensuite, le tour du Grand Prix historique les 13 et 15 mai puis du Grand Prix de Formule 1, du 26 au 29 mai (cette année, la Formule 1 est concentrée du vendredi 27 au dimanche 29 mai). Pour l’heure, seule la course du dimanche affiche sold out.

Bonne nouvelle pour le public, après une annulation en 2020, un millésime 2021 en jauge réduite l’an passé, les trois Grands Prix se tiendront dans le format pré-Covid: ni le masque, ni le pass sanitaire/vaccinal ne seront demandés à l’entrée des tribunes.

Billetterie

C’est officiel : la bataille du rail, programmée le 29 mai pour le Grand Prix de Formule 1, est déjà sold out. En revanche, des billets sont encore disponibles pour les essais libres du vendredi et les essais qualificatifs du samedi. Des tarifs pouvant grimper jusqu’à 300 euros dans le secteur du Casino.

Quant au E-Prix de Monaco du 30 avril, il reste encore des places à 30 euros. Pour le Grand Prix historique du 14 et 15 mai, pas encore complet lui aussi, les tarifs sont de 50 à 100 euros et gratuit pour les moins de 16 ans.

Du changement pour les commissaires

Depuis sa création en 1972 par le président de l’ACM, Michel Boeri, le corps des commissaires n’a cessé de se parfaire. Dans sa projection sur le circuit comme pour la tenue d’intervention.

Cette année, 50 adjoints aux chefs de poste seront équipés de casques plus légers avec écouteurs intégrés, leur permettant d’entendre, eux aussi, les consignes distillées par la direction de course. Photo Jean-François Ottonello.

Deux nouveautés ont été apportées cette année aux 681 bénévoles pour leur permettre de mieux servir encore les as de l’asphalte:

• Depuis 2002, une année après qu’un morceau de jante a terminé dans la casquette d’un commissaire, les casques sont devenus la norme en bord de piste. Cette année, 50 adjoints aux chefs de poste seront équipés de casques plus légers avec écouteurs intégrés, leur permettant d’entendre, eux aussi, les consignes distillées par la direction de course.

 

• Les anges gardiens de la piste pourront aussi disposer de tapis absorbants oléophiles pour "avaler" l’huile déversée sur le bitume à la suite d’un accident ou d’une casse technique. Un équipement qui devrait être davantage utilisé pour le Grand Prix historique durant lequel d’anciens bolides concourent.

Moins rapides mais plus de dépassements ?

Avec un tour avalé en 1 min 10 sec 346 en 2021, Charles Leclerc avait signé une pole position et un tour (presque) parfait à quelques centièmes près du record de Lewis Hamilton (1 min 10 sec 166), établi deux années auparavant.

"Cette année, les monoplaces risquent d’aller moins vite sur notre circuit, qui n’est déjà pas très rapide, car elles sont plus lourdes (environ 800 kg) que l’an passé (750 kg), prévient Christian Tornatore, commissaire général de l’Automobile Club de Monaco. Mais l’aérodynamisme ayant été modifié, elles se suivront de plus près. Il y aura certainement plus d’attaques, notamment à l’approche de la chicane du port. Et, donc, peut-être plus d’incidents et d’accrochages."

Plus de la moitié du circuit refait

On se souvient des changements notables qui avaient accompagné l’évolution du Grand Prix de Monaco ces dernières années. En 2018, une ligne de stands flambant neufs avait été livrée dans le même design que la loge princière et la direction de course, modernisées une et deux années plus tôt.

À cause des faibles recettes générées l’an passé, dans un contexte épidémique tendu, l’ACM n’a pas réalisé d’investissements majeurs cette année.

"L’an prochain, en revanche, on rajoutera un stand moderne côté Rascasse. Car, pour l’instant, il y en a un ancien qui détonne un peu avec le reste", explique Christian Tornatore, commissaire général de l’ACM.

En renouvelant l’asphalte, les défauts causés par les poids lourds sont ainsi corrigés. Photo Michaël Alési/ Dir Com.

À noter, toutefois, que l’enrobé de plus de la moitié du circuit a été refait. "De la Rascasse à l’avenue de Monte-Carlo, de l’entrée à la sortie du tunnel, du bureau de tabac jusqu’à la sortie de la piscine. On ne veut pas que les zones de roulage soient marquées par des défauts qui auraient pu être créés par des engins de chantier", explique-t-il.

Enfin, avec le chantier de l’extension en mer dit Mareterra, la tribune C et ses 300 places ont été supprimées. Avec le secteur Casino, c’était le seul endroit à l’Est de la Principauté où l’on pouvait voir débouler les monoplaces. "A l’avenir, pas avant 2024, une tribune plus importante sera mise en place dans les jardins de Mareterra."

Les chiffres à retenir

> Longueur du circuit
Le tourniquet monégasque, constitué de 19 virages, est long de 3 km et 337 mètres.

> Vitesse de pointe
Elle a été établie à 303 km/h à la sortie du tunnel Louis-II. Monaco reste l’un des circuits les plus lents et contraignants du championnat du monde de Formule 1. D’ailleurs, le virage du Fairmont est réputé pour être le plus lent de la discipline. Les bolides y passent à 45/50 km/h.

> Les infrastructures
Au total, le circuit comptabilise 1.100 tonnes de tribunes, 21 km de rails de sécurité, 900 m de barrières Tecpro, 20.000 m² de grillage, 1.420 pneus de protection.

> Extincteurs et dépanneuses
Au total, 800 extincteurs sont disséminés sur la totalité du circuit. Soit 1 tous les 15 mètres. 12 dépanneuses sont aussi présentes.

> Des grues stratégiques
Neuf grues permettent d’extraire les bolides accidentés. Elles se situent à des lieux stratégiques : virage Sainte-Dévote, haut de la montée d’Ostende, square Massenet, avenue des Spélugues, échappatoire du virage Mirabeau, virage du Sun Casino, dans l’échappatoire de la chicane du port, à la sortie de la route de la piscine et au niveau de la rue Suffren-Reymond.

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